Niger : Tiani nomme un nouveau chef d'état-major
13:42, 12/09/2026, samedi
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Des membres du Conseil national de sauvegarde de la patrie (CNSP) se rassemblent lors d'un rassemblement en soutien au général Abdourahamane Tiani (absent de la photo) devant l'ancienne Assemblée nationale à Niamey, le 2 septembre 2026.Le général Abdourahamane Tiani a nommé le général de brigade Mamane Sani Kiaou chef d'état-major des Armées, deux semaines après une mutinerie militaire déjouée avec l'appui de forces russes, selon un communiqué officiel lu à la télévision.
La nomination officielle
Selon un communiqué lu vendredi soir à la télévision publique, le chef de la junte au pouvoir a procédé à ce remaniement stratégique à la tête des forces armées.
"Par un décret signé ce 11 septembre 2026, le général Abdourahamane Tiani a nommé le général de brigade Mamane Sani Kiaou chef d'état-major des Armées",
a indiqué le document officiel. Ce dernier occupait jusqu'à présent le poste de chef d'état-major de l'armée de Terre, une position qu'il avait initialement reçue après le coup d'État de juillet 2023.Par ailleurs, le général Tiani a également signé un second décret nommant le général Abdourahmane Abou Zataka à la tête de l'armée de Terre afin de succéder au général Kiaou dans ses fonctions précédentes, a précisé la même source. Le général Moussa Salaou Barmou, chef d'état-major sortant, avait lui aussi été nommé à son poste actuel à la suite du putsch qui a porté les militaires au pouvoir il y a plus d'un an, et aucune raison officielle n'a été communiquée concernant son limogeage.
Un profil de terrain
Les proches du nouveau chef d'état-major le décrivent comme
"un homme de terrain aguerri",
ayant notamment dirigé des opérations de lutte contre les groupes jihadistes dans des zones particulièrement sensibles du territoire. Il a ainsi supervisé des missions dans la région de Tillabéri, à l'ouest du pays proche des frontières avec le Mali et le Burkina Faso, ainsi que dans celle de Diffa au sud-est, régulièrement visée par des attaques terroristes.De plus, le général Kiaou avait été l'un des principaux interlocuteurs dans les négociations ayant conduit au retrait des forces armées françaises et américaines du Niger après la prise de pouvoir par les militaires. Selon les médias officiels nigériens, il vient également d'achever une tournée dans les principales garnisons militaires du pays afin
"de ramener la cohésion au sein des soldats",
un déplacement qui intervient dans un contexte de tensions internes au sein de l'appareil sécuritaire.Contexte de la mutinerie déjouée
Cette nomination intervient deux semaines après une tentative de mutinerie que la junte a déjouée dans la nuit du 28 au 29 août avec l'aide de son partenaire russe. Des combats avaient alors éclaté dans plusieurs lieux sensibles de la capitale Niamey, notamment à la présidence, à l'aéroport international et dans une base militaire attenante, avant que les autorités ne reprennent le contrôle de la situation et ne rétablissent l'ordre dans les quartiers stratégiques.
En outre, Niamey avait accusé la France d'être impliquée dans cette tentative de déstabilisation, une accusation que Paris a formellement démentie. Cette rhétorique s'inscrit dans une stratégie régulièrement employée par la junte, qui voit systématiquement la main de l'ancienne puissance coloniale derrière chaque menace contre son pouvoir. Toutefois, aucune explication officielle n'a été fournie quant aux motivations précises du changement à la tête de l'état-major.
Le Niger est dirigé par le général Abdourahamane Tiani depuis le coup d'État de juillet 2023 qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum, toujours détenu à ce jour. Depuis cette prise de pouvoir, la junte s'est progressivement rapprochée de la Russie, devenue un partenaire privilégié dans le domaine sécuritaire, tandis que les relations avec les pays occidentaux traditionnels se sont considérablement dégradées.
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