La rédaction
16:14, 17/09/2026, jeudi

Syrie: il démolit le mur qui cachait sa bibliothèque interdite à Damas

Un Syrien exilé au Koweït en 2011 a démoli, à Damas, le mur qu'il avait bâti pour cacher sa bibliothèque personnelle. Craignant le régime de Bachar al-Assad, il avait dissimulé des ouvrages politiques et religieux jugés interdits. La chute du régime, en décembre 2024, a rendu ce retour possible. La vidéo de la démolition circule largement, mais son identité n'est pas encore confirmée par une source indépendante.

À Damas, un vieux mur de béton vient de tomber. Il cachait une bibliothèque entière depuis 2011.

Un habitant syrien, rentré d'exil, a filmé le moment. La vidéo montre des rayonnages intacts, chargés de livres et de revues.

Cet homme avait bâti ce mur avant de fuir vers le Koweït. Il redoutait alors les représailles du régime de Bachar al-Assad. Ses ouvrages, jugés politiques ou religieux, pouvaient valoir la prison.

Quinze ans plus tard, la chute du régime change la donne. L'homme a pu rentrer chez lui. Il a choisi de rouvrir ce pan secret de sa maison, cette fois à visage découvert.

Ce que montre la vidéo tournée à Damas

Les images ont circulé largement sur les réseaux sociaux, la semaine du 15 septembre 2026. On y voit un homme marteau à la main, frappant un mur intérieur.

Le mur cède par pans entiers. Derrière, des étagères en bois apparaissent, couvertes de poussière mais intactes.

Des centaines de livres et de magazines s'alignent encore, comme figés dans le temps. Personne n'y avait touché depuis leur mise à l'abri, fin 2011.

Une bibliothèque interdite cachée dès la fin de l'année 2011

L'histoire remonte à l'automne 2011. La révolte syrienne vient d'éclater. Le régime de Bachar al-Assad durcit alors sa répression contre toute forme de dissidence.

Cet homme décide de partir. Cependant, il refuse d'abandonner sa collection personnelle, accumulée pendant des décennies.

Il choisit donc de la dissimuler. Il monte un mur de béton à l'intérieur de son propre logement, juste devant les rayonnages. Ainsi, ses
livres interdits
restent invisibles aux yeux des services de sécurité.

Le Koweït, une destination parmi d'autres exils

L'homme s'installe ensuite au Koweït. Ce pays du Golfe accueille depuis longtemps une diaspora syrienne active, notamment dans le commerce et l'ingénierie.

Par ailleurs, des centaines de milliers de Syriens fuient le pays après 2011. Certains rejoignent la Türkiye, qui héberge aujourd'hui la plus importante communauté de réfugiés syriens au monde. D'autres choisissent le Liban, la Jordanie ou les monarchies du Golfe.

Le choix du Koweït reste toutefois propre à ce dossier précis. Aucun autre détail sur le parcours professionnel ou familial de cet homme n'a pour l'instant été communiqué.

Le régime d'Assad et la chasse aux livres interdits

La censure syrienne ne datait pas de 2011. En effet, elle remontait à l'arrivée au pouvoir de Hafez al-Assad, dans les années 1970.

Son fils, Bachar al-Assad, a ensuite prolongé ce contrôle strict sur l'écrit. Les services de renseignement surveillaient les librairies, les bibliothèques privées et les cercles de lecture.

Un libraire damascène racontait récemment à un média arabophone que ses locaux avaient déjà été fouillés dans les années 2010. Les agents de sécurité avaient alors confisqué plusieurs centaines d'ouvrages jugés subversifs.

Quels ouvrages pouvaient mener en prison

Trois catégories de textes concentraient l'essentiel des soupçons. D'abord, les écrits sur l'histoire politique du pays, hors du récit officiel du parti Baas.

Ensuite, les témoignages de prisonniers politiques, souvent qualifiés d'"adab al-sijn", la littérature carcérale. Enfin, certains ouvrages religieux, en particulier ceux liés à des courants jugés proches de l'opposition islamiste.

Posséder l'un de ces livres suffisait parfois à justifier une arrestation. C'est pourquoi tant de Syriens ont préféré les cacher plutôt que les détruire.

La chute de Bachar al-Assad rend le retour possible

Le régime s'effondre en décembre 2024, après plus de cinquante ans de pouvoir de la famille Assad. Bachar al-Assad fuit alors vers la Russie.

