France: Un imam dans le viseur de Retailleau pour avoir dit "fatwa"

En France, l’imam Noureddine Aoussat dénonce un signalement à son encontre par le ministre de l’Intérieur Bruneau Retailleau, qui l’accuse au titre de l’article 40 d'avoir menacé l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, qui avait récemment appelé dans une vidéo à une loi pour interdire le voile aux moins de quinze ans. Le religieux fustige une manipulation politique visant à le discréditer, alors qu’il doit comparaître dans une semaine pour une plainte contre l’État. Le mot "fatwa", utilisé dans la vidéo, a été selon lui volontairement déformé pour servir une campagne médiatique islamophobe, détournant le débat de fond sur les discriminations, notamment autour du port du voile. Aoussat rappelle son engagement citoyen depuis 40 ans, sa parole libre et pacifique. Il s’inscrit dans une liste d’imams visés par l’État, tels Hassan Iquioussen ou Ismaïl de Marseille. Il appelle à la vigilance face à une stratégie politique visant à faire taire les voix musulmanes critiques.
Une "cabale politique" pour faire taire les "imams libres"
Le 17 juin, l’imam a publié un communiqué de plusieurs pages après avoir appris via la station Europe 1 que le ministre de l’Intérieur Bruneau Retailleau avait signalé au titre de l’article 40 une vidéo qu’il avait publiée sur Facebook le 21 mai dernier.
Un mot détourné: "fatwa"
Le cœur de la polémique porte sur l’usage du mot "fatwa" dans ladite vidéo. Pour Aoussat, ce mot — littéralement "avis religieux" — a été dévoyé à dessein pour le lier à une menace à l’encontre du Premier ministre Gabriel Attal.
La question du voile comme toile de fond
Une répression ciblée des voix musulmanes critiques
Le cas de Noureddine Aoussat n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une longue série d’initiatives gouvernementales visant à museler les imams jugés trop indépendants ou critiques envers les politiques publiques.
Parmi les précédents marquants, figure l’imam Hassan Iquioussen, poussé à l’exil en 2022 après une expulsion contestée par de nombreuses ONG. Ou encore l’imam Ismail de Marseille, dont les prêches trop engagés lui ont valu une mise à l’écart médiatique et institutionnelle, malgré son ancrage local et son discours pacificateur.
Sous couvert de lutte contre le séparatisme, la Macronie semble entretenir une forme d’acharnement contre ces figures religieuses, les forçant soit au silence, soit à quitter le territoire. Des procédés dénoncés par de nombreux observateurs comme contraires à la liberté d’expression et à la pluralité des opinions dans un État démocratique.
Une justice espérée, une vigilance citoyenne exigée
A lire également:






Les commentaires que vous publiez sur notre site constituent une ressource précieuse pour les autres utilisateurs. Veuillez faire preuve de respect envers les opinions différentes et les autres membres. Évitez tout langage grossier, offensant, dégradant ou discriminatoire.