Israël: des comptes soupçonnés d’influence étrangère supprimés avant les législatives
16:52, 22/10/2026, jeudi
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Jack GuezAFP
À quelques jours des législatives du 27 octobre, le Shin Bet supprime des comptes soupçonnés d'ingérence étrangère. À quelques jours des législatives israéliennes du 27 octobre, le Shin Bet annonce la suppression de nombreux comptes soupçonnés d'avoir servi à des opérations d'influence étrangère. L'opération associe le parquet général et la Commission électorale centrale. Pourtant, le communiqué ne dit rien de l'identité ni de l'origine des comptes. Notre article fait le point sur le contexte, les accusations visant Türkiye et le sort des Palestiniens.
Israël a supprimé de nombreux comptes sur les réseaux sociaux. Le Shin Bet, son service de sécurité intérieure, les soupçonne d'avoir servi à des opérations d'influence étrangère. L'annonce tombe à quelques jours des
élections législatives
du 27 octobre.Ingérence étrangère: ce que le Shin Bet a annoncé
Le Shin Bet a confirmé la suppression de ces comptes dans un communiqué. Il a mené l'opération avec l'unité Internet du parquet général et la Commission électorale centrale. Ainsi, trois institutions ont agi de concert, selon l'agence Anadolu (AA).
Le service présente la mesure comme un effort commun. Son but affiché:
"préserver l'intégrité des élections"
et empêcher les tentatives illégales d'ingérence étrangère
. En clair, les autorités veulent montrer qu'elles protègent le scrutin.Une annonce qui laisse beaucoup de questions sans réponse
Le communiqué reste très flou. Il ne donne ni l'identité des détenteurs des comptes supprimés, ni leur origine. La nature de leurs liens présumés avec les opérations d'influence demeure également inconnue.
Cette opacité pose un problème. Sans preuve publique, personne ne peut juger du bien-fondé de la mesure. Par conséquent, la prudence s'impose: des comptes ont disparu, mais nul ne sait encore lesquels.
Des législatives sous haute tension
Les Israéliens voteront le 27 octobre pour désigner les 120 députés de la Knesset. Ce sera le premier scrutin national depuis le 7 octobre 2023, rappelle le Jerusalem Post.
La Knesset s'est dissoute en juillet après un mandat complet. C'est une première depuis 1988, note Al Jazeera. Pour la chaîne, ce vote ressemble à un référendum sur Benjamin Netanyahou. Il porte aussi sur ses guerres à Gaza, au Liban et en Iran.
Les sondages restent serrés. En août, l'institut polonais PISM donnait le Likoud en tête, avec environ 23 sièges. Selon ses chiffres, la coalition actuelle pouvait espérer une cinquantaine de sièges sur 120.
Des alertes lancées depuis des mois
Cette annonce n'arrive pas de nulle part. Fin juillet, le directeur du Shin Bet, David Zini, devait exposer des indices d'ingérence à une sous-commission classifiée de la Knesset. Le Jerusalem Post le rapporte.
Par ailleurs, Ynet rapporte, en citant Channel 13, que Zini place cette menace au deuxième rang de ses priorités. Seul le risque d'attentats de masse passe avant. Selon ces informations, il évoque l'Iran, la Russie et la Chine.
Le Contrôleur de l'État a lui aussi tiré la sonnette d'alarme. Son rapport juge la préparation du pays "fondamentalement" déficiente, selon Ynet. Israël n'avait ni politique nationale ni organisme chargé de coordonner la riposte, précise le Jerusalem Post.
Enfin, l'ONG FakeReporter et l'institut Brandeis ont recensé 46 réseaux d'influence étrangers actifs en Israël. Environ un quart serait lié à l'Iran, d'après leur rapport relayé par Ynet. L'origine de 56 % de ces réseaux reste inconnue.
Israël, un État qui pratique lui aussi l'influence
Cette campagne contre l'ingérence étrangère ne manque pas d'ironie. Selon un article publié par Al-Monitor, Israël investit depuis longtemps dans des campagnes d'influence à l'étranger.
Ainsi, un État qui dénonce l'influence venue de l'extérieur la pratique lui-même hors de ses frontières. Cette contradiction mérite d'être rappelée, surtout quand Israël se présente en victime de manipulations numériques.
Les Palestiniens, absents du vote mais premiers concernés
Les Palestiniens de Gaza et de Palestine occupée (Cisjordanie) n'ont pas voix au chapitre le 27 octobre. Pourtant, ce scrutin décidera en partie de leur sort.
Al Jazeera décrit des ministres qui transforment des lancements de colonies en événements de campagne. Ces colonies sont illégales au regard du droit international. Le 27 septembre, Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a même parlé devant une banderole appelant à
"s'installer à Gaza".
Malgré le génocide commis à Gaza, des analystes cités par Al Jazeera jugent le vote surtout dicté par des enjeux intérieurs. Autrement dit, la chasse aux comptes suspects ne règle pas l'essentiel. L'occupation, la colonisation et la guerre pèsent toujours sur la campagne.
Le Shin Bet affirme défendre l'intégrité du vote. Il doit maintenant le démontrer. Tant qu'il ne détaille ni les comptes ni leur origine, son annonce reste une simple déclaration d'intention. Nouvelle Aube continuera de suivre ce scrutin et ses conséquences pour la Palestine.
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