17:04, 16/04/2026, jeudi
Colonisation israélienne : Deir Ammar face à la menace de confiscation des terres
Les habitants du village palestinien de Deir Ammar alertent sur un risque imminent de confiscation de leurs terres après l’approbation discrète par Israël de nouvelles colonies en Palestine occupée. Sur le terrain, un avant-poste de colons, installé il y a un an, suscite une inquiétude croissante. Témoignages à l’appui, les agriculteurs dénoncent des destructions, des restrictions d’accès et une pression quotidienne. Ils redoutent une extension progressive des colonies qui pourrait priver le village de ses dernières terres agricoles.
Les habitants du village palestinien de Deir Ammar, en Palestine occupée, redoutent une nouvelle vague de confiscations foncières. Début avril, Israël a approuvé discrètement la création de 34 nouvelles colonies en Palestine occupée, dont certaines concernent directement les terres surplombant ce village.
Parmi ces projets figure un avant-poste de colons établi il y a environ un an sur une colline stratégique. Cette implantation suscite une vive inquiétude parmi les habitants, qui craignent une extension progressive de la colonisation.
Selon plusieurs ONG et des médias israéliens, cette décision aurait été prise sans annonce officielle, alimentant un climat de tension sur le terrain.
"C'est notre terre"
Sur place, les propriétaires palestiniens dénoncent une situation qu’ils jugent injuste et opaque.
"C'est notre terre. S'ils ont acheté la terre, qu'ils nous donnent les documents qui le prouvent"
, affirme Adnan Othman, dont les parcelles sont directement menacées.Même inquiétude chez Ismaïl Badha, un autre propriétaire:
"Bien sûr que j'ai peur que cela devienne une colonie. Si cela devient une colonie, alors toutes les terres de Deir Ammar seront confisquées. Il ne restera pas un seul donum."
Il ajoute:
"La zone de Aïn Ayoub a été confisquée, et la zone orientale d'al-Mazraa a été confisquée. Toute la région de Deir Ammar n’a plus de terres, à part cette zone."
Destruction et restrictions d’accès
Les habitants dénoncent également des incursions répétées et des dégradations sur leurs propriétés.
"Ils ont fait une descente sur notre propriété ici, ils nous empêchent complètement de venir ici, regardez comme ils ont cassé la porte, ils ont tout détruit à l'intérieur du container et de la cuisine"
, témoigne Nael Moussa, propriétaire d’une exploitation agricole.Pour les agriculteurs, la perte de ces terres représenterait une catastrophe économique et sociale.
"La zone ouest est le seul espace vital pour les habitants de Deir Ammar, le seul territoire, 4.000 dunams pour les habitants du village"
, souligne-t-il.Une extension progressive des colonies redoutée
Les habitants décrivent un processus d’implantation qu’ils jugent progressif et organisé.
"Ce que nous craignons, c'est que demain cette zone soit envahie par les maisons et que nous perdions nos terres"
, explique l’agriculteur Ismail Awdeh.Il poursuit:
"Au début, ils ont ouvert la route, puis ils ont construit l'avant-poste, et aujourd'hui, ils veulent étendre ce poste par la force sur l'ensemble du territoire."
Face à cette situation, les habitants de Deir Ammar dénoncent une pression constante exercée par les colons et redoutent de perdre leurs dernières terres agricoles, essentielles à leur survie.
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