16:58, 06/11/2026, vendredi
Gilets jaunes: plainte contre le préfet, cap Concorde
Ce vendredi 6 novembre, la coordination nationale des Gilets jaunes est ressortie sans accord de la préfecture de police de Paris. Elle annonce une plainte pénale contre le préfet pour entrave au droit de manifester. La préfecture voulait l'orienter vers le cortège syndical République-Nation. Les porte-parole maintiennent pourtant leur rassemblement place de la Concorde samedi 7 novembre, de 14 h à 19 h, et appellent à la désobéissance civile.
La coordination nationale des
Gilets jaunes
refuse de plier. Ce vendredi 6 novembre, ses porte-parole sont ressortis de la préfecture de police de Paris sans accord. Ils annoncent une plainte pénale contre le préfet de police. Ils maintiennent aussi leur rassemblement place de la Concorde, samedi 7 novembre, de 14 h à 19 h.Une négociation qui tourne à la fin de non-recevoir
Convoqués vendredi matin, les porte-parole venaient défendre leur lieu de rassemblement. Pendant une heure, un gradé de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) les a écoutés. Puis il a refusé la Concorde.
"Ce n'est pas du tout des négociations"
, tranche Azelma Sigaux, co-porte-parole. D'après Actu Paris, la préfecture aurait d'ailleurs interdit le rassemblement déclaré. Pour la coordination, la Concorde reste pourtant "un lieu désertique"
, sans risque pour l'ordre public.Un renvoi vers le cortège syndical
Le motif avancé surprend. Une manifestation de l'intersyndicale part samedi à 14 h, sur un parcours République-Nation validé par la préfecture. La DOPC a donc estimé que les Gilets jaunes devaient s'y joindre.
Or, les revendications divergent. Les syndicats défendent le pouvoir d'achat. En revanche, les Gilets jaunes réclament la démocratie directe (RIC), le blocage des prix et la suppression de Parcoursup.
"On nous impose d'aller à une manifestation qui ne nous concerne pas",
déplore Benjamin Ball, porte-parole.Une plainte pénale contre le préfet de police
La coordination a déposé jeudi 5 novembre une plainte pénale pour
"entrave au droit de manifester"
. Elle vise le préfet de police "en personne"
. Une plainte n'établit toutefois aucune culpabilité: le préfet reste présumé innocent.Par ailleurs, le mouvement appelle les manifestants blessés ou empêchés à saisir le procureur de la République. Il dénonce des entraves répétées
"depuis plusieurs semaines".
Macron et le droit de manifester
Pour la coordination, la décision découle de l'Élysée. Le 22 octobre, Emmanuel Macron a annoncé que seules les manifestations syndicales seraient autorisées le samedi suivant. Azelma Sigaux résume:
"Les gens n'auront plus le droit de manifester sauf s'ils sont syndicalisés, en gros."
Le Conseil d'État a rejeté les recours contre ces propos le 23 octobre.
Pourquoi la Concorde: désobéir et s'asseoir
"Nous désobéirons"
, prévenait Azelma Sigaux dès lundi sur X. Selon la coordination, 82 % des 31 000 personnes sondées veulent y aller.Face au risque d'affrontements, elle mise sur la non-violence.
"Nous, on s'assiera par terre"
, annonce un porte-parole. Il assume aussi l'éventualité d'une interpellation: "Si jamais ils nous embarquent, dont acte."
Enfin, la coordination appelle l'intersyndicale à annuler son parcours et à la rejoindre. Selon elle, la stratégie du 5 novembre a échoué, avec des banderoles arrachées et des manifestants matraqués. Ces accusations restent à vérifier de façon indépendante.
Deux rendez-vous coexisteront à Paris samedi: un cortège syndical autorisé et un sit-in contesté. Le second testera la réponse du pouvoir face à la désobéissance civile.
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