Abaya: Mathilde Panot promet d'abroger l'interdiction en cas de victoire en 2027
11:27, 07/09/2026, lundi
Yeni Şafak

AAArchive
Mathilde Panot promet de revenir sur l'interdiction de l'abaya en cas de victoire en 2027. Mathilde Panot promet de revenir sur l'interdiction de l'abaya et du qamis à l'école en cas de victoire à la présidentielle de 2027. Gabriel Attal, à l'origine de la mesure en 2023, l'accuse de viser en réalité l'abrogation de la loi de 2004 sur la laïcité, ce que la présidente du groupe LFI ne confirme pas. Ce débat s'ajoute à la proposition du RN d'interdire le voile dans l'espace public.
Mathilde Panot relance le débat sur l'abaya à l'école. La présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale a exprimé sa volonté de revenir sur cette interdiction, en cas de victoire à la présidentielle de 2027.
Cette déclaration a immédiatement suscité une réaction de Gabriel Attal. L'ancien Premier ministre, à l'origine de la mesure, accuse désormais LFI de vouloir aller bien au-delà d'une simple abrogation.
Ce que Mathilde Panot a déclaré sur l'abaya
La cheffe de file des députés insoumis s'est exprimée dans plusieurs médias ces derniers jours. Elle a confirmé sa volonté de revenir sur l'interdiction de l'abaya et du qamis dans les établissements scolaires.
Cette position ne date pas d'hier. En effet, Mathilde Panot avait déjà dénoncé la mesure dès son annonce en 2023. Elle avait alors critiqué ce qu'elle jugeait être une obsession du ministre de l'Éducation nationale de l'époque envers les femmes musulmanes.
Trois ans plus tard, la présidente du groupe LFI transforme cette opposition en engagement de campagne. C'est pourquoi son discours prend une portée nouvelle, à l'approche de la présidentielle de 2027.
Une promesse contestée par Gabriel Attal
Gabriel Attal a réagi avec vigueur, dimanche, sur BFMTV. Selon lui, LFI ne vise pas seulement l'abaya et le qamis.
L'ancien Premier ministre affirme que le parti insoumis veut en réalité abroger la loi de 2004. Cette loi islamophobe interdit le port de signes religieux ostensibles dans les écoles publiques. Abroger ce texte réintroduirait donc, selon lui, tous les signes religieux à l'école, y compris le voile.
Gabriel Attal en tire une conclusion tranchée.
"L'École de la République doit rester un sanctuaire"
, a-t-il affirmé. De son côté, Mathilde Panot n'a pas confirmé cette lecture. Ses prises de position portent explicitement sur l'abaya et le qamis, et non sur la loi de 2004 dans son ensemble.
L'interdiction de l'abaya: rappel du contexte
Gabriel Attal avait annoncé l'interdiction de l'abaya à la rentrée 2023, alors ministre de l'Éducation nationale. La mesure ciblait ce vêtement long porté par certaines élèves musulmanes.
Dès la première semaine, 298 élèves s'étaient présentées en abaya. Parmi elles, 67 avaient refusé de l'enlever à la demande du personnel scolaire.
La gauche s'était alors divisée sur ce sujet. Des élus socialistes et communistes avaient approuvé la mesure au nom de la laïcité. LFI, en revanche, avait dénoncé une décision jugée islamophobe. Les écologistes avaient parlé, eux, d'une stigmatisation des musulmanes.
La loi de 2004 au cœur du débat
Le cadre juridique de la mesure remonte à une loi bien plus ancienne. La loi de 2004 interdit le port de signes ou tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse à l'école.
Le Conseil d'État a validé l'interdiction de l'abaya sur cette base. Les recours engagés contre la mesure n'ont donc pas abouti.
C'est précisément ce socle juridique que Gabriel Attal accuse LFI de vouloir fragiliser. Mathilde Panot, elle, reste concentrée sur l'abrogation de la seule circulaire visant l'abaya et le qamis.
Ce débat s'inscrit dans un climat politique déjà tendu. Marine Le Pen a en effet relancé, fin août, sa proposition d'interdire le voile islamique dans l'espace public. Elle promet un référendum sur ce sujet en cas de victoire.
Mathilde Panot a qualifié cette proposition de discriminatoire et raciste. Elle estime que la mesure porterait atteinte à la laïcité ainsi qu'aux libertés de conscience et de culte.
Par ailleurs, la présidente du groupe LFI met en garde contre les conséquences des discours ciblant les musulmans. Elle évoque notamment la multiplication des agressions visant des femmes voilées.
D'autres personnalités politiques se sont également positionnées. Raphaël Glucksmann a dénoncé une
"police des vêtements"
. Édouard Philippe a jugé la proposition du RN "scandaleuse".
Ainsi, la question du voile et de l'abaya s'installe durablement dans la campagne. Elle oppose désormais deux visions irréconciliables de la laïcité, à moins d'un an du scrutin.
Ce qu'il faut retenir
Mathilde Panot promet de revenir sur l'interdiction de l'abaya si elle accède au pouvoir en 2027. Gabriel Attal l'accuse de viser en réalité la loi de 2004 sur la laïcité à l'école.
Cette controverse s'ajoute à un autre débat brûlant: la proposition du Rassemblement national d'interdire le voile dans l'espace public. Les lignes de fracture sur la laïcité s'annoncent donc centrales dans la campagne présidentielle.
Le sujet devrait continuer d'alimenter les échanges entre les candidats dans les prochaines semaines.
A lire également:

International
Voile en France: Elias d'Imzalène appelle à la "désobéissance civile" face au RN

International
Ils disaient barrer la route à l'extrême droite, ils lui ont offert un boulevard

International
Amende pour le voile: l'aboutissement de 22 ans de lois écrites sans le RN

Société
Loi contre le voile : l'UDMF lance une pétition pour son abrogation
Titres : Francemathilde panotsignes religieuxvoile islamiquegabriel attalabayamarine le penqamisinterdiction abayarassemblement nationalrnprésidentielle 2027islamophobiela france insoumiseécole publiquelfiloi de 2004raphaël glucksmannédouard philippelaïcitéloi de 2004 laïcitéqamis écoleislamophobie Francevoile écoledébat laïcité