Sahara occidental : la Russie sort son véto contre la MINURSO
12:59, 31/10/2026, samedi
AFP

Russia.ru
Représentant de la mission permanente de la Fédération de Russie à l'ONU. Le mandat de la MINURSO, qui expire samedi, n'a pas été renouvelé vendredi après que la Russie a opposé son veto à un projet américain plaçant le plan d'autonomie marocain au centre du règlement, ont indiqué des sources diplomatiques.
Le mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO), qui devait expirer samedi, n'a pas été renouvelé vendredi à New York. Les États-Unis, qui portent le dossier au Conseil de sécurité, avaient présenté un texte soutenu par onze membres sur quinze, prévoyant une prolongation d'un an et plaçant le plan d'autonomie marocain au centre du processus de paix. Ce changement d'approche aurait entraîné le changement de dénomination de la force en MINUSO, écartant toute référence à un référendum d'autodétermination, selon des sources concordantes.
Toutefois, la Russie a opposé son veto à ce projet de résolution, critiquant une "approche unilatérale". Moscou a préféré proposer une simple reconduction du mandat dans les termes antérieurs, sans modification substantielle du cadre onusien.
Réactions au Conseil de sécurité
Les États-Unis ont voté contre le projet russe, tandis que les pays qui soutenaient initialement le texte américain se sont abstenus. "Malheureusement (...) certains membres de ce Conseil ont utilisé leur veto pour préserver la lettre R - pour le référendum (...) que les Nations unies ne se préparent même plus à organiser depuis des décennies", a déclaré l'ambassadeur américain Mike Waltz. Par ailleurs, le représentant de la France, Jérôme Bonnafont, a dénoncé "l'obstruction de la Russie", et l'ambassadrice britannique Sarah MacIntosh a exhorté "ceux qui n'ont pas soutenu la résolution des États-Unis à chercher à trouver une solution sur la base de ce projet".
Positions des parties au conflit
De son côté, le Cabinet royal du Maroc s'est félicité dans un communiqué de cette non-reconduction, y voyant "un pas significatif vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain aux Nations unies". De plus, le représentant de l'Algérie à l'ONU, Amar Bendjama, a remercié la Russie "ainsi que tous les pays qui ont choisi de ne pas s'associer à une injustice aussi manifeste", assurant qu'Alger continuerait de promouvoir une solution garantissant le droit à l'autodétermination. Sidi Omar, représentant du Front Polisario à New York, a également exprimé sa "satisfaction" après le rejet du texte américain.
Contexte historique et diplomatique
Le conflit oppose depuis un demi-siècle le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l'Algérie, pour le contrôle de ce territoire riche en phosphates et aux eaux poissonneuses. L'an dernier, le Conseil de sécurité avait déjà apporté, sous l'impulsion de l'administration Trump, un soutien inédit au plan d'autonomie marocain présenté en 2007, l'estimant la solution "la plus réalisable". Ce plan prévoit une autonomie sous souveraineté marocaine pour cette ancienne colonie espagnole jusqu'en 1975, considérée par l'ONU comme un territoire non autonome et contrôlée en majeure partie par Rabat.
Par ailleurs, les négociations entre les parties sont interrompues depuis 2019, le Conseil ayant auparavant toujours pressé le Maroc, le Polisario, l'Algérie et la Mauritanie de reprendre le dialogue. La mission de maintien de la paix, établie en 1991, comptait 359 personnels civils et militaires en juin 2026, selon son site internet.


