12:44, 25/09/2026, vendredi
ONU: des dizaines de délégations quittent la salle au discours de Netanyahu
Le 24 septembre 2026, des dizaines de délégations ont quitté l'Assemblée générale de l'ONU au moment où Benjamin Netanyahu prenait la parole. Ce geste, organisé à l'initiative de la mission palestinienne, a laissé une salle en grande partie vide. Netanyahu a qualifié les délégués partis de "lâches moraux" et défendu la guerre à Gaza. Le contexte : un mandat d'arrêt de la CPI et des violences croissantes de colons en Palestine occupée (Cisjordanie).
Benjamin Netanyahu a pris la parole jeudi 24 septembre devant l'Assemblée générale de l'ONU. Au même moment, des dizaines de délégations ont quitté la salle. Ce geste de protestation visait la conduite de la guerre à Gaza par le régime israélien.
La scène s'est répétée quasiment à l'identique par rapport à l'an dernier. Cependant, son ampleur a semblé plus marquée cette fois-ci. Une large partie des sièges est restée vide pendant tout le discours du Premier ministre israélien.
Un exode diplomatique
Dès l'entrée de Benjamin Netanyahu dans l'hémicycle, des diplomates se sont levés. Ils ont gagné les sorties les uns après les autres. Des huées se sont mêlées aux applaudissements venus des galeries et de la délégation israélienne.
Le président de séance, Khalilur Rahman, a dû réclamer le calme à plusieurs reprises. La salle, déjà clairsemée en matinée, s'était pourtant remplie avant l'intervention. Elle s'est vidée en quelques minutes.
La charge contre les "lâches moraux"
Benjamin Netanyahu n'a pas ignoré ces départs. Il les a même anticipés dès sa première phrase.
"S'il reste encore dans cette salle des lâches qui n'ont pas quitté les lieux, qu'ils le fassent maintenant"
, a-t-il lancé à la tribune.Il est ensuite allé plus loin dans son discours. Il a qualifié les délégués partis de
"lâches moraux"
. Par ailleurs, il a affirmé que les accusations de génocide contre Israël à Gaza constituaient "le plus grand mensonge du siècle".
Le Premier ministre israélien a également visé la France et le Royaume-Uni.
"Ils accusent Israël, le minuscule Israël, de colonialisme, quel colonialisme ?"
, s'est-il exclamé. Il a rappelé que "leurs colonies couvraient la planète entière".
Un discours marqué par la défense de la campagne militaire à Gaza
Netanyahu a consacré l'essentiel de son intervention à justifier les opérations israéliennes. Il a notamment qualifié les colons extrémistes de
"jeunes délinquants"
. Il a accusé la presse internationale de leur donner un écho disproportionné."Les médias ne couvrent pas les terroristes palestiniens qui tirent sur les femmes enceintes"
, a-t-il affirmé. Il a aussi défendu les frappes contre l'Iran, les qualifiant de "l'une des décisions les plus faciles"
de son mandat.Un geste coordonné à l'initiative de la mission palestinienne
Ce mouvement de protestation ne relève pas de l'improvisation. En effet, la délégation palestinienne avait appelé les autres missions à y participer. Ce message avait été envoyé en amont.
Ainsi, le geste s'inscrit dans une stratégie diplomatique assumée. Il vise à isoler symboliquement le régime israélien sur la scène internationale. Plusieurs délégations arabes, musulmanes et occidentales y ont répondu favorablement.
77 délégations absentes ou parties
Le nombre exact de participants au mouvement reste incertain dans les premières heures. Cependant, plusieurs décomptes relayés jeudi évoquent 77 délégations absentes ou parties au début de l'intervention. Reuters et l'AFP ont, de leur côté, fait état de "dizaines" de délégations.
Cette incertitude s'explique en partie par la méthode de comptage. Certains médias comptabilisent en effet les sièges vides dès l'ouverture de la séance. D'autres ne retiennent que les départs filmés en direct.
Une délégation israélienne qui scrute les sièges vides
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre, selon les images qui circulent, un membre de la délégation israélienne parcourant l'hémicycle en grande partie vide. Il tient des documents à la main.
L'homme semble relever ou vérifier les sièges désertés par les délégations parties. Cette séquence a rapidement circulé en parallèle du discours. Elle est venue s'ajouter à une journée déjà riche en images marquantes, entre départs massifs et mises en scène côté israélien.
Génocide, CPI, colonisation: le contexte qui explique l'isolement d'Israël
Cette rupture diplomatique ne sort pas de nulle part. Benjamin Netanyahu fait l'objet, depuis novembre 2024, d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale. La CPI le poursuit pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité présumés.
De plus, plusieurs pays ont récemment reconnu l'État palestinien, dont la France et le Royaume-Uni. Netanyahu a d'ailleurs condamné cette reconnaissance dans son discours. Le roi Abdallah II de Jordanie, lui, a appelé à des sanctions et à un isolement diplomatique d'Israël.
Les violences des colons en Palestine occupée (Cisjordanie)
Le contexte humanitaire alimente également ces critiques. Selon l'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 1 600 attaques de colons ont visé des Palestiniens depuis le début de l'année 2026. Ces violences ont touché 275 communautés en Palestine occupée (Cisjordanie).
L'OCHA estime en outre que plus de 2 600 Palestiniens ont été déplacés à cause de ces attaques. C'est pourquoi les organisations de défense des droits humains dénoncent une double violence: militaire à Gaza, et coloniale en Palestine occupée (Cisjordanie).
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