France: CNews menacée de poursuites pour le retour de Fedorova
17:39, 10/09/2026, jeudi
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Le ministre français de l'Intérieur Laurent Nunez.Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a averti la chaîne CNews qu'elle risquait des poursuites pénales si Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France visée par un arrêté d'expulsion, revenait à l'antenne, selon la presse française.
Mise en garde du ministère de l'Intérieur
Dans un courrier adressé mercredi à Martin Ajdari, président de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), et révélé jeudi par le quotidien Le Monde, Laurent Nunez rappelle que l'ancienne directrice de RT France fait l'objet depuis fin juillet d'un arrêté d'expulsion du territoire français.
Le ministre de l'Intérieur a explicitement menacé la chaîne d'information de poursuites pénales si elle permettait à Xenia Fedorova de reprendre ses activités à l'antenne, soulignant la gravité juridique d'une telle décision.
Cette mise en garde intervient alors que CNews avait annoncé début septembre le prochain retour de la journaliste en qualité de chroniqueuse.
Les autorités françaises accusent Fedorova de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation par la manipulation de l'information et le débat public.
Accusations d'ingérence étrangère
Les autorités françaises estiment que l'ancienne directrice de RT France a commis des actes d'ingérence au bénéfice de la Fédération de Russie, manipulant l'information pour influencer le débat public français.
De plus, le cas de Fedorova s'inscrit dans un cadre plus large de vigilance accrue des pouvoirs publics face aux opérations d'influence présumées de Moscou sur le territoire national.
En outre, la chaîne CNews, propriété du groupe Canal+, fait déjà l'objet de multiples critiques pour sa ligne éditoriale et l'accueil réservé à des personnalités polémiques.
Toutefois, la menace de poursuites pénales marque une escalade sans précédent dans les relations entre l'État et ce média privé.
Contexte électoral et précédentes alertes
La polémique autour de Xenia Fedorova avait déjà été soulevée début septembre par le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, dans le cadre de ses mises en garde contre les tentatives d'ingérence étrangère à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.
Barrot avait estimé que des acteurs étrangers cherchaient à exploiter les divisions de la société française, à manipuler le débat public et à peser sur les choix des citoyens, citant notamment la propagande, les faux comptes, les financements opaques, les contenus générés par intelligence artificielle et les cyberattaques.
Évoquant spécifiquement Fedorova, le chef de la diplomatie française avait insisté sur la nécessité de distinguer la liberté d'expression des opérations d'ingérence, selon des déclarations rapportées par la presse parisienne.
Ainsi, le gouvernement entend dresser un rempart juridique contre les influences présumées russes avant la prochaine échéance électorale.
Contestations et réponses officielles
Xenia Fedorova conteste fermement les accusations formulées à son encontre et a notamment demandé à Jean-Noël Barrot de rendre publics les éléments étayant les accusations d'ingérence russe.
Par ailleurs, les autorités russes ont rejeté l'ensemble des accusations françaises, le ministère russe des Affaires étrangères les ayant qualifiées d'infondées.
L'ambassade de Russie en France a également affirmé que Moscou ne s'ingérait pas dans les affaires intérieures des États souverains, selon les déclarations diplomatiques relayées par les agences de presse.
Pour rappel, l'arrêté d'expulsion visant Fedorova avait été notifié fin juillet, peu après la dissolution de RT France sur décision du Conseil d'État en mars 2022.
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