France : Nunez réfute les "stocks fantômes" de plaintes pour violences sexuelles
15:38, 03/09/2026, jeudi
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MARINE GACHETAFP
Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nunez (à gauche), et le ministre français de l'Éducation, Édouard Geffray, assistent à une conférence de presse à Pamandzi, sur le territoire français de Mayotte, dans l'océan Indien, le 27 août 2026.Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a contesté jeudi la notion de "stock fantôme" évoquée à propos de près de 90 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, assurant que les forces de l'ordre traitent ces dossiers selon leur degré de priorité.
Contestation de la notion de "stock fantôme"
Dans ses déclarations à RTL, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a rejeté jeudi l'idée selon laquelle près de 90 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs constitueraient des
"stocks fantômes"
au sein des forces de l'ordre. "Ce n'est pas parce que des dossiers sont dans les services de police et de gendarmerie qui n'ont pas été enregistrés dans le système informa
tique de la justice que ce sont des dossiers qui ont été oubliés", a-t-il affirmé. Il a précisé que ces dossiers font l'objet d'un traitement différencié selon leur urgence et leur complexité, en lien étroit avec les parquets compétents.
Désaccord avec les données du ministère de la Justice
Le ministre a indiqué qu'il contestera plusieurs appréciations et données chiffrées figurant dans le document transmis par le garde des Sceaux Gérald Darmanin.
Selon lui, les forces de sécurité intérieure font face à une augmentation significative des contentieux judiciaires qui contraint les services à opérer des arbitrages prioritaires.
Par ailleurs, il a souligné que 70% des affaires de violences sexuelles sur mineurs en gendarmerie sont traitées par des unités de police judiciaire généralistes plutôt que par des services exclusivement spécialisés, ce qui nécessite de replacer certains ratios présentés dans leur contexte opérationnel réel.
Réorientation des moyens et renforcement des effectifs
La priorité accordée aux violences sexuelles sur mineurs a conduit à une réorientation partielle des personnels vers ces enquêtes dans certains services locaux, a reconnu le ministre.
De plus, Laurent Nunez a annoncé que 700 emplois avaient été créés l'année précédente dans le cadre du renforcement de la filière d'investigation, tandis que 700 postes supplémentaires sont prévus dans le projet de loi de finances.
Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre les plaintes des victimes, assurant que les procédures seraient bien traitées malgré la masse des dossiers à traiter.
Document de travail et fuites
Le courrier du garde des Sceaux constitue selon lui un
"document de travail"
qui devait faire l'objet d'une réponse contradictoire avant toute communication publique. "Ce n'est pas normal qu'on ait des fuites à ce niveau-là", a-t-il déclaré, regrettant cette diffusion prématurée qui n'avait pas vocation à intervenir avant la réponse du ministère de l'Intérieur. Il a par ailleurs rejeté l'idée d'un conflit entre les deux ministères, précisant qu'il rencontrerait Gérald Darmanin
"dans les jours qui viennent"
pour examiner les observations des parquets et définir des pistes d'amélioration conjointe du traitement judiciaire.A lire également:

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