17:27, 23/07/2026, jeudi
Loi contre le voile : l'UDMF lance une pétition pour son abrogation
L'Union des Démocrates Musulmans Français lance une pétition nationale réclamant l'abrogation de la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux à l'école. Dans un entretien exclusif accordé à Nouvelle Aube, son fondateur Nagib Azergui dénonce une islamophobie institutionnalisée et une cascade d'interdictions depuis 2004, du voile intégral à l'abaya. Il appelle les citoyens à signer la pétition sur Union des Démocrates Musulmans Français et défend une école de la tolérance qui rassemble plutôt qu'elle n'exclut.
EXCLUSIF - Nagib Azergui, fondateur de l'Union des Démocrates Musulmans Français (UDMF), annonce à Nouvelle Aube le lancement d'une
pétition
nationale réclamant l'abrogation de la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux à l'école.Vingt-deux ans après son adoption, la loi du 15 mars 2004 interdisant le port de signes religieux "ostensibles" dans les écoles, collèges et lycées publics est de nouveau au cœur du débat. L'UDMF vient de lancer une pétition citoyenne pour en demander l'abrogation. Son fondateur, Nagib Azergui, a accordé un entretien exclusif à Nouvelle Aube pour expliquer les raisons de cette campagne.
Pourquoi l'UDMF réclame l'abrogation de la loi de 2004
Pour Nagib Azergui, ce texte est le point de départ d'une dérive qui n'a cessé de s'amplifier.
"Nous lançons aujourd'hui une pétition pour demander l'abrogation de la loi du 15 mars 2004 contre les signes religieux à l'école. Pourquoi cette demande ? Parce que cette loi a amené dans notre pays une véritable islamophobie décomplexée et institutionnalisée"
, affirme le fondateur de l'UDMF.Selon lui, les mesures restreignant la visibilité des citoyens de confession musulmane dans l'espace public
"se répandent chaque jour un peu plus",
la loi de 2004 ayant ouvert la voie à un empilement d'interdictions.Une chronologie d'interdictions qui s'accumulent
Nagib Azergui dresse la liste des restrictions successives qui, selon lui, découlent de l'esprit de la loi de 2004 :
- 2011 : interdiction du voile intégral dans l'espace public ;
- 2018 : interdiction du voile à l'Assemblée nationale ;
- 2023 : interdiction du port du voile lors des compétitions sportives ;
- 2024 : interdiction de l'abaya à l'école, confirmée par le Conseil d'État ;
- 2025 : interdiction du port du voile pour les avocates plaidant au barreau, validée par le Conseil d'État en mars.
"On l'a vu en 2011, on l'a vu en 2018, on l'a vu en 2023, on l'a vu en 2024 avec l'interdiction de l'abaya ou encore en 2025 avec l'interdiction du port du voile pour les avocats plaidant au barreau"
, énumère-t-il, décrivant une extension continue des restrictions."L'école de la République, c'est l'école de la tolérance"
Au-delà de la contestation juridique, l'UDMF défend une certaine idée de l'école publique.
"Pour nous, l'école de la République, c'est avant tout l'école de la tolérance. L'école qui protège et qui rassemble, non une école qui stigmatise, qui divise, qui exclut et qui fiche les élèves en fonction de leurs convictions religieuses"
, plaide Nagib Azergui.Le fondateur du parti insiste sur la mission d'apprentissage du vivre-ensemble:
"Il est important que l'école de la République apprenne à nos élèves le vivre ensemble au travers de leurs différences et de leurs convictions."
Comment signer et soutenir la pétition de l'UDMF
La campagne s'appuie sur une mobilisation citoyenne directe.
"Pour nous aider dans cette campagne, c'est très simple : il suffit d'aller sur notre site officiel, Union des Démocrates Musulmans Français . Vous serez invité à rejoindre notre campagne, à interpeller vos candidats et à signer cette pétition en ligne"
, détaille Nagib Azergui.Un appel qu'il conclut par une exhortation à la mobilisation collective:
"Chaque signature compte. À vous de jouer."
Un débat qui dépasse l'UDMF
L'UDMF n'est pas la seule voix à réclamer l'abrogation de ce texte. Ces dernières années, plusieurs collectifs enseignants, féministes et syndicaux ont porté des appels similaires, estimant que la loi de 2004 stigmatise avant tout les élèves de confession musulmane. À l'inverse, ses défenseurs y voient un pilier de la laïcité scolaire. En relançant le débat par une pétition, l'UDMF entend replacer la question au centre de la discussion publique, à l'approche des prochaines échéances électorales.
Propos recueillis par Nouvelle Aube auprès de Nagib Azergui, fondateur de l'Union des Démocrates Musulmans Français (UDMF).
A lire également:

International
Canada: une femme musulmane agressée devant son fils

International
Une femme voilée blessée par des tirs à Brest: quinze jours de silence assourdissant

International
Marine Le Pen envisage un référendum pour l'interdiction du voile









