France : lancement d'un groupe de travail pour une IA "protectrice des enfants"
17:42, 18/09/2026, vendrediM: Mise à jour: 17:44, 18/09/2026, vendredi
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Geoffroy VAN DER HASSELTAFP
La secrétaire d'État française chargée de l'Enfance, de la Jeunesse et de la Famille, Sarah El-Hairy, arrive à l'Hôtel Matignon pour participer à un séminaire gouvernemental sur l'écologie, à Paris, le 30 mai 2024. La Haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, a annoncé jeudi la création d'un groupe de travail chargé de définir une "intelligence artificielle protectrice des enfants", face aux risques croissants liés à l'utilisation de ces technologies par les mineurs.
Sarah El Haïry a annoncé jeudi la création d'un groupe de travail pour définir une
"intelligence artificielle protectrice des enfants"
, alors que les risques liés à l'utilisation de l'IA par les mineurs se multiplient.Création du groupe de travail
Cette initiative réunira des associations de protection de l'enfance, des experts du numérique ainsi que des concepteurs de systèmes d'intelligence artificielle, selon la même source.
Les conclusions de leurs travaux sont attendues dans deux mois, avant que la démarche ne soit portée au niveau européen.
Par ailleurs, la Haute-commissaire a réuni jeudi plusieurs acteurs du secteur aux côtés de Najat Maalla M'jid, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies chargée de la question de la violence contre les enfants.
Quatre priorités pour protéger les mineurs
Le groupe de travail, qui doit être installé dès la semaine prochaine, s'articulera autour de quatre axes principaux.
Le premier consiste à définir les principes d'une
"IA protectrice des enfants"
, fondée notamment sur la protection par défaut, la prise en compte de l'âge de l'utilisateur et la minimisation de la collecte de données.Le deuxième axe prévoit de traduire ces principes directement dans la conception des produits, avec la création envisagée d'un
"mode mineur"
aux paramètres de protection activés par défaut. Le troisième volet porte sur la mise en place d'outils permettant aux enfants de réagir rapidement face à un danger, notamment via un bouton d'urgence orientant vers le 119 ou le 3018.
Enfin, le groupe devra élaborer un référentiel commun précisant les responsabilités respectives des entreprises technologiques, des associations et des pouvoirs publics.
Un "Passeport IA Enfance"
De plus, Sarah El Haïry souhaite mettre en place un "Passeport IA Enfance", destiné à rendre plus visibles les risques identifiés et les mesures de protection mises en œuvre par les services d'intelligence artificielle.
Cette initiative vise à intégrer la protection des mineurs dès la conception des outils, plutôt que d'intervenir a posteriori.
Les risques de l'IA pour les enfants
"L'IA ouvre des possibilités considérables pour apprendre, créer, comprendre et accéder à l'information. Elle fait également apparaître de nouveaux risques"
, a déclaré Sarah El Haïry, citant notamment la dépendance affective, les recommandations dangereuses et l'exposition à des contenus inadaptés. L'objectif affiché est d'intégrer la protection des enfants directement dans la conception des outils d'IA.
Vers des standards européens
"Nous avons trop souvent construit le numérique avant de nous demander comment y protéger les enfants. Avec l'intelligence artificielle, nous n'avons pas le droit de recommencer !"
, a affirmé la Haute-commissaire. "Je veux que la France soit le pays qui ne demande plus aux enfants de s'adapter aux risques technologiques, mais qui demande à la technologie de s'adapter à leurs droits, à leurs besoins et à leur vulnérabilité"
, a-t-elle également déclaré.Cette initiative s'inscrit dans les travaux engagés par le Haut-commissariat à l'Enfance pour renforcer la protection des mineurs dans l'environnement numérique.
Le gouvernement français avait déjà identifié le numérique comme un espace majeur de prévention et de protection de l'enfance.
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