Meta: le conseil de surveillance contre le remplacement du fact-checking
14:01, 12/09/2026, samedi
AFP

Photo par SAMUEL BOIVIN / NURPHOTO / NURPHOTOAFP
Le logo Muse apparaît sur l'écran d'un smartphone, avec en arrière-plan une image promotionnelle de Muse, à Créteil, en France, le 9 septembre 2026,Le conseil de surveillance de Meta a exhorté le groupe à ne pas substituer le fact-checking aux notes de communauté, selon une déclaration consultée par l'AFP, alors que Meta teste ce système dans 16 pays d'Amérique latine.
Mise en garde du conseil de surveillance
Selon une déclaration consultée par l'AFP dans la nuit de vendredi à samedi, le conseil de surveillance de Meta a demandé au groupe de ne pas remplacer le fact-checking par les notes de contexte.
"Nous exhortons Meta à ne pas considérer les notes de la communauté (community notes) comme un remplacement direct du fact-checking",
a affirmé cet organe quasiment indépendant financé par Meta pour examiner ses décisions de modération.Selon la même source, l'instance a également appelé l'entreprise à utiliser
"tous les outils qui répondent le mieux au défi de la désinformation sur ses plateformes".
Déploiement des notes en Amérique latine
Meta a annoncé mercredi dernier le test de ces notes dans seize pays hispanophones de la région, un système déjà déployé aux Etats-Unis et initialement mis en place par Twitter en 2021 avant d'être généralisé sur le réseau social racheté en 2022 par Elon Musk et rebaptisé X.
Les pays concernés sont notamment l'Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l'Équateur, le Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, le Pérou, l'Uruguay et le Venezuela.
Par ailleurs, cette initiative s'inscrit dans une démarche visant à remplacer le programme de fact-checking mené par Meta avec des organisations partenaires dans toute la région, sans qu'aucun calendrier précis n'ait été communiqué à ce jour.
Fonctionnement des notes communautaires
Les
"notes de la communauté"
sont rédigées par des utilisateurs volontaires, qui doivent s'inscrire au préalable, dans le but de "mieux"
informer "en cas de publication potentiellement trompeuse ou peu claire",
selon les explications fournies par Meta sur son site officiel.L'AFP fait partie des organisations de vérification des faits qui participent actuellement au programme de fact-checking de Meta en Amérique latine et dans d'autres régions du monde.
Risques pour les droits humains
De plus, le conseil de surveillance a indiqué que
"les notes de la communauté pourraient contribuer à des préjudices concrets que Meta a la responsabilité d'éviter ou de réparer".
Toutefois, l'organe avait déjà averti précédemment que le déploiement mondial des notes de contexte risquait de porter atteinte aux droits humains dans des pays politiquement polarisés et lors d'élections sous tension.
Contexte électoral tendu
En Amérique latine, plusieurs pays ont vu récemment l'élection de dirigeants populistes de droite, notamment au Pérou, en Colombie et au Costa Rica, après le Chili et l'Argentine.
Ces dirigeants utilisent de façon intensive les réseaux sociaux, en proie à la désinformation, pour améliorer leur image et diffuser de la propagande.
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