Ceuta : Pedro Sánchez affirme ne disposer d’aucune "preuve solide" d’une implication du Maroc
17:10, 03/09/2026, jeudi
AA

THOMAS COEXAFP
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, s'adresse au Congrès des députés au sujet de la gestion par le gouvernement de la situation à Ceuta, l'enclave espagnole d'Afrique du Nord, suite à un afflux massif de migrants, à la Chambre basse du Parlement à Madrid, le 3 septembre 2026.Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a affirmé jeudi devant le Congrès que le gouvernement ne disposait d'aucune preuve solide établissant une implication du Maroc dans l'afflux massif de migrants vers Ceuta fin juillet, tout en reconnaissant une inaction temporaire des forces marocaines.
Déclarations au Congrès
Selon une intervention retransmise en direct par la chambre basse du Parlement espagnol, Pedro Sánchez a affirmé jeudi devant les députés qu'aucun élément solide ne permettait d'établir que le Maroc avait organisé l'afflux massif de migrants vers Ceuta les 30 et 31 juillet.
"Aucune institution, ni le service diplomatique, ni la Commission européenne, ni aucun organisme international, n'a fourni au gouvernement espagnol la moindre preuve solide que le Maroc a planifié ou exécuté cet incident. Aucune, absolument aucune"
, a-t-il déclaré. Il a également souligné que
"si ces preuves solides existaient, nous agirions en conséquence, avec toute la fermeté que la situation exige",
assurant par ailleurs qu'aucun rapport préalable n'avait permis d'anticiper l'ampleur de l'afflux.Inaction constatée et rapports contradictoires
Toutefois, le chef du gouvernement espagnol a reconnu que la gendarmerie marocaine avait laissé les traversées se poursuivre durant une période critique de dix heures le 30 juillet, alors que les arrivées atteignaient leur pic.
Les autorités espagnoles n'ont pas encore déterminé si cette situation résultait d'une inaction volontaire ou d'une incapacité à contenir les départs, a-t-il précisé.
Par ailleurs, ces déclarations interviennent au lendemain de la divulgation dans la presse d'un rapport de la police espagnole faisant état d'un dispositif marocain
"sensiblement plus réduit que d'ordinaire"
et évoquant la "permissivité"
des forces de l'ordre marocaines pendant la crise. La gestion de cet épisode est vivement critiquée par l'opposition espagnole de droite et d'extrême droite ainsi que par certains alliés de gauche du gouvernement, qui soupçonnent Rabat d'avoir facilité l'arrivée de dizaines de milliers de migrants dans l'enclave espagnole.
Tensions sur la souveraineté
Pedro Sánchez a parallèlement condamné les récentes déclarations de deux ministres marocains revendiquant la souveraineté du Maroc sur Ceuta et Melilla.
"Nous avons entendu deux ministres faire des déclarations inacceptables sur Ceuta et sur Melilla"
, a-t-il indiqué, précisant que Madrid avait convoqué l'ambassadrice du Maroc le 21 août pour les rejeter "catégoriquement"
. "Depuis des siècles, ces deux villes sont espagnoles (...) et, pour le gouvernement espagnol, cela restera ainsi jusqu'à la fin des temps",
a-t-il ajouté.Projet de visite royale
De plus, le Premier ministre a invité le roi Felipe VI à se rendre à Ceuta et Melilla
"dans les prochaines semaines"
afin d'y transmettre "l'engagement absolu de l'État"
. Cette annonce revêt une dimension symbolique particulière, sachant que la dernière visite d'un souverain espagnol dans ces territoires remonte à novembre 2007, lorsque le déplacement du roi Juan Carlos avait provoqué une crise diplomatique majeure avec Rabat.
Le Maroc, qui revendique la souveraineté sur les deux enclaves, n'a pour l'heure pas réagi aux déclarations récentes de Pedro Sánchez.
A lire également: