12:23, 15/10/2026, jeudi
Palestine Convoy: bloqué à la frontière irakienne, le convoi annonce la poursuite de sa mobilisation
Le Palestine Convoy, qui réunissait près de 500 participants, six bus, une dizaine de voitures et une ambulance, a été bloqué pendant plus d'une semaine à la frontière irakienne. Parti de Paris, le convoi avait traversé plusieurs pays européens avant de rejoindre La Türkiye. Son organisateur revient sur les négociations avec les autorités, la solidarité rencontrée sur le parcours et les objectifs de cette mobilisation en faveur des Palestiniens. Il évoque également les tensions autour du passage frontalier et annonce la préparation de nouvelles actions internationales.
Près de 500 participants, six bus, une dizaine de voitures et une ambulance: le Palestine Convoy avait pour ambition de poursuivre son itinéraire vers la Palestine dans le cadre d'une mobilisation internationale en faveur de la population palestinienne.
Parti de Paris, le convoi a traversé plusieurs pays européens avant de rejoindre La Türkiye, puis de se diriger vers l'Irak. Mais à la frontière irakienne, les participants ont été empêchés de poursuivre leur route.
Dans cette interview, l'un des organisateurs revient sur les objectifs de l'initiative, les négociations menées avec les autorités et les perspectives d'une nouvelle mobilisation.
L'objectif du Palestine Convoy était de maintenir la situation à Gaza et dans les territoires palestiniens au centre de l'attention internationale. Selon son organisateur, cette initiative s'inscrivait dans la continuité d'autres mobilisations, notamment les marches en direction de Gaza et les flottilles de solidarité avec les Palestiniens.
L'organisateur explique que le convoi entendait également attirer l'attention sur la situation en Cisjordanie, où il dénonce les violences, les confiscations de terres et l'expansion des colonies israéliennes. Il estime que la mobilisation internationale doit se poursuivre afin que la situation dans ce territoire ne se dégrade davantage.
Un itinéraire international placé sous le signe de la solidarité
Le convoi a débuté son parcours à Paris, avant de faire étape à Strasbourg, devant le Parlement européen. Les participants souhaitaient interpeller les institutions européennes et internationales sur leurs responsabilités face à la situation dans les territoires palestiniens.
L'organisateur appelle notamment les gouvernements et les institutions internationales à prendre des mesures concrètes. Il leur reproche leur inaction et considère que certains acteurs internationaux contribuent, directement ou indirectement, à maintenir la situation actuelle.
Le parcours s'est ensuite poursuivi dans plusieurs pays des Balkans. L'étape de Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, revêtait une importance particulière pour les organisateurs. Ils souhaitaient établir un parallèle entre les échecs de la communauté internationale face aux massacres de la guerre de Bosnie et la situation actuelle des Palestiniens.
L'organisateur rappelle notamment le massacre de Srebrenica, en juillet 1995, au cours duquel plus de 8 000 hommes et garçons bosniaques ont été tués. Il évoque la présence des forces internationales et l'incapacité de celles-ci à empêcher le massacre.
À travers cette étape, les participants voulaient souligner, selon leurs propres termes, les conséquences de l'inaction internationale face aux crimes de masse.
Le convoi a ensuite traversé l'Albanie, le Monténégro et la Grèce. D'après l'organisateur, les participants ont bénéficié d'un accueil chaleureux dans les différentes villes visitées. Des rassemblements ont été organisés, des personnalités locales ont pris part aux rencontres et des habitants ont contribué à l'hébergement et à la restauration des participants.
L'organisateur décrit cette mobilisation comme une expérience de solidarité transnationale. Il souligne que les soutiens locaux ont facilité le déplacement du convoi et permis aux participants de poursuivre leur itinéraire dans de bonnes conditions jusqu'à leur arrivée en la Türkiye.
Le passage par la Türkiye a constitué une étape importante de la préparation. Plusieurs rencontres et activités ont été organisées à Istanbul, Ankara, Konya et Gaziantep. Le convoi y a passé une dizaine de jours avant de se diriger vers l'Irak.
