Guide suprême iranien : la vengeance est "inévitable"
10:44, 12/07/2026, dimanche
AFP

Photo par MORTEZA NIKOUBAZL / NURPHOTO / NURPHOTO AFP
Des partisans du gouvernement brandissent une banderole représentant le portrait du président américain Donald Trump et un drapeau arborant le portrait de l'ayatollah Ali Khamenei, défunt Guide suprême de l'Iran, lors des funérailles de l'ayatollah Khamenei et de sa famille à Téhéran, en Iran, le 6 juillet 2026.Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé samedi que la "vengeance" était "inévitable" après la mort de son père, tué dans des bombardements israélo-américains, selon un message diffusé par les médias officiels.
Le serment de vengeance du guide suprême
Dans un message écrit daté de vendredi mais rendu public samedi,
Mojtaba Khamenei s'est exprimé pour la première fois depuis l'inhumation de son père, survenue jeudi au terme de six jours de funérailles nationales.
Le nouveau guide suprême, désigné en mars et qui n'est pas apparu en public depuis, a juré de venger la mort d'Ali Khamenei, tué dans des bombardements israélo-américains au premier jour de la guerre."Je dis à notre guide martyr que nous jurons de venger son sang pur et celui de tous les martyrs de ces deux guerres, versé par des assassins criminels et déshonorants"
, écrit-il dans ce texte diffusé par les médias officiels. Il a ajouté : "Cette vengeance est la volonté de notre nation et elle doit s'accomplir, inévitablement."
Selon le même message, les responsables de ces actes "emporteront dans leur tombe le souhait d'une mort paisible dans leur lit", a-t-il prévenu, précisant que leurs noms figuraient sur une liste établie.
Les menaces de Donald Trump
Ces déclarations interviennent alors que le président américain Donald Trump a adopté un ton martial vendredi, accusant Téhéran de vouloir l'assassiner et promettant une nouvelle fois d'anéantir la République islamique. "
Les ordres ont déjà été donnés, et l'armée américaine est prête, disposée et capable, pendant une période d'un an, susceptible d'être prolongée, de décimer et de détruire complètement toutes les régions d'Iran"
, a-t-il écrit sur Truth Social.Par ailleurs, il a affirmé que
"1.000 missiles sont prêts à tirer et pointés vers la République islamique d'Iran",
avec "des milliers d'autres"
à disposition, tout en acceptant paradoxalement de poursuivre les discussions diplomatiques malgré son constat que le cessez-le-feu était "terminé"
.Escalade militaire et sanctions
Les tensions ont dégénéré en échanges de frappes ces derniers jours, les États-Unis ayant bombardé l'Iran deux nuits consécutives à partir de mardi, attribuant à Téhéran la responsabilité d'attaques contre trois navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz. Selon le ministère iranien de la Santé, ces raids ont fait 17 morts et 115 blessés, tandis que Téhéran dénonce des visées civiles visant à empêcher les Iraniens de participer aux obsèques de l'ancien guide.
De plus, Washington a rétabli les sanctions contre le pétrole iranien, suspendues par le protocole d'accord signé le 17 juin, une mesure qualifiée de
"violation"
du cessez-le-feu par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Téhéran a riposté en visant ses voisins du Golfe, notamment le Koweït où au moins une personne a été blessée, ainsi que Bahreïn et le Qatar, tandis que le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr, a prévenu que l'Iran répliquerait "à toute attaque"
contre ses infrastructures, y compris en s'en prenant à Israël.Les tractations diplomatiques
Face à cette dégradation, les médiateurs multiplient les initiatives pour ramener les parties à la table des négociations, une délégation qatarie étant arrivée vendredi en Iran selon les médias locaux. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a également exhorté le président iranien Massoud Pezeshkian à sauver une paix
"durement gagnée"
, alors que M. Araghchi affirme que son pays a "tenu parole"
et respecté ses engagements du 17 juin.Toutefois, une source proche des négociateurs iraniens a indiqué à l'agence Fars qu
'"aucune négociation n'aura lieu tant que la partie américaine n'aura pas revu ses positions"
, notamment sur la question du transit par le détroit d'Ormuz selon les modalités souhaitées par Téhéran. Dans ce contexte, le chef de la diplomatie iranienne s'est entretenu samedi à Mascate avec son homologue omanais Badr al-Busaidi, l'Iran ayant bloqué le détroit stratégique après l'offensive israélo-américaine et n'autorisant désormais qu'un seul couloir de navigation, excluant tout retour à la gratuité du passage d'avant-guerre malgré les prévisions du droit de la mer.Pour rappel, selon les médias américains Axios et Politico, Washington aurait fixé à Téhéran un ultimatum jusqu'à samedi pour s'engager publiquement à ne plus attaquer de navires dans cette zone stratégique par où transitait un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures avant le conflit.
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