Sahara occidental: la Colombie suspend ses relations avec la RASD

La rédaction avec
11:42, 11/08/2026, mardi
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Sahara occidental: la Colombie suspend ses relations avec la RASD
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La Colombie suspend ses relations avec la RASD et reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

La Colombie a suspendu lundi ses relations diplomatiques avec la République arabe sahraouie démocratique. Bogota reconnaît désormais la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. La décision met fin aux contacts politiques, aux échanges de missions et au soutien multilatéral accordé à la RASD. Le gouvernement colombien évoque une nouvelle coopération avec Rabat dans le commerce, l'investissement et la sécurité alimentaire. Ce revirement intervient après une résolution onusienne soutenant le plan marocain d'autonomie.

La Colombie a annoncé lundi la suspension de ses relations diplomatiques avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Bogota aligne ainsi sa politique étrangère sur les revendications du Maroc au
Sahara occidental
. Cette décision marque un tournant net pour un pays qui reconnaissait l'entité sahraouie depuis des années.

La Colombie rompt avec la RASD et se range derrière le Maroc

Le ministère colombien des Affaires étrangères a justifié ce choix dans un communiqué.
"Le ministère des Affaires étrangères a pris cette décision après un réexamen souverain de la reconnaissance de la RASD accordée par le gouvernement précédent, en tenant compte du fait que les Nations unies ne la reconnaissent pas comme État membre"
, indique le texte.
Bogota reconnaît désormais la
"souveraineté du Maroc sur l'ensemble de son territoire"
. Cette formule inclut le Sahara occidental, région disputée depuis un demi-siècle. Par ailleurs, le gouvernement colombien dit vouloir ouvrir une nouvelle
"dynamique bilatérale"
avec Rabat.

Les autorités colombiennes citent trois domaines de coopération avec le Maroc. Il s'agit du commerce, de l'investissement et de la sécurité alimentaire. En effet, l'argument économique occupe une place centrale dans le communiqué officiel. Cependant, aucune enveloppe ni aucun calendrier n'ont été précisés à ce stade.

Ce que change la décision colombienne sur le Sahara occidental

La rupture produit des effets immédiats. Ainsi, tous les contacts politiques entre Bogota et la RASD s'arrêtent. Les échanges de missions cessent également.

Le soutien multilatéral de la Colombie à l'entité sahraouie prend fin lui aussi. C'est pourquoi la RASD perd un relais diplomatique en Amérique latine, région où elle conservait plusieurs appuis historiques. De plus, ce revirement pourrait encourager d'autres capitales à revoir leur position.

La RASD, un État partiellement reconnu

Le Front Polisario a proclamé la RASD en 1976. Ce mouvement réclame l'indépendance du Sahara occidental depuis le départ de l'Espagne.

L'entité revendique la totalité du territoire. En revanche, elle n'en contrôle qu'une partie. Le Maroc administre l'essentiel de la région, notamment la façade atlantique et les principales villes.

Le statut du territoire demeure non résolu au regard du droit international. En effet, aucun accord n'a tranché la question de la souveraineté depuis 1975. Cette ambiguïté juridique nourrit le blocage diplomatique.

Un conflit hérité de la décolonisation espagnole

Le différend remonte à 1975. Cette année-là, l'Espagne met fin à sa domination coloniale sur le territoire.

Un conflit armé oppose ensuite le Maroc au Front Polisario. Les combats durent seize ans. Un cessez-le-feu intervient finalement en 1991, sous supervision onusienne.

Depuis, deux logiques s'affrontent. Le Maroc propose une large autonomie sous sa souveraineté. Le Front Polisario réclame de son côté un référendum d'autodétermination, une position soutenue par l'Algérie.

Le dossier pèse lourd sur la diplomatie nord-africaine. Il conditionne notamment les relations entre Rabat et Alger, rompues depuis 2021. Par ailleurs, il traverse les débats de l'Union africaine, où la RASD siège comme membre.

Washington rebat les cartes

Les États-Unis se sont récemment impliqués dans le dossier. En octobre, l'émissaire américain Steve Witkoff a déclaré que son équipe travaillait à un règlement négocié entre le Maroc et l'Algérie.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a ensuite adopté une résolution soutenue par Washington. Ce texte appuie la proposition marocaine d'autonomie. Ainsi, l'équilibre diplomatique penche désormais nettement en faveur de Rabat.

Cette dynamique explique en partie le calendrier colombien. De nombreux États réévaluent leur position à mesure que le soutien international à l'option autonomiste s'élargit.

Le droit à l'autodétermination en question

Le cas sahraoui rappelle d'autres dossiers de décolonisation inachevée. Les partisans du Front Polisario invoquent le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, principe inscrit dans la Charte des Nations unies.

Leurs adversaires mettent en avant la stabilité régionale et le réalisme diplomatique. Cependant, le débat reste ouvert tant qu'aucune consultation populaire n'a eu lieu.

Pour les militants sahraouis, la décision colombienne constitue donc un revers politique. Ils y voient un signal envoyé aux autres soutiens latino-américains de la RASD.

La Colombie ferme la parenthèse ouverte par le gouvernement précédent. Elle rejoint le camp des États qui reconnaissent la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Le rapport de force diplomatique évolue vite. Toutefois, le fond du dossier demeure inchangé : cinquante ans après le départ de l'Espagne, le peuple sahraoui n'a toujours pas voté sur son avenir.

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