Burkina Faso : deux diplomates européens déclarés persona non grata
17:13, 15/07/2026, mercredi
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OLYMPIA DE MAISMONTAFP / Archive
Le capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, assiste à la cérémonie marquant le 35e anniversaire de l'assassinat de Thomas Sankara, à Ouagadougou, le 15 octobre 2022.Les autorités burkinabè ont déclaré mardi soir deux responsables de l'Union européenne persona non grata, leur accordant un délai de trois jours pour quitter le territoire, ont annoncé les médias publics.
Expulsion de responsables européens
Selon l'Agence d'Information du Burkina (AIB), les autorités burkinabè ont déclaré mardi soir deux responsables de la Délégation de l'Union européenne persona non grata, leur accordant un délai de trois jours pour quitter le territoire. Le Chef de Délégation adjoint, également Chef de section politique, presse et informations, ainsi que la chargée de Programme sont directement visés par cette mesure diplomatique.
La Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) a également rapporté cette décision sans toutefois fournir de précisions quant aux motivations ayant conduit à cette mesure des autorités.
Détérioration des relations bilatérales
Cette expulsion intervient dans un contexte marqué par une dégradation rapide des relations diplomatiques entre Ouagadougou et Bruxelles, notamment après l'adoption par le Parlement européen le 18 juin 2026 d'une résolution critique. Par ailleurs, le texte voté à Strasbourg porte le titre suivant :
"Persistance de la répression de l'espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso".
A la suite de cette résolution, le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso avait convoqué le 22 juin l'ambassadeur et chef de la Délégation de l'Union européenne, Daniel Aristi Gaztelumendi, pour lui faire part de la désapprobation de son pays à l'égard de cette initiative.
Dénonciation de l'ingérence
Ouagadougou avait alors vivement rejeté cette résolution, la qualifiant de
"manifestement adossée à des desseins néocoloniaux et inspirée par des réseaux obscurs à la solde de la France, constitue une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures d'un État souverain, en contradiction avec les principes consacrés par la Charte des Nations Unies, notamment ceux relatifs à l'égalité souveraine des États et à la non-ingérence dans leurs affaires internes".
De plus, le gouvernement burkinabè avait rappelé que la crise sécuritaire affectant le pays et la région du Sahel trouve son origine dans la déstabilisation de la Libye consécutive à "l'intervention militaire irréfléchie"
de l'OTAN en 2011.Silence de Bruxelles
Toutefois, la délégation de l'Union européenne n'a pas encore formulé de commentaire officiel concernant cette décision d'expulsion. Pour rappel, les tensions diplomatiques s'étaient déjà manifestées le 22 juin par la convocation de l'ambassadeur européen, suite à l'adoption de la résolution parlementaire dénonçant la situation des libertés civiques.
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