Plus d'une semaine de blocage à la frontière irakienne
L'itinéraire prévoyait un passage par l'Irak, puis une progression vers la Jordanie et la Syrie, dans le cadre du parcours envisagé par les organisateurs pour se rapprocher de la Palestine. Mais à la frontière entre la Türkiye et l'Irak, au poste-frontière de Habur, appelé Ibrahim Khalil du côté irakien, les participants ont été empêchés de poursuivre leur route.
Selon l'organisateur, le convoi disposait des accords qu'il estimait nécessaires pour continuer son trajet, notamment en direction d'Erbil. Malgré cela, les autorités frontalières ont refusé de laisser passer les véhicules.
Les participants ont alors engagé des négociations afin d'obtenir l'autorisation de poursuivre leur parcours. Ils ont expliqué aux autorités qu'ils participaient à une initiative pacifique de solidarité et qu'ils transportaient notamment une ambulance destinée à soutenir leur démarche humanitaire.
Les discussions se sont prolongées pendant plus d'une semaine. L'organisateur décrit des conditions particulièrement difficiles, avec des températures atteignant environ 55 °C à certains moments. Il souligne le rôle du Croissant-Rouge turc, qui a apporté une assistance sanitaire et alimentaire aux participants pendant leur attente.
Malgré les démarches entreprises, le convoi n'a pas obtenu l'autorisation de poursuivre son itinéraire. Les organisateurs ont finalement décidé de suspendre cette étape de leur mobilisation, tout en annonçant leur intention de préparer de nouvelles initiatives.
L'organisateur indique également avoir sollicité l'ambassadeur irakien en France afin de faciliter le passage du convoi. Il affirme ne pas avoir obtenu de réponse favorable à cette demande.
Selon son témoignage, les autorités présentes sur place attendaient une décision de l'administration nationale. Il avance par ailleurs l'hypothèse de pressions israéliennes exercées indirectement sur les autorités irakiennes par l'intermédiaire de la Jordanie, en raison des accords entre ces deux pays. Cette interprétation n'a pas été corroborée de manière indépendante dans le cadre de cette interview.
Gaza et Cisjordanie au centre des préoccupations
Au-delà du blocage frontalier, l'organisateur estime que le convoi a atteint une partie de ses objectifs en attirant l'attention sur la situation palestinienne. Il insiste sur la nécessité de maintenir la question de Gaza dans le débat public international, tout en accordant davantage d'attention à la Cisjordanie.
Il dénonce les violences commises contre les Palestiniens, les déplacements de population et l'expansion des colonies israéliennes. Selon lui, l'évolution de la situation en Cisjordanie justifie une mobilisation internationale accrue.
L'organisateur affirme également que le Palestine Convoy aurait été classé par les services de renseignement israéliens parmi les initiatives présentant un niveau de risque particulièrement élevé. Il oppose cette appréciation à ce qu'il décrit comme le caractère pacifique et transparent de l'action, organisée avec des véhicules et une ambulance. Cette affirmation n'a pas été vérifiée indépendamment.
Malgré l'échec du passage en Irak, les organisateurs ne considèrent pas leur mobilisation comme terminée. Ils annoncent la préparation d'autres projets d'envergure internationale et invitent leurs soutiens à suivre leurs réseaux sociaux pour connaître les prochaines initiatives.
L'intervenant remercie les associations et les organisations qui ont contribué au déroulement du convoi, ainsi que les habitants des pays traversés. Il adresse également un message de soutien aux prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes et aux militants engagés en faveur de la cause palestinienne.
Enfin, il rappelle que, selon lui, aucun État ne doit être soustrait aux règles du droit international. Il demande que les responsabilités éventuelles des États et des acteurs impliqués dans les crimes dénoncés soient examinées par les juridictions compétentes.
Pour l'organisateur, la poursuite de la mobilisation est indissociable de cette exigence de justice. Le Palestine Convoy n'a pas atteint sa destination, mais ses participants entendent transformer cette expérience en point de départ de nouvelles actions de solidarité internationale.
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