11:49, 17/09/2026, jeudi
MICAS: un imam écarté de Paris pendant la visite du pape
Pour la troisième fois en un an et demi, la police a sonné chez Noureddine Aoussat, 65 ans, ancien enseignant à la Sorbonne. Une MICAS lui interdit désormais plusieurs rues et places de Paris pendant la visite du pape Léon XIV, du 25 au 28 septembre. Aucune poursuite n'a jamais été engagée contre lui. Il dénonce une sanction liée à son soutien au peuple palestinien.
Noureddine Aoussat, 65 ans, a de nouveau reçu la visite de la police. C'est la troisième fois en un an et demi. Cette fois, les agents lui font signer une interdiction de paraître.
La mesure s'applique du 25 au 28 septembre, pendant la visite du pape Léon XIV. Ancien enseignant à la Sorbonne, Aoussat prêche depuis plus de trente ans. Il n'a pourtant jamais été poursuivi.
Une MICAS, sans juge ni procès
Le document porte un nom technique: mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (MICAS). Aucun juge ne l'examine. Aucun procès ne l'accompagne.
Face caméra, Aoussat déplie une carte. Il lit la liste des rues, quais, boulevards et places désormais interdits. Ainsi, un périmètre entier de Paris lui devient inaccessible, sans qu'aucune infraction n'ait été établie.
Vingt ans d'enseignement, aucune poursuite
L'homme a enseigné près de vingt ans dans le supérieur. En février 2025 déjà, son domicile avait été perquisitionné à l'aube. Cette perquisition n'avait débouché sur aucune suite judiciaire.
Cette absence de poursuite constitue, selon lui, la preuve même de son innocence.
"On t'accuse de choses très, très graves, mais on n'ose jamais de poursuite, ce qui veut tout simplement signifier que c'est du faux, c'est du vent"
, affirme-t-il."Ce qui arrive quand vous osez soutenir un peuple"
Pour Aoussat, le motif administratif ne trompe personne. Il y voit une sanction politique, liée à ses prises de position publiques.
"Voilà ce qui arrive quand vous osez en France aujourd'hui soutenir un peuple qui subit un génocide"
, déclare-t-il. Cette phrase résume, selon lui, l'ensemble de son dossier.Un cas qui interroge l'usage des MICAS
Un universitaire de 65 ans, sans casier judiciaire, sans procès, se retrouve donc écarté de rues entières. Cette situation relance le débat sur l'usage des mesures administratives de surveillance en France.
Ces mesures échappent en effet au contrôle d'un juge pénal. C'est pourquoi plusieurs voix critiques y voient un outil de restriction des libertés, appliqué en dehors de toute procédure judiciaire classique.
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