21:42, 31/10/2026, samedi
Niger: retour progressif à la normale dans les stations-service
Après près de deux semaines de pénurie, le carburant est de nouveau disponible dans de nombreuses stations-service de Niamey, au Niger. Gérants et usagers confirment une amélioration depuis le 23 octobre. Pour y parvenir, le gouvernement a suspendu les exportations d'essence et de gasoil, limité les ventes entre 21 h et 6 h et recouru aux importations. Toutefois, les chauffeurs de taxi réclament des solutions durables afin d'éviter de nouvelles perturbations.
Après plusieurs jours de pénurie, le
carburant au Niger
revient peu à peu dans les stations de Niamey. Gérants et usagers confirment cette amélioration depuis le 23 octobre. Cependant, les chauffeurs de taxi restent prudents. Ils demandent aux autorités des solutions durables.Carburant au Niger: la situation s'améliore à Niamey
Depuis le 23 octobre, de nombreuses stations de la capitale disposent de nouveau d'essence et de gasoil. Les gérants le confirment. Les usagers aussi.
Selon l'Agence nigérienne de presse (ANP), l'approvisionnement se normalise progressivement. L'agence a dressé ce constat après une tournée dans plusieurs points de distribution. Elle évoque une pénurie ayant duré près de deux semaines.
Ainsi, la capitale sort d'une période éprouvante. Les files d'attente, devenues quotidiennes, se réduisent désormais. Toutefois, la prudence reste de mise.
Une pénurie qui a paralysé la capitale
Le manque d'essence touchait déjà plusieurs villes nigériennes. Il a ensuite gagné Niamey le dimanche 18 octobre, selon l'AFP. De longues files se sont alors formées devant les stations encore approvisionnées.
Pour les habitants, l'attente a été longue. Une résidente du quartier de la Poudrière a raconté avoir patienté de 21 h à 3 h du matin avant d'être servie. Son témoignage illustre la pression subie par les usagers.
En outre, cette crise n'est pas une première. En mars 2025, le pays avait déjà connu une pénurie d'essence jugée inédite. Les mêmes images de files interminables avaient alors circulé.
Pourquoi le carburant a-t-il manqué ?
Plusieurs facteurs se cumulent. D'une part, la consommation en stations a augmenté. Déjà, la baisse de la contrebande venu du Nigeria. Autrefois, ce marché parallèle couvrait une part importante des besoins.
D'autre part, la production nationale reste limitée. La Société nigérienne de pétrole (SONIDEP) a évoqué une
"tension de stock"
. Elle l'a reliée à la lutte contre la contrebande et à une production insuffisante.Par ailleurs, le ministère de l'Énergie a précisé en octobre que la capacité installée ne garantit pas une disponibilité quotidienne. Les rendements atteignent 55 % pour le gasoil et 26 % pour l'essence. Ces chiffres expliquent en partie le décalage entre l'offre et la demande.
Enfin, des habitants s'interrogent. Ils ne comprennent pas pourquoi un pays producteur de pétrole manque d'essence. Cette question revient souvent dans les files d'attente.
Les mesures du gouvernement pour rétablir l'approvisionnement
Face à la crise, les autorités ont agi sur trois fronts. Ces décisions visent à garder le carburant sur le marché intérieur.
-
Suspension des exportations
d'essence et de gasoil, afin de réserver la production au pays.-
Limitation des ventes
entre 21 h et 6 h, pour éviter la ruée nocturne vers les pompes.-
Recours aux importations
, afin de combler le déficit.Ces mesures semblent avoir produit un effet. En effet, les stations se remplissent de nouveau depuis le 23 octobre. Néanmoins, elles relèvent de l'urgence plus que de la stratégie.
Par ailleurs, la suspension des exportations touche aussi les voisins du Niger. Le Tchad, par exemple, dépend en partie du gasoil nigérien. Cette décision peut donc avoir des effets au-delà des frontières.
Notons aussi que la restriction horaire change les habitudes. Les automobilistes doivent désormais faire le plein en journée. Les gérants, eux, adaptent leur organisation.
Les chauffeurs de taxi réclament des solutions durables
Malgré le retour à la normale, les conducteurs de taxi restent inquiets. Ils demandent aux autorités de prévoir des solutions durables. Leur objectif est simple : éviter de nouvelles perturbations.
Cette demande se comprend aisément. Pour ces professionnels, le carburant est l'outil de travail. Une nouvelle pénurie pèserait donc directement sur leurs revenus.
De plus, la répétition des crises nourrit la méfiance. Après mars 2025, puis octobre 2026, les usagers craignent un nouvel épisode. C'est pourquoi la question des réserves et de l'approvisionnement à long terme devient centrale.
Quelles pistes pour éviter une nouvelle pénurie ?
Plusieurs leviers existent, selon l'analyse de la rédaction. Ils ne relèvent pas d'annonces officielles à ce jour.
Premièrement, le pays peut renforcer ses stocks de sécurité. Ensuite, il peut diversifier ses sources d'importation. Enfin, il peut mieux anticiper la demande, désormais plus forte en stations.
En revanche, ces chantiers demandent du temps et des moyens. Ils exigent aussi une communication claire envers la population. Sans explications, la confiance s'érode vite, comme l'ont montré les rumeurs de pénurie des derniers mois.
Le carburant est de nouveau accessible dans de nombreuses stations de Niamey. Le soulagement est réel pour les usagers. Cependant, la situation reste fragile.
Les taxis rappellent l'essentiel : un retour à la normale ne suffit pas. Il faut désormais bâtir un approvisionnement stable. La suite dépendra des décisions des autorités et de leur capacité à tenir dans la durée.
A lire également:

Économie
TotalEnergies: un bénéfice record de 8,3 milliards de dollars au troisième trimestre 2026

International
Gazole russe: le Kremlin annonce le départ d’un premier pétrolier

International
Burkina Faso: un plan de 4,3 milliards de dollars pour l'accès à l'énergie










