Présidentielles 2027: Marine Tondelier veut interdire X, Elon Musk réplique
09:55, 07/08/2026, vendredi
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Ludovic MarinAFP
Marine Tondelier, cheffe des Écologistes français, lors d'une conférence.Marine Tondelier, cheffe des Écologistes et candidate à la présidentielle française, a proposé d'interdire le réseau social X pendant la campagne de 2027, invoquant un risque d'ingérence étrangère. Elle accuse Elon Musk de défendre une idéologie suprémaciste et de soutenir Marine Le Pen. Le milliardaire a répliqué en réclamant qu'elle soit réduite au silence pour trahison. Tondelier lui a répondu que la démocratie n'était pas à vendre.
La cheffe des Écologistes français et candidate à la présidentielle
Marine Tondelier
a affronté Elon Musk
jeudi. Elle avait réclamé l'interdiction du réseau social X pendant la campagne présidentielle de 2027.Le milliardaire américain lui a répondu en l'accusant de
"trahison"
. Ainsi, un simple entretien de presse s'est transformé en bras de fer politique transatlantique.Un appel à suspendre X pendant la présidentielle 2027
Tout part d'un entretien accordé au quotidien Libération, mercredi. Marine Tondelier y estime que des plateformes comme X pourraient être interdites durant l'élection.
Elle invoque un motif précis: le risque d'ingérence étrangère. C'est BFMTV qui a relayé ces déclarations.
Dans cet entretien, la responsable écologiste vise directement le propriétaire de X. Selon elle, Elon Musk défend une
"idéologie suprémaciste".
De plus, elle affirme qu'il veut
"pousser l'Europe à la soumission totale aux États-Unis"
. La critique dépasse donc le cadre franco-français.Le soutien de Musk au Rassemblement national en question
Marine Tondelier va plus loin dans son analyse.
"Elon Musk a également dit très clairement qu'il voulait que Marine Le Pen soit élue en France"
, déclare-t-elle.Elle fait référence à la cheffe des députés du Rassemblement national à l'Assemblée nationale. Par ailleurs, ce soutien affiché nourrit depuis des mois le débat français sur le rôle des plateformes.
En effet, la question ne se limite plus à la modération des contenus. Elle touche désormais l'influence politique directe d'un propriétaire de réseau social.
Elon Musk accuse Tondelier de "trahison"
La réponse est tombée jeudi. Elon Musk a publié un message sur X, sa propre plateforme.
"Je demande qu'elle soit réduite au silence pour trahison envers la France"
, a-t-il écrit. La formule a immédiatement provoqué une vague de réactions en France.Cependant, le message reste ambigu. Musk ne précise ni le fondement juridique ni l'autorité qui serait censée agir.
"La démocratie n'est pas à vendre"
Marine Tondelier a condamné cette publication sans détour. Elle rappelle qu'elle est la candidate française à la présidentielle que Musk veut
"réduire au silence pour trahison envers la France".
Elle ajoute ne pas comprendre le sens de cette accusation. Puis elle formule une réponse politique claire.
"La France n'a pas besoin de leçons de patriotisme d'un milliardaire étranger qui pense pouvoir décider quels dirigeants politiques européens doivent être réduits au silence"
, affirme-t-elle. Et de conclure: "La démocratie n'est pas à vendre. Pas même à l'homme le plus riche du monde."
Enfin, la candidate a préféré assumer son camp. Elle dit préférer être accusée de défendre la démocratie plutôt que de chercher à l'acheter.
L'ingérence numérique, nouvel enjeu
Cet épisode dépasse largement le cas français. En effet, plusieurs pays européens s'interrogent sur le poids des plateformes dans leurs scrutins.
Le règlement européen sur les services numériques (DSA) encadre déjà les très grandes plateformes. Il impose notamment des obligations de transparence sur la modération et la publicité politique.
Cependant, une interdiction pure et simple pendant une campagne resterait une mesure inédite en France. Elle poserait aussitôt des questions constitutionnelles lourdes.
Une mesure difficile à appliquer
Interdire une plateforme suppose une base légale solide. De plus, l'exécution technique reste complexe.
C'est pourquoi de nombreux juristes privilégient d'autres leviers. Ils citent les sanctions financières, les obligations d'audit ou la suspension de fonctionnalités ciblées.
L'échange illustre une transformation profonde du débat public. Un propriétaire de plateforme intervient désormais directement dans une campagne nationale.
Par ailleurs, cette intervention se fait sans médiation institutionnelle. Elle passe par un compte personnel suivi par des centaines de millions d'utilisateurs.
Cette asymétrie inquiète une partie de la classe politique européenne. En revanche, d'autres responsables y voient une simple expression d'opinion, protégée par la liberté d'expression.
Le débat restera donc ouvert jusqu'en 2027. Ainsi, la régulation des plateformes s'impose déjà comme un thème de campagne à part entière.
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