11:48, 30/09/2026, mercredi
Rencontre Mitsotakis-Netanyahu : l'opposition grecque dénonce une honte
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a rencontré Benjamin Netanyahu à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. L'opposition grecque dénonce une image de honte. Le parti MeRA25 accuse Athènes de réhabiliter un dirigeant visé par un mandat d'arrêt de la CPI et réclame la fin des accords militaires avec Israël. Gabriel Sakellaridis, de la Nouvelle Gauche, évoque un déclin moral et refuse que la Grèce devienne un satellite de Netanyahu.
La rencontre entre Kyriakos Mitsotakis et Benjamin Netanyahu à New York déclenche une vive polémique en Grèce. Des partis d'opposition dénoncent une image indigne du pays. Le Premier ministre grec a vu son homologue israélien en marge de la 81e Assemblée générale de l'ONU.
Le malaise tient à un fait précis. Benjamin Netanyahu est visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI). La juridiction le soupçonne de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité à Gaza.
"Il n'y a pas de honte plus grande pour la Grèce"
, a réagi Gabriel Sakellaridis, dirigeant de la Nouvelle Gauche. Cette phrase résume la colère d'une partie de la classe politique grecque.Rencontre Mitsotakis-Netanyahu: l'opposition grecque monte au créneau
Les critiques sont tombées vendredi 25 septembre. Deux formations de gauche ont pris la parole. Toutes deux visent les images des deux dirigeants côte à côte.
Le parti MeRA25 a qualifié ces images de
"honte pour le pays"
. Yanis Varoufakis, ancien ministre grec des Finances, a fondé cette formation. Elle accuse Mitsotakis de contribuer à réhabiliter l'image de Netanyahu.En effet, le dirigeant israélien reste sous le coup du mandat de la CPI. MeRA25 refuse donc de voir dans cette rencontre un simple geste diplomatique.
Le parti rejette aussi les arguments de
"coopération stratégique"
. Selon lui, ces arguments masquent un soutien à Israël. C'est pourquoi il réclame la "cessation immédiate"
des accords militaires et diplomatiques avec Israël. Il estime que ces accords soutiennent le massacre à Gaza et au Liban."Déclin moral" de la diplomatie grecque
Gabriel Sakellaridis est secrétaire du comité central de la Nouvelle Gauche. Il a condamné la rencontre dans un message publié sur Facebook. Son verdict est sans appel.
"Le déclin moral de la politique étrangère sous Mitsotakis se résume dans cette image"
, a-t-il écrit. Il accuse le gouvernement de lier davantage la Grèce aux plans militaires d'Israël en Méditerranée orientale.Il lance aussi un avertissement:
"Le pays ne doit pas devenir le satellite de Netanyahu."
Par ailleurs, il appelle à une politique étrangère indépendante.Le mandat d'arrêt de la CPI au cœur de la polémique
La CPI a émis son mandat contre Benjamin Netanyahu en novembre 2024. Elle le poursuit pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité présumés à Gaza. Ainsi, chaque apparition publique du dirigeant israélien avec un chef de gouvernement européen suscite un débat.
La Grèce est partie au Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI. Cependant, la rencontre s'est tenue aux États-Unis, hors du territoire grec. Elle pose donc surtout une question politique et morale.
Pour l'opposition, le symbole compte autant que le droit. Une photo peut normaliser un dirigeant que la justice internationale recherche. De plus, elle envoie un message aux victimes de la guerre à Gaza.
Les Palestiniens, eux, voient ces images avec amertume. Pendant que Gaza subit la guerre, des capitales européennes traitent Netanyahu en interlocuteur ordinaire. Cette normalisation fragilise la crédibilité du droit international.
Grèce et Israël: un rapprochement militaire qui divise
Ces dernières années, Athènes et Tel-Aviv ont resserré leurs liens de défense. Le gouvernement Mitsotakis défend cette coopération au nom de la sécurité et de la stratégie régionale. En revanche, la gauche y voit une dépendance dangereuse.
La Méditerranée orientale reste une zone sensible. Chaque pays y défend ses intérêts maritimes et énergétiques, la Türkiye comme la Grèce. Un partenariat militaire étroit avec Israël pèse donc sur les équilibres régionaux.
C'est ce que redoute Gabriel Sakellaridis. Selon lui, Athènes s'expose à des plans militaires qui ne sont pas les siens. Il réclame la fin de la coopération militaire avec Israël.
Le débat dépasse d'ailleurs la Grèce. En Tunisie, le Parlement a examiné une loi punissant toute normalisation avec Israël. De son côté, le Congo-Brazzaville a dû démentir toute négociation avec Israël sur l'accueil de réfugiés palestiniens.
Un appel à une politique étrangère indépendante
Au-delà de la polémique, l'opposition trace une ligne claire. Sakellaridis demande la défense du droit international. Il réclame aussi un soutien au peuple palestinien.
MeRA25 porte le même message. Le parti veut couper les accords qui, selon lui, servent la guerre. Ainsi, les deux formations proposent une rupture avec la stratégie actuelle d'Athènes.
Reste une question: jusqu'où la Grèce peut-elle aller dans ce rapprochement ? La réponse dépendra du débat public. Elle dépendra aussi de la pression des citoyens grecs, sensibles au sort de Gaza.
Ce qu'il faut retenir
La rencontre entre Mitsotakis et Netanyahu à New York a mis le feu aux poudres à Athènes. MeRA25 dénonce une image de honte et exige la fin des accords militaires avec Israël. La Nouvelle Gauche parle de déclin moral.
Derrière la polémique, un enjeu demeure. Un dirigeant visé par la CPI peut-il être reçu comme un partenaire normal ? Pour une partie de la Grèce, la réponse est non.
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