Cette chute ouvre une période inédite pour des millions de Syriens exilés. De plus, beaucoup envisagent désormais un retour, au moins temporaire, pour renouer avec leur maison, leurs proches ou, comme ici, leurs souvenirs enfouis.

L'homme filmé à Damas s'inscrit dans ce mouvement. Il rentre au pays et retrouve sa maison intacte. Le mur, lui, tient toujours debout. Alors, il décide de le démolir lui-même, cette fois sans se cacher.

Ce que cette vidéo ne permet pas encore de vérifier

Cette histoire repose pour l'instant sur une seule vidéo, largement relayée par des comptes syriens sur les réseaux sociaux. Un média libanophone l'a reprise le 17 septembre 2026.

Aucune agence de presse internationale n'a, à ce jour, confirmé l'identité de cet homme. Sa date exacte de retour en Syrie reste, en revanche, inconnue.

La vidéo ne précise pas non plus le nombre exact de livres retrouvés. Mieux vaut donc considérer ces détails au conditionnel, en attendant une source indépendante.

Livres interdits et mémoire confisquée: un écho jusqu'à Gaza

Cette scène dépasse le seul cas syrien. Partout où le pouvoir craint les idées, les livres deviennent des cibles.

En Palestine occupée (Cisjordanie) comme à Gaza, la circulation de certains ouvrages reste aussi surveillée ou entravée. Des frappes israéliennes ont par exemple détruit en 2021 la librairie Samir Mansour, l'une des plus grandes de Gaza. Une collecte internationale l'a ensuite reconstruite.

D'un pays à l'autre, le même geste se répète: cacher un livre, puis le ressortir, dès que la peur recule. Le mur de Damas raconte ainsi une histoire bien plus large que celle d'un seul homme.

A lire également:

Syrie: Israël se retire après une incursion à Daraa
International
Syrie: Israël se retire après une incursion à Daraa
Syrie : 7 morts dans une mutinerie à Kobané
International
Syrie : 7 morts dans une mutinerie à Kobané
Syrie: 4 morts dans l’explosion d’un dépôt à Idlib
International
Syrie: 4 morts dans l’explosion d’un dépôt à Idlib
Syrie: nouveau raid israélien à Quneitra
International
Syrie: nouveau raid israélien à Quneitra
Fin de page
Le patrimoine de la Turquie. Groupe de médias international.

Bienvenue sur la source d'information qui façonne l’actualité en Turquie ! Avec son approche journalistique impartiale, dynamique et approfondie, Nouvelle Aube – Yeni Şafak offre à ses lecteurs bien plus que de simples actualités. Des sphères politiques et économiques à l’univers de la culture, de l’art et du sport, accédez instantanément à tout ce qui se passe en Turquie et dans le monde. Grâce à ses plateformes numériques, restez informé à tout moment, où que vous soyez. Suivez l’actualité avec Nouvelle Aube – Yeni Şafak !

Suivez nous sur les réseaux sociaux
Télécharger les applications mobiles

Emportez l’actualité partout avec vous ! Grâce aux applications mobiles de Nouvelle Aube – Yeni Şafak, accédez instantanément aux dernières nouvelles. De la politique à l’économie, du sport à la culture et aux arts, une vaste sélection de contenus est à portée de main ! Téléchargez l’application facilement sur vos appareils iOS, Android ou Huawei, et restez informé en temps réel, où que vous soyez. Téléchargez dès maintenant et ne manquez rien de ce qui se passe dans le monde !

Catégories
Albayrak Medya

Maltepe Mah. Fetih Cad. No:6 34010 Zeytinburnu/İstanbul, Türkiyeiletisim@yenisafak.com+90 212 467 6515

AVERTISSEMENT LEGAL

Le nom et le logo de BIST sont protégés par un « Certificat de Marque Déposée » et ne peuvent être utilisés, reproduits ou modifiés sans autorisation. Tous les droits d’auteur relatifs aux informations publiées sous le nom de BIST appartiennent entièrement à BIST et leur reproduction est interdite. Les données de marché sont fournies par iDealdata Technologies Financières S.A. Les données boursières de BIST sont affichées avec un délai de quinze minutes.

© Net Medya, tous droits réservés. 2026