Élections israéliennes: “Netanyahu doit gagner”
17:20, 27/10/2026, mardi
Yeni Şafak

David BizetNouvelle Aube
Ramadan Gjanaj, géopolitologue basé à Bruxelles, lors de son entretien avec Nouvelle Aube avant les élections israéliennes.Ramadan Gjanaj, géopolitologue basé à Bruxelles, accuse l'Union européenne de double jeu à la veille des élections israéliennes. Selon lui, Bruxelles juge les dirigeants sur leur utilité, non sur leurs actes. Il cite Netanyahou, visé par la CPI, le verdict de La Haye contre Thaçi et les négociations avec la Serbie. Il estime aussi qu'une Türkiye membre de l'UE ferait contrepoids à l'impunité d'Israël.
Le propos surprend.
Ramadan Gjanaj
l'assume pourtant: "j'espère que Netanyahou gagne les élections, afin d'empêcher l'Union européenne de considérer qu'Israël est redevenu le pays démocratique qu'il était avant l'arrivée de Netanyahou"
. Selon lui, l'Europe ne s'oppose pas au Premier ministre israélien par attachement au droit. Elle s'en éloigne parce qu'il lui coûte.Netanyahu est devenu un poids pour l'Europe
En effet, la Cour pénale internationale (CPI) a délivré des mandats d'arrêt contre Benjamin Netanyahou et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Les chefs d'accusation sont des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité à Gaza. Pour Gjanaj, le chef du gouvernement
"est devenu un poids pour les dirigeants de l'Union européenne".
Bruxelles chercherait donc un successeur présentable.
"Ils s'en fichent de qui c'est, du moment que ce ne soit pas celui qui est poursuivi"
, affirme-t-il. Ainsi, il redoute l'après-Netanyahou."Vous verrez les Européens retourner dans les bras d'Israël"
, prévient-il, avec "les nouveaux démocrates"
. Ceux-ci n'auraient, dit-il, "aucune différence de fond concernant la Palestine avec Netanyahou".
Ce que disent les sondages
Dans les enquêtes d'opinion, le Likoud arrive en tête avec 25 sièges. Le parti Yashar de Gadi Eisenkot suit avec 21, selon un sondage Direct Polls pour i24NEWS réalisé le 18 octobre. L'échantillon compte 525 personnes.
Par ailleurs, Naftali Bennett reste plus loin. Gjanaj le cite parmi les successeurs possibles. Son parti Beyahad est crédité de 10 élus dans une autre enquête du même institut.
Les Balkans, un précédent
Pour le géopolitologue, ce scénario s'est déjà joué. Le 16 septembre, les Chambres spécialisées du Kosovo, à La Haye, ont condamné Hashim Thaçi et trois autres anciens chefs de l'UCK pour crimes de guerre. Thaçi et Krasniqi écopent de 25 ans de prison. Veseli reçoit 18 ans, Selimi 13 ans.
Cependant, les juges ont acquitté les accusés des crimes contre l'humanité. Ils ont estimé que l'accusation n'avait pas prouvé d'attaque généralisée ou systématique contre une population civile.
Gjanaj en tire sa propre lecture. Le tribunal aurait jugé, dit-il,
"qu'il n'y avait pas de crime contre l'humanité au Kosovo qui avait été perpétré par la partie albanaise".
Il reconnaît toutefois l'essentiel: "Il n'y a pas de guerre qui est propre".
Les luttes de clans au sein de l'UCK ont fait des morts. La population kosovare attendait de savoir ce qu'étaient devenus les Albanais tués.Ce qu'il juge incompréhensible, c'est l'écart avec le passé. Selon lui, l'Europe considère
"que des crimes individuels étaient beaucoup plus importants et méritaient une sanction plus importante que les crimes contre l'humanité dont le Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie a dû statuer".
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