Fin de la MINURSO : l'ONU quitte le Sahara occidental
11:36, 02/11/2026, lundi
Yeni Şafak

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Siège de la MINURSO à Laayoune, le 2 juin 2012. L'ONU n'a pas renouvelé le mandat de la MINURSO le 31 octobre 2026.Le 30 octobre 2026, le Conseil de sécurité n'a pas renouvelé le mandat de la MINURSO, après un veto russe contre le texte américain. La mission de l'ONU au Sahara occidental a cessé ses opérations après 35 ans. Cet article explique comment se déroule son retrait. Il résume aussi les réactions du Maroc, du Front Polisario, de l'Algérie, de l'ONU et des ONG, ainsi que les questions juridiques encore ouvertes.
La
fin de la MINURSO
marque un tournant pour le Sahara occidental. La mission de l'ONU a cessé ses opérations après 35 ans de présence. En effet, le Conseil de sécurité n'a pas pu renouveler son mandat le 30 octobre 2026. Voici comment se déroule ce retrait, et ce que disent les acteurs du dossier.Ce qui s'est passé au Conseil de sécurité
Le Conseil se réunit le vendredi 30 octobre 2026. Le mandat de la MINURSO expire le lendemain. Deux textes sont soumis au vote.
Le premier texte vient des États-Unis. Il recueille onze voix pour et trois abstentions. Pourtant, la Russie y oppose son veto.
Le second texte est russe. Il propose de prolonger la mission d'un an, sans changement. Cependant, il échoue aussi. Il obtient trois voix pour et se heurte à un veto américain.
Faute d'accord, le mandat expire à minuit, heure de New York, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Le lendemain, le porte-parole d'António Guterres confirme que la mission cesse ses opérations, selon
UN News
.Pourquoi Washington et Moscou s'opposent
Washington défend son projet. Son ambassadeur, Mike Waltz, rappelle que le référendum est bloqué depuis des décennies. Il accuse aussi certains membres de tenir au "R" de référendum dans le nom de la mission.
Moscou répond que ce texte favorise un seul camp. Son ambassadeur, Vassily Nebenzia, juge que le Conseil ne peut pas trancher d'avance la question de la souveraineté. Selon lui, imposer une solution sans discuter avec l'autre partie mène à une impasse, d'après le
compte rendu de l'ONU
.Le contexte compte aussi. En octobre 2025, la résolution 2797 a présenté l'autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution la plus réaliste, selon Reuters. Onze membres l'ont votée et trois se sont abstenus, dont la Russie.
Le texte américain de 2026 s'inscrivait dans cette ligne, selon
The Arab Weekly
. D'après Al Jazeera
, il prévoyait aussi un recensement des réfugiés.Comment se déroule la fin de la MINURSO
Techniquement, une mission perd sa base légale quand son mandat expire. La MINURSO entre alors dans une
phase de retrait
progressif, puis de liquidation.Le Maroc veut aller vite. Le Cabinet royal affirme que le personnel, les véhicules, le matériel et les symboles de la mission doivent partir
"dans les prochains jours"
, d'après Le Reporter
. À ce stade, l'ONU n'a pas publié de calendrier détaillé.Cette mission a une longue histoire. Le Conseil de sécurité la crée en avril 1991, par la résolution 690. Elle doit surveiller le cessez-le-feu et préparer un référendum d'autodétermination. Or ce vote n'a jamais eu lieu, rappelle
l'ONU
.La mission s'amenuisait déjà. Depuis mai 2026, elle réduisait son personnel et ses services médicaux, selon
Hespress
. Le média cite un budget annuel de plus de 65 millions de dollars pour environ 225 membres.L'ONU rappelle le droit à l'autodétermination
António Guterres affirme que le départ de la MINURSO n'efface pas le droit inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination. Il appelle toutes les parties à respecter les droits de ce peuple. En outre, l'ONU se dit prête à soutenir le dialogue par l'intermédiaire de l'Envoyé personnel, Staffan de Mistura.
Les ONG alertent sur les risques
L'
ONG Oxfam
met en garde contre un risque pour la sécurité. Selon elle, perdre les fonctions de surveillance et de désescalade de la mission peut fragiliser la stabilité.Le dossier quitte-t-il vraiment le Conseil de sécurité ?
Le Maroc affirme que le dossier est clos. Les analystes se montrent plus nuancés. Selon
Maghreb Online
, la fin d'un mandat n'éteint pas la compétence du Conseil sur le différend. Elle ne retire donc pas automatiquement la question de son ordre du jour.Le statut du territoire reste d'ailleurs inchangé. L'ONU le classe parmi les territoires non autonomes. Autrement dit, la question de la décolonisation n'est pas réglée.
Sur le terrain, la tension demeure. Un rapport onusien de 2024 décrivait déjà des hostilités de faible intensité entre le Maroc et le Polisario. Sans la mission, le suivi de ces incidents s'affaiblit, ce qui inquiète Oxfam.
L'autodétermination, otage des rapports de force
Cette séquence illustre un rapport de force plus qu'un débat juridique. Deux vetos ont suffi pour éteindre 35 ans de présence onusienne. Pendant ce temps, le référendum promis en 1991 n'a jamais eu lieu.
a fin de la MINURSO ouvre une période d'incertitude. Le Maroc y voit la clôture du dossier. En revanche, le Polisario, l'Algérie et l'ONU insistent sur le droit des Sahraouis à décider de leur avenir.
Désormais, l'attention se tourne vers le départ effectif de la mission. Elle se porte aussi sur un éventuel retour du dossier devant le Conseil de sécurité. Nouvelle Aube suivra ces développements.
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