17:07, 06/10/2026, mardi
Étudiants palestiniens bloqués par les checkpoints
De nouveaux postes de contrôle israéliens, installés près du camp d'Al-Arroub au nord d'Hébron, empêchent des étudiants palestiniens d'arriver à l'heure à l'université. L'un d'eux évoque entre 30 et 40 minutes d'attente, voire plus, et ne parvient parfois pas à rejoindre ses cours. Ce cas s'inscrit dans un système plus large : l'ONU recense 925 obstacles à la circulation en Palestine occupée (Cisjordanie). Le droit à l'éducation en subit directement les conséquences.
Des étudiants palestiniens n'arrivent plus à rejoindre l'université à l'heure. En cause: de nouveaux postes de contrôle installés par l'armée d'occupation israélienne près du camp d'Al-Arroub. Ce camp de réfugiés se situe au nord d'Hébron, en Palestine occupée (Cisjordanie).
Les étudiants dénoncent des attentes interminables chaque matin. Ainsi, le simple trajet vers les cours devient une épreuve quotidienne. Cette situation illustre le poids de l'occupation sur le droit à l'éducation.
Des étudiants palestiniens piégés par les nouveaux checkpoints
Plusieurs étudiants ont expliqué ne pas pouvoir arriver à l'heure en cours. Les nouveaux checkpoints ralentissent chaque trajet. Par conséquent, ils ratent le début des séances, voire des journées entières.
L'un d'eux a décrit la situation sans détour.
"Parfois, je n'y arrive pas du tout, car le passage au poste de contrôle prend entre une demi-heure et 40 minutes, voire plus"
, a-t-il déclaré.Ce témoignage dit l'essentiel. Une demi-heure d'attente suffit à manquer l'ouverture d'un cours.
Al-Arroub, un campus déjà sous pression militaire
Cette pratique n'a rien de nouveau. En 2018, l'ONG israélienne B'Tselem avait documenté le harcèlement d'étudiants à l'entrée du campus d'Al-Arroub. Ce campus de l'Université technique de Palestine fait face au camp, à environ dix kilomètres au nord d'Hébron.
À l'époque, quelque 570 étudiants y étaient inscrits. De plus, leurs témoignages décrivaient une routine de contrôles imposés par les soldats postés à l'entrée.
Selon B'Tselem, les soldats vérifiaient au hasard les cartes d'identité des étudiants. Ils les photographiaient et fouillaient leurs sacs. Parfois, ils confisquaient même des pièces d'identité.
Des retards pouvant atteindre une heure étaient déjà signalés. C'est pourquoi certains étudiants, y compris des habitants du camp, choisissaient des itinéraires plus longs pour éviter les soldats. L'ONG jugeait inacceptable qu'il faille franchir un barrage militaire pour entrer dans un établissement universitaire.
Une Palestine occupée (Cisjordanie) quadrillée par les obstacles
Le cas d'Al-Arroub s'inscrit dans un schéma général. Selon l'OCHA, le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU, 925 obstacles à la circulation existaient fin décembre 2025. Ils restreignent les déplacements de 3,4 millions de Palestiniens, Jérusalem-Est comprise.
Les checkpoints et les barrières routières forment l'ossature de ce dispositif. Ils représentent près de 60 % des obstacles recensés. Cependant, l'OCHA y voit surtout une consolidation durable des restrictions.
Hébron concentre une part considérable de ces dispositifs. Dans la zone H2 de la ville, sous contrôle israélien direct, l'OCHA compte 34 des 89 checkpoints de la Palestine occupée (Cisjordanie). Elle y recense aussi 101 des 925 obstacles.
Les Palestiniens de cette zone subissent donc un maillage particulièrement dense. Les étudiants de la région, eux, composent avec ce contexte chaque jour.
En moyenne, les forces israéliennes ont déployé 15 checkpoints "volants" par semaine. Ces postes mobiles surgissent sans préavis. Ainsi, un trajet prévisible un jour devient incertain le lendemain.
Par ailleurs, l'ONU rappelle que ces restrictions ne s'appliquent généralement pas aux colons israéliens. Le traitement différencié des deux populations saute donc aux yeux.
Le droit à l'éducation, victime de l'occupation
En janvier 2026, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a publié un rapport thématique. Il documente un système de lois et de pratiques discriminatoires en Palestine occupée (Cisjordanie). Ce système limite sévèrement, entre autres droits, la liberté de circulation des Palestiniens.
Étudier suppose de se déplacer. Or chaque checkpoint ajoute un obstacle entre l'étudiant et la salle de classe. En effet, l'occupation ne vise pas seulement la terre : elle fragilise aussi l'avenir d'une génération.
Une enquête de la revue MERIP sur l'université d'Hébron éclaire ces conséquences. Selon elle, les annulations de cours y sont courantes à cause des fermetures et des couvre-feux imposés par l'armée israélienne. Les enseignants doivent même préparer des examens spéciaux pour les étudiants absents.
La même enquête souligne un autre effet. Les restrictions de mouvement empêchent la plupart des étudiants de s'inscrire hors de leur région d'origine. Leur choix d'études dépend donc de la carte des barrages.
A lire également:

International
Netanyahu: "aucun pouvoir du Hamas à Gaza"

International
Gaza: un Palestinien tué par une frappe israélienne une semaine avant son mariage

International
Frappes israéliennes au Liban: Al-Mansouri rasé bâtiment par bâtiment
Titres : Palestineétudiants palestinienscheckpointsAl-ArroubHébronPalestine occupée (Cisjordanie)droit à l'éducationposte de contrôle israélienarmée d'occupationliberté de circulationOCHArestrictions de circulationliberté de mouvementpalestine occupéecisjordanieoccupation israéliennepostes de contrôlebtselemonuuniversité technique de palestine







