Vote par correspondance: un juge bloque le décret de Trump

La rédaction avec
12:27, 12/08/2026, mercredi
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Vote par correspondance: un juge bloque le décret de Trump
JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICAAFP
Une juge fédérale bloque dans tout le pays le décret de Trump sur le vote par correspondance, à moins de trois mois des élections de mi-mandat.

Une juge fédérale du Massachusetts a bloqué mardi, dans tout le pays, l'application du décret de Donald Trump sur le vote par correspondance. Indira Talwani interdit à la poste américaine de filtrer les bulletins envoyés par courrier. L'administration n'a pas défendu la constitutionnalité du texte. La Cour suprême examine en urgence un recours du gouvernement. Le scrutin de mi-mandat de novembre déterminera le contrôle du Congrès américain.

Une juge fédérale américaine a suspendu, mardi 11 août 2026, l'application du décret de Donald Trump sur le
vote par correspondance
. Sa décision vaut désormais pour l'ensemble des États-Unis.

Cette injonction tombe à moins de trois mois des élections de mi-mandat. Elle empêche la poste américaine, l'USPS, de durcir les règles d'envoi des bulletins. Par ailleurs, elle relance un bras de fer judiciaire déjà porté devant la Cour suprême.

Une injonction qui couvre désormais tout le pays

La juge Indira Talwani siège au tribunal fédéral du district du Massachusetts. Elle a rendu son ordonnance dans une affaire portée par la Ligue des femmes électrices du Massachusetts et d'autres plaignants.

En juin, la magistrate avait déjà gelé les principales dispositions du texte. Cette première décision ne s'appliquait toutefois qu'à 23 États et à Washington. Désormais, l'injonction couvre tout le territoire américain.

La juge a justifié son geste par l'urgence du calendrier.
"Des millions de citoyens qui dépendent du vote par correspondance ont besoin de savoir comment, ou s'ils pourront voter",
a-t-elle écrit. En effet, les bureaux de vote ouvriront dans moins de 90 jours.

Ce que prévoyait le décret de Trump sur le vote par correspondance

Donald Trump avait signé le décret 14399 le 31 mars 2026. Le texte s'intitule
"Garantir la vérification de la citoyenneté et l'intégrité des élections fédérales".

Ce décret confiait un rôle inédit à la poste américaine. Concrètement, l'USPS devait fixer de nouvelles exigences pour les bulletins envoyés par voie postale.

Le dispositif reposait sur trois piliers. D'abord, les États devaient transmettre à la poste des listes d'électeurs autorisés à voter à distance. Ensuite, de nouvelles enveloppes à code-barres devaient relier chaque bulletin à un électeur identifié. Enfin, l'USPS pouvait refuser d'acheminer les bulletins non conformes.

C'est ce dernier point qui inquiétait le plus les associations civiques. Un électeur absent des listes risquait ainsi de voir son bulletin bloqué avant même d'arriver au dépouillement.

Une administration qui refuse de défendre son propre texte

L'argumentation du gouvernement a surpris les observateurs. En effet, l'administration Trump n'a pas défendu la constitutionnalité du décret devant la juge.

"Le gouvernement fédéral a renoncé à défendre la constitutionnalité des directives du décret"
, a relevé Indira Talwani. À la place, les avocats fédéraux ont demandé un report de l'examen judiciaire. Ils invoquaient des étapes administratives encore inachevées.

La magistrate a rejeté cette stratégie d'attente. Selon elle, le calendrier électoral ne laisse aucune marge. C'est pourquoi elle a tranché sans attendre la fin de ces procédures.

"Aucune preuve" de fraude au dossier

La juge a également visé le socle factuel du décret.
"Le dossier est dépourvu de tout élément prouvant un vote par correspondance illégal ou frauduleux",
a-t-elle noté.

Cette remarque touche un point sensible. Depuis 2020, le président américain répète que le vote postal favoriserait la fraude. Cependant, aucune enquête officielle n'a confirmé cette thèse à grande échelle.

La Cour suprême peut encore tout changer

Le dossier n'est pas clos pour autant. L'administration a saisi la Cour suprême le 27 juillet afin de faire lever l'injonction de juin.

Les neuf juges ont accepté un calendrier d'urgence. De plus, une cour d'appel de Washington avait déjà suspendu la première décision de la juge Talwani. La bataille juridique reste donc ouverte.

La Maison-Blanche campe sur sa position. Un porte-parole a promis de
"continuer à mettre en œuvre légalement le programme pour lequel le président Trump a été élu"
. Il a cité la
"sécurité des élections américaines".

Le calendrier de ce contentieux éclaire l'enjeu. Le 31 mars, Donald Trump signe le décret 14399. Le 25 juin, la juge Talwani en gèle les piliers dans 23 États et à Washington.

Une cour d'appel suspend ensuite cette décision. Le 27 juillet, l'administration porte l'affaire devant la Cour suprême. Puis, le 11 août, la magistrate élargit son injonction à l'ensemble du pays.

Un enjeu majeur avant les midterms de novembre

Le scrutin de novembre décidera du contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat. Autant dire que chaque règle de procédure pèse lourd.

Le vote par correspondance concerne des dizaines de millions d'Américains. Il sert notamment aux personnes âgées, aux militaires en poste à l'étranger et aux électeurs ruraux. En revanche, ses détracteurs y voient une porte ouverte aux irrégularités.

Les associations de défense des électeurs saluent la décision. Elles redoutaient un blocage massif de bulletins dans les États où les listes sont incomplètes. De plus, elles pointaient le risque d'erreurs administratives à quelques semaines du scrutin.

Les États fédérés gardent en principe la main sur l'organisation des élections. La Constitution américaine leur confie cette compétence. C'est pourquoi plusieurs juristes jugent le décret fragile sur le plan constitutionnel.

L'injonction rendue mardi protège, pour l'instant, le vote par correspondance dans les 50 États. Elle prive l'USPS de tout pouvoir de filtrage des bulletins.

Le sursis reste néanmoins précaire. La Cour suprême peut inverser la donne à tout moment. Ainsi, la question de savoir qui pourra voter par courrier en novembre demeure entière.

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