Dix années se sont écoulées depuis la tentative de coup d’État traîtresse du 15 juillet.
Fethullah Gülen, le chef de l’organisation FETÖ (acronyme turc désignant l’Organisation terroriste fethullahiste selon la dénomination officielle de la Türkiye), est mort en 2024. Bien que sa visibilité ait diminué, l’organisation conserve sa cohésion et poursuit ses activités discrètement, en profondeur. Dans ses écoles, notamment celles situées en Afrique, elle continue de former des agents destinés à servir les intérêts des États-Unis et d’Israël, puis à les placer à des postes stratégiques au sein des États. Les membres de l’organisation restent solidaires aux États-Unis et en Europe. En Türkiye également, cette solidarité est maintenue par différents moyens.Au cours de ces dix dernières années, certaines tendances internes au FETÖ ont tenté de faire leur autocritique. D
es groupes ont reconnu que la tentative de coup d’État du 15 juillet avait été menée par le FETÖ et qu’elle constituait une erreur, tout en critiquant la haute direction de l’organisation.
Ces derniers jours, un autre groupe a publié une déclaration annonçant que ses membres avaient quitté l’organisation, qu’ils souhaitaient se réconcilier avec l’État et bénéficier des mesures prises dans le cadre du processus Terörsüz Türkiye (initiative politique visant à mettre fin au terrorisme en Türkiye).Depuis quelque temps, la Türkiye tente de neutraliser l’organisation terroriste séparatiste PKK, responsable de la mort de 50 000 personnes. Pour l’instant, cette initiative progresse avec succès :
le PKK s’est dissous, a annoncé qu’il déposait les armes et ne mène plus d’actions terroristes depuis une période relativement longue. L’organisation a en outre perdu de sa puissance en Syrie et ne s’est pas laissé instrumentaliser contre l’Iran.
Grâce aux dispositions que la Grande Assemblée nationale de Türkiye devrait adopter, le PKK et la question du terrorisme pourraient disparaître complètement de l’ordre du jour, et l’organisation pourrait définitivement lâcher prise sur la Türkiye.Le FETÖ peut-il bénéficier du processus visant le PKK ?
Le FETÖ pourrait-il lui aussi bénéficier de ce processus ? L’État pourrait-il se montrer indulgent envers ses membres et leur accorder une amnistie avec cette bienveillance paternelle consistant à leur dire :
"Que je ne vous revoie plus par ici"
? Une réconciliation serait-elle possible avec une population qui, en Türkiye comme à l’étranger et en comptant les familles, approcherait le million de personnes ?Alors même que l’État de la République de Türkiye est désormais en mesure d’anéantir par la force une organisation aussi sanglante que le PKK, il a préféré l’éliminer dans le calme et sans faire couler davantage de sang. Le
"front intérieur"
s’en trouve ainsi renforcé. Serait-il également possible d’adopter une méthode conciliante à l’égard du FETÖ, dont les membres installés à l’étranger sont utilisés par des puissances étrangères et dont les membres présents dans le pays constituent une menace potentielle susceptible d’être exploitée par ces mêmes puissances, afin de renforcer encore davantage le "front intérieur" ?Cela est évidemment possible, mais à certaines conditions.
Le lancement d’un processus avec le PKK a été rendu possible par la fin du soutien américain à l’organisation et par le fait qu’Israël a été empêché de l’utiliser. Pour qu’une amnistie concernant le FETÖ puisse être envisagée, l’organisation doit d’abord rompre ouvertement et clairement ses liens avec les États-Unis et Israël.
La raison d’être du FETÖ est de servir les intérêts des États-Unis et d’Israël.
La haute direction de l’organisation ne voudra évidemment ni rompre ces liens ni supprimer sa propre raison d’être. Mais la prise de distance de certains membres, leur rupture avec l’organisation et l’annonce sincère de cette rupture constitueraient une première étape.Les éléments de l’organisation qui ont fui la Türkiye ont été accueillis par les pays européens. Le soutien de l’Europe à l’organisation ne découle évidemment pas de préoccupations
"humanitaires"
. Les pays européens utilisent ses membres comme instruments de renseignement ou d’opérations dirigées contre la Türkiye. Tant que les membres de l’organisation ne mettront pas fin à ces activités de sous-traitance et d’espionnage en Europe, aucun assouplissement ne sera possible en Türkiye.Les conditions d’une éventuelle réconciliation
Les éléments du FETÖ, présents aussi bien en Türkiye qu’à l’étranger, prétendent que leur problème concerne l’AK Parti ou Recep Tayyip Erdoğan.
En réalité, ils s’en prennent à l’État de la République de Türkiye, à la nation et parfois même à l’islam.
Chaque membre du FETÖ doit reconnaître qu’il s’est engagé sur une mauvaise voie, qu’il a servi une organisation déviante, qu’il a été au service du sionisme et qu’il a appartenu à une organisation ayant tué des êtres humains dans ce but. Il doit se débarrasser de la colère, de la haine et du désir de vengeance qu’il a accumulés, sortir de cet état pathologique et examiner la question sur une base saine et raisonnable.
Chaque membre du FETÖ doit également comprendre que la réaction dirigée contre lui ne vient pas uniquement de l’AK Parti ou de ses électeurs, mais de l’ensemble des citoyens de la République de Türkiye, et que cette attitude ne changera pas même en cas d’alternance politique.
Les membres du FETÖ n’arriveront à rien en infiltrant certains partis politiques et en se présentant comme des
"ultra-kémalistes",
des racistes, des militants de gauche ou des défenseurs des Alévis. Leur dernier bastion était le CHP, le Parti républicain du peuple, et leur dernier espoir était Ekrem İmamoğlu. İmamoğlu est en prison et ne représente désormais plus un espoir pour personne. Le CHP se débarrasse de ses impuretés, à commencer par le FETÖ. Quant à Özgür Özel, nul ne sait s’il pourra même se sauver lui-même.
Les membres du FETÖ doivent désormais comprendre qu’ils n’obtiendront rien en Türkiye en s’infiltrant sournoisement. Partout où ils se regrouperont, ce foyer sera anéanti. Ils sont contraints d’accepter cette réalité.
Les tentatives du FETÖ visant à reprendre de la vigueur dans la bureaucratie, au sein de l’appareil d’État et, plus particulièrement, dans les activités économiques sont également surveillées de très près par l’État comme par la nation.
En résumé, si les membres du FETÖ souhaitent bénéficier d’une initiative semblable à celle engagée à l’égard du PKK, ils doivent d’abord maîtriser leurs ambitions, leur rancœur et leur colère, sortir de la maladie et de la déviance dans lesquelles ils sont tombés, renoncer à leurs activités clandestines, démissionner de leur servitude envers le sionisme et prendre leurs distances avec l’organisation.
Prévenons-les : à l’occasion du dixième anniversaire du 15 juillet, un nouveau coup de poing contre les membres du FETÖ est imminent dans tous les domaines où ils tentent de relever la tête, à commencer par les repaires où ils se sont regroupés dans la sphère politique. Les conditions sont réunies pour que ce coup soit porté avec la plus grande fermeté.
Dans un contexte où Israël désigne la Türkiye comme une cible, ni Özgür Özel ni Ekrem İmamoğlu ne pourront désormais protéger les membres du FETÖ au service d’Israël.
La dernière porte de sortie approche pour les résidus du FETÖ : soit ils rempliront les conditions, se repentiront et demanderont pardon, soit plus personne ne parlera jamais d’eux.

