16:12, 07/10/2026, mercredi
Smotrich réclame l'annexion de Gaza et du Liban
Le ministre israélien d'extrême droite Bezalel Smotrich réclame l'annexion "définitive" de territoires de Gaza et du Liban pour infliger à ses ennemis "le prix de la défaite". Il accuse l'Égypte et les pays arabes du sort de Gaza, en occultant le blocus israélien. Il plaide aussi pour un déplacement de population comme phase finale de la "guerre". Un projet contraire au droit international.
Le ministre israélien d'extrême droite Bezalel Smotrich réclame l'annexion
"définitive"
de territoires de Gaza et du Liban. Il veut ainsi faire comprendre à ses ennemis "le prix de la défaite".
Ces propos s'ajoutent à une longue série d'appels à l'expansion territoriale. Par ailleurs, ils visent un territoire que l'armée israélienne assiège et bombarde depuis octobre 2023.
Une annexion "définitive" pour punir les ennemis d'Israël
Smotrich ne parle pas de sécurité. Il parle de châtiment. Pour lui, Israël doit garder des terres de Gaza et du Liban afin de marquer la défaite de ses adversaires.
Cette logique assume pleinement la conquête. En effet, le ministre ne cherche pas à négocier un retrait ou un cessez-le-feu. Il veut inscrire la victoire militaire dans la carte.
Le mot "définitive" pèse lourd. De plus, il ferme toute perspective de retour des Palestiniens sur leurs terres.
Gaza, "plus grande prison du monde"
Le ministre qualifie Gaza de
"plus grande prison du monde"
. La formule est exacte, mais il en renverse le sens.Smotrich accuse d'abord l'Égypte. Selon lui, Le Caire refuse de laisser transiter par son territoire les Gazaouis désireux de partir.
Il met aussi en cause les pays arabes dans leur ensemble. Cependant, il ne dit pas un mot de celui qui tient les clés de la prison.
Israël contrôle les frontières, l'espace aérien et les côtes de Gaza. C'est pourquoi la responsabilité du blocus lui revient d'abord.
Ce blocus se double aujourd'hui d'une guerre que Nouvelle Aube qualifie de génocide. Or le ministre efface ces deux réalités. Ainsi, le geôlier se présente en simple spectateur.
Un déplacement de population présenté comme "phase finale"
Smotrich invoque des sondages. Selon lui, la majorité des habitants de Gaza ne verraient plus d'avenir sur place. Il ne cite toutefois aucune enquête précise dans les propos rapportés.
Il en tire une conclusion brutale. La phase finale de la
"guerre"
devrait être un déplacement de population.Cet argument ignore le contexte. En effet, la grande majorité des plus de deux millions d'habitants ont déjà été déplacés au moins une fois, selon l'AFP. Des gens sans toit, sans eau et sous les bombes ne choisissent pas librement.
"Cultures et religions communes" : un prétexte
Le ministre estime que les Gazaouis devraient se tourner vers les pays arabes et musulmans. Il invoque la langue, la religion et la culture partagées, plutôt que les pays occidentaux.
Ce raisonnement ressemble à un alibi. Car personne ne devient réfugié par goût de la culture voisine. Les Palestiniens veulent vivre chez eux, sur leur terre.
Le droit international interdit l'annexion et le transfert forcé
Le droit est clair. La Charte des Nations unies interdit d'acquérir un territoire par la force.
De plus, la quatrième Convention de Genève prohibe le transfert forcé de population dans un territoire occupé. Un
"déplacement"
organisé par l'occupant relève donc de cette interdiction.En juillet 2024, la Cour internationale de justice a aussi jugé illégale l'occupation israélienne des territoires palestiniens. Ainsi, les projets de Smotrich heurtent frontalement les règles les plus établies.
Un discours qui n'a rien d'une dérive isolée
Ces déclarations suivent une ligne constante. En mai 2025, Smotrich affirmait que Gaza serait
"entièrement détruite"
et que les civils partiraient "en grand nombre vers des pays tiers"
, selon l'AFP.En août 2025, il proposait d'annexer une section de Gaza chaque semaine pendant quatre semaines. Il demandait aussi aux Palestiniens de d'abord se déplacer vers le sud, d'après Al Jazeera.
Le ministre vit lui-même dans une colonie de la Palestine occupée (Cisjordanie). Il y défend ouvertement l'annexion, et il a déclaré que la colonisation visait à
"enterrer l'idée d'un État palestinien".
Smotrich prépare donc un projet cohérent. Il consiste à vider, annexer et coloniser.
Le Liban dans le viseur
L'appel à annexer des territoires libanais n'est pas nouveau non plus. Selon le Times of Israël, Smotrich a déjà réclamé une modification des frontières israéliennes au Liban.
Le ministre de la Défense, Israel Katz, avait auparavant laissé entendre que le Liban pourrait
"perdre du territoire".
Par conséquent, la menace dépasse le seul cadre de Gaza.Ce discours révèle une fuite en avant. Chaque front militaire devient un prétexte pour agrandir la carte. En revanche, aucun responsable israélien de premier plan ne le désavoue.
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