France : Barrot préconise des coalitions avant 2027
15:24, 18/09/2026, vendrediM: Mise à jour: 15:53, 18/09/2026, vendredi
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GONZALO FUENTES POOL / AFP
Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, attend l'arrivée des invités avant le début des discussions du "Processus d'Aqaba" en faveur des Forces armées libanaises (FAL), à l'Hôtel des Invalides à Paris, le 17 septembre 2026.Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a exhorté jeudi les formations politiques à préparer dès à présent la constitution de coalitions gouvernementales en vue de l'élection présidentielle de 2027.
Un avertissement sur l'absence de majorité à venir
Jean-Noël Barrot a lancé cet appel jeudi sur la chaîne LCI, soulignant que le prochain locataire de l'Élysée devrait faire face à une Assemblée nationale sans majorité claire.
"Le prochain président ou la prochaine présidente n'aura pas de majorité parlementaire"
, a-t-il affirmé, plaidant pour une évolution des pratiques institutionnelles après plusieurs années de fragmentation parlementaire.Une répartition des rôles entre Élysée et Matignon
Le vice-président du MoDem a esquissé une répartition des pouvoirs plus conforme à la lettre de la Constitution. Le président serait ainsi
"garant des institutions"
et traiterait notamment les questions relevant de son "domaine réservé"
, tandis que "le gouvernement conduit la politique de la nation"
. Par ailleurs, il a estimé que cette politique devrait reposer sur une coalition, faute de majorité parlementaire
"spontanée"
.Définir la coalition comme nécessité démocratique
"Une coalition, ça n'est pas l'effacement des différences"
, a-t-il souligné, la définissant comme un travail permettant à des partis se présentant séparément devant les électeurs de "trouver les compromis nécessaires pour que la France puisse être gouvernée"
.De plus, il a également invoqué les pratiques d'autres démocraties européennes, appelant les responsables politiques à rompre avec une culture d'alternance entre blocs opposés. La France doit, selon lui, se préparer à ce changement
"y compris avant l'élection présidentielle".
Contexte d'instabilité depuis les législatives de 2024
Interrogé sur le refus actuel des Républicains d'entrer dans ces discussions et sur une éventuelle
"union des droites"
avec le Rassemblement national, Jean-Noël Barrot a répondu : C'est à eux qu'il faut poser la question.
Toutefois, il a soutenu que l'enjeu central n'était pas de savoir si les formations souhaitaient une coalition, mais
"si la France peut être gouvernée"
. "Pour qu'elle soit gouvernée, il faut se résoudre à la constitution de coalitions où des gens qui ne pensent pas la même chose vont devoir faire des compromis"
, a-t-il également insisté.Pour rappel, l'instabilité parlementaire persiste depuis la perte de la majorité absolue par le camp présidentiel en 2022, aggravée par les élections législatives anticipées de 2024.
Ces scrutins avaient distribué 178 sièges au Nouveau Front populaire, 150 au camp présidentiel, 125 au Rassemblement national et 39 aux Républicains, sans qu'aucun ensemble n'atteigne les 289 députés nécessaires.
La gauche avait alors revendiqué Matignon, mais Emmanuel Macron avait nommé Michel Barnier en septembre 2024, avant de recourir à François Bayrou puis à Sébastien Lecornu après la chute de plusieurs exécutifs successifs sous le feu des motions de censure.
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