09:47, 07/09/2026, lundi
Niger: la société civile dénonce une tentative de déstabilisation
Le 2 septembre 2026, la société civile nigérienne s'est mobilisée à Niamey pour dénoncer la tentative de déstabilisation survenue dans la nuit du 28 au 29 août à la base 101. Les organisateurs accusent des acteurs étrangers, notamment la France, et réaffirment leur soutien au président Abdourahamane Tiani. Niamey prépare désormais un dossier destiné à la justice internationale, tandis que Paris rejette ces accusations.
La société civile nigérienne s'est mobilisée en masse à Niamey. Le mercredi 2 septembre 2026, plusieurs organisations se sont réunies à la Place de la Concertation. Elles ont condamné les événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août.
Ce rassemblement s'inscrit dans un mouvement national plus large. En effet, des marches similaires ont eu lieu à Diffa, à Dosso et à Tahoua les mêmes jours. Le Niger réaffirme ainsi son soutien à la Refondation, portée par le président Abdourahamane Tiani.
Les événements du 28 au 29 août à la base 101 de Niamey
La nuit du 28 au 29 août 2026 a été marquée par de violents affrontements. Des tirs et des explosions ont été signalés autour de plusieurs sites stratégiques de la capitale.
La base aérienne 101 a concentré l'essentiel des combats. Ce site se trouve près de l'aéroport international Diori-Hamani. Le palais présidentiel et les installations de la radiotélévision nationale ont également été visés.
Selon les autorités nigériennes, des éléments du Bataillon spécial de renseignement du Commandement des opérations spéciales (BSR-COS) sont à l'origine de cette tentative. Les forces nigériennes ont repris le contrôle de la base avec l'appui de forces russes, selon plusieurs sources concordantes.
Des militaires nigériens sont morts en défendant les institutions. Plusieurs organisations, dont la société civile de Diffa, ont d'ailleurs présenté leurs condoléances aux familles des soldats tombés. Elles ont aussi souhaité un prompt rétablissement aux blessés.
Mobilisation populaire à Niamey le 2 septembre
La coordination des forces vives de la Nation a organisé le rassemblement du 2 septembre. La mobilisation a réuni une foule nombreuse à la Place de la Concertation.
Youyous et cris de soutien ont ponctué la rencontre. Par ailleurs, des membres des Forces de défense et de sécurité (FDS) ont participé à l'événement, aux côtés de la population.
Plusieurs orateurs ont pris la parole à cette occasion. Ils ont dénoncé les
"agissements du groupe de militaires" i
mpliqués dans la tentative de déstabilisation. Ils ont également salué le sacrifice des soldats tombés.Le gouverneur de la région de Niamey, le Général de Division Assoumane Abdou Harouna, a félicité les participants. Il a aussi rappelé le devoir de défendre
"notre pays désormais souverain".
De plus, il a appelé la population à rester vigilante face aux "ennemis de la Nation".
Un soutien réaffirmé au président Tiani
Les organisateurs ont renouvelé leur soutien au chef de l'État. Ils ont rappelé l'engagement pris par Abdourahamane Tiani de ne pas trahir le Niger.
Ce discours s'inscrit dans la continuité du processus de Refondation. Ce processus a débuté après le changement de pouvoir du 26 juillet 2023. C'est pourquoi de nombreuses organisations civiques y voient un jalon supplémentaire de la souveraineté nationale.
La France directement mise en cause par Niamey
Le gouvernement nigérien a franchi une étape supplémentaire le 4 septembre. Le Conseil des ministres a accusé officiellement la France de soutenir la tentative de déstabilisation.
Selon le communiqué lu par le ministre directeur de cabinet du président, Dr Soumana Boubacar, l'opération aurait été
"incitée et entretenue par un vaste réseau de connivence"
. Ce réseau serait, toujours selon Niamey, dirigé par "le régime français de Monsieur Macron".
Les autorités nigériennes évoquent aussi des complicités régionales. Elles accusent, sans les nommer,
"certains de nos frères africains"
d'avoir servi de "passerelle"
à ces manœuvres. Cette formulation reste toutefois générale et n'identifie aucun pays précis.Paris a rejeté ces accusations. Les éléments permettant d'établir leur véracité restent, à ce stade, limités et difficiles à vérifier de manière indépendante.
Un dossier destiné à la justice internationale
Niamey ne compte pas en rester là. Le Conseil des ministres a annoncé la constitution d'un dossier documenté sur ces événements.
Le Niger se réserve ainsi le droit de saisir les juridictions internationales.
"Le Niger ne porte la guerre à aucun pays et ne nourrit pas cette velléité"
, précise le communiqué officiel. Cependant, le pays entend documenter ce qu'il qualifie d'"agression"
contre sa souveraineté.Le gouvernement a par ailleurs remercié les
"pays amis".
Il cite notamment les États membres de l'Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso.Une vigilance appelée à se poursuivre
Les appels à la mobilisation ne se limitent pas à Niamey. L'Association des chefs traditionnels du Niger a, elle aussi, condamné les événements le 3 septembre. Elle a exhorté la population à une
"résilience patriotique absolue".
Le mouvement M62, section de Tahoua, a suivi la même ligne. Il a rappelé son engagement depuis les événements de juillet 2023.
"Notre patriotisme ne signifie pas la violence"
, a-t-il toutefois précisé dans sa déclaration.Cette unanimité affichée traduit une stratégie claire des autorités. En misant sur la mobilisation populaire, le pouvoir nigérien cherche à démontrer sa légitimité. De plus, il veut consolider son discours souverainiste face aux puissances occidentales.
Ce qu'il faut retenir de cette mobilisation
Les investigations se poursuivent pour établir les responsabilités précises. Les autorités nigériennes assurent vouloir toute la lumière sur ces événements.
La société civile, elle, a déjà tranché. Partout dans le pays, les organisations affichent un même message : la souveraineté du Niger ne se négocie pas.
Cette séquence confirme aussi une tendance plus large en Afrique de l'Ouest. Les régimes issus des transitions militaires s'appuient de plus en plus sur la mobilisation citoyenne. Ainsi, ils cherchent à légitimer leur rupture avec l'ancienne puissance coloniale.
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