17:23, 09/09/2026, mercredi
AES: Burkina Faso, Mali et Niger veulent contrôler leurs ressources naturelles
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger renforcent leur coopération dans les secteurs des mines, de l’énergie et du pétrole. Les trois pays veulent développer la transformation locale de leurs ressources afin de créer davantage de valeur, d’emplois et de revenus.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger veulent franchir une nouvelle étape vers la souveraineté économique. Réunis à Ouagadougou le 13 août, les ministres chargés de l’Énergie, des Mines et du Pétrole des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont adopté une feuille de route visant à renforcer leur contrôle sur leurs ressources stratégiques.
L’objectif affiché est de rompre avec un modèle économique dans lequel les pays exportent principalement leurs matières premières sans bénéficier pleinement de leur transformation.
Miser sur la transformation locale
Pour les autorités de l’AES, les ressources naturelles doivent davantage profiter aux populations locales. L’ambition est donc de développer des chaînes de valeur industrielles permettant de transformer les minerais et les hydrocarbures sur place, afin de créer davantage d’emplois et de revenus.
Le Burkina Faso et le Mali figurent parmi les principaux producteurs d’or du continent, tandis que le Niger dispose notamment d’importantes ressources en uranium et en pétrole. Selon les données citées par Mines Actu, les trois pays auraient produit plus de 126 tonnes d’or en 2023.
Cette richesse contraste avec les difficultés économiques et sociales auxquelles restent confrontées une grande partie de leurs populations.
Une stratégie au cœur de l’AES
Cette coopération dans le secteur des ressources naturelles s’inscrit dans le projet plus large de la Confédération des États du Sahel, créée en 2024 par le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Au-delà de la coopération sécuritaire et politique, les trois pays cherchent désormais à renforcer leur intégration économique et à réduire leur dépendance vis-à-vis des acteurs étrangers.
La feuille de route prévoit notamment une meilleure coordination des politiques minières et énergétiques ainsi que la mise en place de chaînes de valeur industrielles intégrées.
Vers un nouveau modèle économique ?
L’enjeu dépasse donc la simple exploitation des ressources. Il s’agit surtout de déterminer qui bénéficie de leur valeur une fois celles-ci extraites.
La Banque mondiale souligne régulièrement que la transformation locale des minerais peut favoriser la création d’emplois, le développement industriel et l’augmentation de la valeur ajoutée dans les économies productrices. La Banque africaine de développement défend également le développement de chaînes de valeur africaines et la transformation locale des matières premières.
Pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, l’enjeu est désormais de transformer cette ambition en résultats concrets.
Si le modèle fonctionne, l’expérience de l’AES pourrait être observée avec attention par d’autres pays africains confrontés au même défi: comment passer du statut d’exportateur de matières premières à celui de producteur de biens à plus forte valeur ajoutée ?
La question centrale est donc simple: l’Afrique peut-elle enfin tirer davantage de valeur de ses propres richesses ?
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