10:23, 16/10/2026, vendredi
Hébron: une route de colonie détruit les oliviers palestiniens
À l'ouest d'Hébron, en Palestine occupée (Cisjordanie), des bulldozers israéliens déracinent des oliviers pour construire une route reliant des colonies illégales. Mohammed Ismail Al-Sha'ar, fermier à Al-Majd, raconte la perte de ses terres, de ses troupeaux et de sa sécurité. Cet article replace ce chantier dans la politique de colonisation israélienne. Il rappelle aussi ce que dit le droit international sur ces colonies.
À l'ouest d'Hébron, en Palestine occupée (Cisjordanie), des bulldozers israéliens déracinent des oliviers. Ils construisent une route qui relie des colonies. Or ces colonies sont illégales au regard du droit international. Pour les habitants, le chantier ruine leurs terres et leur gagne-pain.
Des bulldozers au cœur des oliveraies d'Al-Majd
Les engins arrivent sur des terres agricoles palestiniennes. Ils arrachent les arbres un à un et ouvrent une tranchée. Ensuite, la route doit relier plusieurs colonies installées autour d'Hébron.
Le chantier fait aussi barrage aux déplacements des Palestiniens. Les agriculteurs ne peuvent plus atteindre leurs parcelles. Par ailleurs, la circulation dans le secteur devient plus difficile pour les familles.
Les oliviers ne sont pas de simples arbres. Ils nourrissent des familles depuis des générations. Un olivier met des années à produire. C'est pourquoi sa destruction pèse longtemps sur ses propriétaires.
"Nous sommes coupés de la terre"
Mohammed Ismail Al-Sha'ar est fermier à Al-Majd. Il décrit un quotidien devenu étouffant. Selon lui, la construction de la route de la colonie a bouleversé la vie du village.
Voici son témoignage:
"(La construction de la route de la colonie) nous a éprouvés ; elle nous a étouffés. Nos terres, nos oliveraies, ont été confisquées, et nous ne pouvons plus y accéder. Nous sommes coupés de la terre et des oliviers que nous possédons."
Il poursuit:
"Nous ne pouvons même plus mener nos moutons paître dans les montagnes ; nous avons en réalité perdu nos troupeaux à cause de cela."
Enfin, il évoque la peur:
"Je ne peux même pas laisser mes enfants sortir sur la route, car les colons passent désormais juste devant ma porte."
Une route de colonie à Hébron: un outil d'expansion
Ce chantier n'est pas un cas isolé. En effet, Israël construit depuis des décennies des routes réservées à ses colonies. Ces voies relient les colonies entre elles et à Jérusalem. En revanche, elles coupent les villages palestiniens de leurs champs.
En 2019 déjà, Al Jazeera décrivait un projet de route de contournement près d'Hébron. Les bulldozers nivelaient environ 40 hectares de terres palestiniennes. La chaîne soulignait qu'il empêcherait des agriculteurs de rejoindre leurs terres de l'autre côté.
Le même schéma se répète ailleurs. Près de Ramallah, l'armée israélienne a détruit environ 3 000 oliviers à al-Mughayyir, selon Al Jazeera. Elle a invoqué une "menace sécuritaire" pour une route de colonie voisine. Ainsi, la sécurité des colons sert de prétexte à la perte des terres palestiniennes.
Un droit international bafoué
Le droit international est clair. La quatrième Convention de Genève interdit à une puissance occupante de transférer sa population civile dans le territoire occupé. Les colonies israéliennes violent donc cette règle.
De plus, la Cour internationale de justice (CIJ) a rendu un avis en juillet 2024. Elle a jugé illégale la présence israélienne dans les territoires palestiniens occupés. Elle a aussi demandé l'arrêt de toute nouvelle activité de colonisation.
Pourtant, les chantiers continuent sur le terrain. Les routes de colonies consolident l'occupation. Elles rendent aussi l'avenir d'un État palestinien viable plus incertain chaque jour.
Une vie quotidienne sous la menace des colons
La route change aussi le rythme du village. Les colons passent désormais devant les maisons. Les parents craignent pour leurs enfants.
Cette peur n'est pas nouvelle en Palestine occupée (Cisjordanie). Les violences de colons visent souvent les agriculteurs et les bergers. Cependant, le chantier ajoute une pression : la présence permanente de la colonie au seuil des foyers.
La perte des troupeaux aggrave la situation. Les familles perdent leur revenu et leur autonomie. Par conséquent, certaines risquent de quitter leurs terres, ce que vise la colonisation.
Pourtant, les habitants d'Al-Majd restent attachés à leur terre. Ils veulent retrouver leurs oliveraies, leurs pâturages et leurs routes. En outre, leur témoignage montre que la résistance commence par le simple fait de rester.
Que retenir de ce chantier à Hébron ?
Des bulldozers israéliens déracinent des oliviers à l'ouest d'Hébron. Ils ouvrent une route pour relier des colonies illégales. Les Palestiniens d'Al-Majd perdent l'accès à leurs terres, à leurs troupeaux et à leur sécurité.
Ce témoignage rappelle une réalité simple. La colonisation ne se limite pas aux maisons. Elle passe aussi par les routes, les clôtures et les arbres arrachés. Face à cela, le silence de la communauté internationale pèse lourd.
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