Erdogan: la solidarité des États turciques est une "nécessité stratégique"
14:10, 30/10/2026, vendredi
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Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'exprime devant les dirigeants de l'Organisation des États turciques.À l'approche du 13e sommet de l'Organisation des États turciques à Ankara, Recep Tayyip Erdogan publie un article dans les médias des pays membres. Il juge la solidarité turcique "nécessité stratégique". Il défend l'intégration économique via le Corridor médian transcaspien, la coopération en défense, un alphabet commun et le soutien aux Chypriotes turcs. Türkiye doit aussi prendre la présidence de l'organisation, aujourd'hui détenue par l'Azerbaïdjan.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan lance un appel à l'unité. Il estime que la solidarité entre les États turciques est devenue une
"nécessité stratégique"
. Il l'écrit dans un article publié dans les principaux médias des pays membres et observateurs de l'Organisation des États turciques (OET). Le texte paraît à l'approche du 13e sommet de l'organisation.Sommet de l'OET à Ankara: un appel à l'unité
Le 13e sommet de l'OET se tient à Ankara. Il aura pour thème
"Le siècle turcique: unité dans la langue, la pensée et l'action"
. Erdogan le présente comme un rendez-vous important pour consolider la volonté commune des États membres.Son article commence par un constat.
"La politique mondiale traverse une profonde transformation"
, écrit-il. Selon lui, le système international peine à instaurer la justice et la confiance. En effet, les guerres et les crises touchent de vastes régions du monde.Face à ce contexte, il insiste sur l'héritage historique commun. L'unité du monde turcique en est, dit-il, "la plus forte expression". De plus, les liens entre les peuples turciques forment aujourd'hui le socle de leur coopération politique, sociale, économique et culturelle.
Il rappelle aussi le principe de base de cette unité. Elle repose sur le respect de la souveraineté, de l'indépendance et de la volonté nationale de chaque pays frère.
Une présidence turque à reprendre à l'Azerbaïdjan
Türkiye doit recevoir la présidence de l'organisation des mains de l'Azerbaïdjan. Erdogan y voit une
"responsabilité historique"
. Ainsi, Ankara veut atteindre des objectifs communs et renforcer les capacités institutionnelles de l'OET.Le président turc cite aussi le turcologue Ismail Gasprinski, qui défendait l'importance de l'unité. Selon Erdogan, sa vision continue d'inspirer l'organisation. Celle-ci s'appuie sur les bases posées à Nakhitchevan. Par ailleurs, son influence grandit grâce à un patrimoine historique et culturel partagé.
Erdogan affirme enfin que les États turciques, unis,
"ont la capacité de surmonter les défis les plus difficiles et de déterminer leur propre avenir".
Le Corridor médian, moteur de l'intégration économique
Sur le plan économique, Erdogan place l'intégration parmi les grandes priorités. Il met en avant le Corridor médian transcaspien, qui relie l'Est et l'Ouest. À ses yeux, il offre
"une occasion historique"
.Les échanges entre l'Asie et l'Europe se restructurent. Dans ce cadre, l'espace turcique peut devenir un pôle majeur du transport et de la logistique mondiaux. Pour y parvenir, Erdogan cite les chemins de fer, les ports, les routes et les systèmes douaniers. Ces réseaux doivent fonctionner de manière complémentaire.
Chaque investissement reliant les deux rives de la mer Caspienne augmentera, selon lui, les échanges entre les membres. En conséquence, leur prospérité commune progressera.
Erdogan appelle aussi à mieux exploiter le Fonds d'investissement turcique. Il demande de lever les obstacles au commerce et de renforcer les capacités de production. De même, il veut valoriser les ressources énergétiques et les énergies renouvelables. Enfin, il évoque les infrastructures de communication et la coopération technologique.
Sécurité et défense: agir ensemble
Pour Erdogan, la solidarité économique doit s'accompagner d'une coopération sécuritaire. Les États membres pourraient ainsi agir de concert face au terrorisme, à la criminalité transfrontalière, aux cybermenaces et aux catastrophes naturelles. Pour cela, ils mettraient leurs ressources en commun.
Il insiste aussi sur l'industrie de défense. Il propose de partager les expériences et de développer des technologies nationales et locales. Par ailleurs, il souhaite augmenter les capacités de production conjointe.
Langue, culture et jeunesse: un socle commun
Erdogan considère la conscience civilisationnelle commune comme le fondement le plus précieux de l'unité turcique. Il cite les héritages de Khoja Ahmed Yasawi, Ali-Shir Nava'i, Nizami Ganjavi, Magtymguly Pyragy, Yunus Emre et Chinghiz Aitmatov. Ces figures éclairent, selon lui, l'avenir d'une civilisation qui dépasse les frontières géographiques.
Il qualifie d'étape historique le consensus sur un
alphabet turcique
commun. Cette avancée rapproche les cultures. L'éducation, les sciences, l'édition et le numérique doivent la soutenir.Il plaide également pour que les jeunes étudient dans les autres pays turciques. Il veut renforcer les échanges entre universités et chercheurs. Enfin, il souhaite garantir aux langues turciques une place à part entière à l'ère de l'intelligence artificielle.
Chypriotes turcs: le soutien de Türkiye réaffirmé
Erdogan aborde aussi la protection des droits des Chypriotes turcs.
"Nous poursuivons notre solidarité avec le peuple chypriote turc, qui constitue une partie indissociable du monde turcique"
, déclare-t-il.Il juge important d'élargir les possibilités offertes par le statut d'observateur de la République turque de Chypre du Nord au sein de l'OET. Il veut aussi renforcer ses liens avec les autres États turciques.
Türkiye maintiendra donc sa position ferme. Elle demande la fin de ce qu'elle considère comme un isolement injuste. Elle réclame aussi la reconnaissance de l'égalité souveraine et du statut international égal des Chypriotes turcs.
Notre analyse: un monde en quête de justice
Erdogan le reconnaît lui-même: le système international peine à rendre la justice. Un peuple en paie le prix depuis des décennies, le peuple palestinien. À Gaza comme en Palestine occupée (Cisjordanie), l'occupation israélienne lui refuse la souveraineté et le respect de sa volonté.
Or, ce sont précisément les principes que le président turc place au fondement de l'unité turcique. Cependant, les grandes puissances les appliquent de manière sélective. C'est pourquoi la montée en puissance d'organisations solidaires, attachées à la souveraineté des peuples, mérite attention.
Ce qu'il faut retenir
- Le 13e sommet de l'OET se tient à Ankara, sur le thème du "siècle turcique".
- Türkiye doit prendre la présidence de l'organisation, aujourd'hui détenue par l'Azerbaïdjan.
- Le Corridor médian transcaspien est au cœur de l'intégration économique.
- La coopération en défense, la langue et la jeunesse complètent le projet.
- Türkiye réaffirme son soutien aux Chypriotes turcs.
En conclusion, Erdogan se dit convaincu que le XXIe siècle sera celui du
"monde turcique"
. Il veut couronner "par des réalisations durables l'idéal d'unité"
préservé pendant des siècles. Reste à voir si le sommet d'Ankara transformera cette ambition en actes concrets.A lire également:

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