10:31, 06/10/2026, mardi
Netanyahu: "aucun pouvoir du Hamas à Gaza"
Benjamin Netanyahu a affirmé lundi 5 octobre 2026, lors d'une cérémonie liée au 7 octobre au Mont Herzl, qu'il n'y aurait "aucun pouvoir du Hamas à Gaza". Il n'a toutefois présenté ni plan de gouvernance ni calendrier. Le désarmement du Hamas, le rôle d'une administration transitoire et l'absence des Palestiniens dans les décisions restent les points de blocage. La question de l'avenir politique de Gaza demeure entière.
Benjamin Netanyahu a fixé une ligne rouge lundi 5 octobre 2026. Le Premier ministre israélien a affirmé que le Hamas n'exercerait plus jamais
"aucun pouvoir"
à Gaza. Pourtant, la question de la gouvernance du territoire reste entièrement ouverte.Il s'exprimait lors d'une cérémonie commémorant les attaques du 7 octobre 2023. Ce discours intervient alors que les Palestiniens de Gaza attendent toujours un avenir politique clair.
Netanyahu promet "aucun pouvoir du Hamas à Gaza"
Le chef du gouvernement israélien a parlé depuis le cimetière militaire du Mont Herzl, à Jérusalem. Il a d'abord vanté les résultats obtenus par son armée.
"Nous avons accompli d'énormes progrès, mais des missions nous attendent encore, et nous avons l'intention de les mener à bien"
, a-t-il déclaré.Ensuite, il a visé directement le mouvement de résistance palestinien.
"Il n'y aura aucun pouvoir du Hamas à Gaza"
, a-t-il ajouté. La phrase est courte, mais elle engage toute la suite du conflit.Netanyahu ne précise pourtant aucun calendrier. Il ne dit pas non plus qui gouvernera le territoire à la place du Hamas. Ainsi, la promesse reste un slogan politique plus qu'un plan.
Une cérémonie de deuil devenue tribune politique
Israël organise chaque année des cérémonies nationales autour du 7 octobre. Elles rendent hommage aux soldats et aux civils tués ce jour-là. En revanche, le Premier ministre s'en sert aussi pour défendre son bilan de guerre.
Le lieu n'a rien d'anodin. Le Mont Herzl accueille les tombes de nombreux soldats israéliens. De plus, chaque prise de parole y devient un message adressé à l'opinion publique israélienne.
Netanyahu y parle d'"énormes progrès" et de "missions" à accomplir. Cette formule laisse entendre que les opérations militaires pourraient reprendre ou se prolonger. C'est pourquoi les observateurs la lisent comme un avertissement.
Gaza: la gouvernance de l'après-guerre reste sans réponse
Qui administrera Gaza demain ? Cette question reste au cœur des discussions diplomatiques. Plusieurs scénarios circulent depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025, qui s'appuie sur le plan américain.
Ce plan évoque une administration transitoire et une force internationale de stabilisation. Cependant, les modalités concrètes divergent selon les acteurs. Israël, les États-Unis, les pays arabes et les Palestiniens n'ont pas les mêmes priorités.
Le désarmement, point de blocage majeur
Israël exige le désarmement complet du Hamas. Le mouvement refuse de renoncer à ses armes tant que l'occupation continue. Par conséquent, les négociations tournent en rond depuis des mois.
Les médiateurs cherchent un compromis. Toutefois, la déclaration de Netanyahu ferme une porte. Elle exclut toute place politique pour le Hamas, y compris dans un cadre palestinien négocié.
Les habitants de Gaza ne figurent presque jamais dans ces discussions. Pourtant, ils vivent sous les décombres, sans logement stable ni services de base. Le ministère de la Santé de Gaza recense plus de 70 000 morts depuis octobre 2023, un bilan que l'ONU juge fiable.
Les Palestiniens réclament le droit de choisir leurs dirigeants. En effet, la gouvernance d'un peuple ne se décide pas à Jérusalem ou à Washington. Elle relève d'abord de sa propre volonté.
Pourquoi cette promesse pose problème
Plusieurs raisons rendent la formule de Netanyahu fragile. D'abord, aucune armée n'a jamais éliminé une organisation politique implantée dans la société. Le Hamas dispose d'une base sociale, de réseaux et d'une légitimité propre.
Ensuite, Israël refuse en parallèle de confier Gaza à l'Autorité palestinienne. Il rejette aussi toute perspective d'État palestinien. Dès lors, personne ne sait qui occuperait le vide laissé par le Hamas.
Enfin, la même logique s'applique en Palestine occupée (Cisjordanie). Les colonies s'étendent et la violence des colons augmente. Ainsi, la politique israélienne ferme les options politiques pour les Palestiniens partout à la fois.
Sans solution politique, le territoire risque une occupation durable. Les ONG et plusieurs agences de l'ONU alertent depuis longtemps sur ce scénario. Elles rappellent que la sécurité d'un peuple ne s'obtient pas en niant les droits d'un autre.
Le droit international prévoit des obligations précises pour une puissance occupante. De plus, il reconnaît le droit des peuples à l'autodétermination. Ces principes restent absents du discours de Netanyahu.
Un discours à destination de l'opinion israélienne
Ce discours s'adresse aussi à l'électorat israélien. Netanyahu doit rassurer sa coalition, très attachée à la ligne dure. Par ailleurs, il cherche à montrer que la guerre a atteint ses objectifs.
Mais le chef du gouvernement fait face à un paradoxe. Il affirme avoir
"accompli d'énormes progrès"
, tout en promettant de nouvelles missions. Autrement dit, la victoire annoncée n'est jamais complète.Cette posture entretient l'incertitude. En effet, un conflit sans objectif définitif peut durer indéfiniment. Les civils de Gaza en paient le prix chaque jour.
A lire également:
Israël-Türkiye : le centre de gravité se déplace

International
Gaza : 82 % des bâtiments endommagés

International
Gaza : 5 morts dans une frappe israélienne nocturne










