10:37, 25/09/2026, vendredi
Gaza: Corty accuse Israël de forcer les Palestiniens à l'exode
Le président de Médecins du Monde, Jean-François Corty, accuse Israël d'avoir délibérément créé des conditions de vie insupportables à Gaza. Selon lui, les Palestiniens n'ont plus que deux issues : mourir sur place, ou partir, ce qui reste aujourd'hui très difficile. Cette déclaration prolonge une alerte plus ancienne, où il évoquait déjà le terme de génocide. La crise humanitaire continue de s'aggraver sur le terrain.
Le président de Médecins du Monde, Jean-François Corty, hausse le ton sur Gaza. Il accuse Israël d'avoir délibérément rendu la vie impossible dans l'enclave palestinienne.
Selon lui, cette stratégie ne laisse aux habitants que deux issues. Mourir sur place, ou fuir un territoire dont il devient presque impossible de sortir.
Ce que dénonce Jean-François Corty à propos de Gaza
Le médecin ne mâche pas ses mots.
"Ils ont créé des conditions de vie insupportables à Gaza pour qu'il y ait deux solutions: soit vous mourez quand vous êtes Palestinien, soit vous partez, ce qui aujourd'hui est difficile à faire"
, a-t-il déclaré.Cette phrase résume une thèse défendue depuis plusieurs mois par son organisation. Pour Médecins du Monde, la dégradation des conditions de vie à Gaza n'a rien d'accidentel.
Elle relèverait au contraire d'une
stratégie délibérée
. C'est pourquoi Jean-François Corty parle ouvertement d'un choix imposé aux civils palestiniens.Qui est Jean-François Corty ?
Jean-François Corty est médecin de formation. Il préside aujourd'hui Médecins du Monde, une ONG française présente à Gaza depuis plusieurs décennies.
L'organisation gère encore plusieurs cliniques dans l'enclave. Elle y assure des milliers de consultations chaque semaine, malgré le blocus et les bombardements.
De plus, Médecins du Monde participe avec d'autres associations à ce qu'il reste du système de santé gazaoui. Cette présence donne un poids particulier aux déclarations de son président.
Une accusation qui rejoint le mot "génocide"
Jean-François Corty n'en est pas à sa première alerte. En septembre, il affirmait déjà sur une chaîne d'information française que la situation correspondait aux critères du
génocide
.Il évoquait alors une armée israélienne occupant, selon lui, entre 60 et 66 % du territoire gazaoui. Cette occupation s'accompagnerait de restrictions sur l'aide humanitaire et de déplacements massifs de population.
L'accusation portée sur les
"deux solutions"
s'inscrit donc dans cette continuité. Elle ne constitue pas une déclaration isolée, mais le prolongement d'une analyse déjà exposée publiquement.Pourquoi fuir Gaza reste aujourd'hui presque impossible
Le président de Médecins du Monde insiste sur un point précis. Partir de Gaza, dit-il,
"est aujourd'hui difficile à faire".
Cette difficulté tient à plusieurs facteurs. Les points de passage restent fermés ou soumis à des restrictions sévères, notamment vers l'Égypte.
Par ailleurs, les infrastructures détruites compliquent tout déplacement à l'intérieur même de l'enclave. Des centaines de milliers de Palestiniens vivent ainsi sous des bâches en plastique, sans réelle possibilité de rejoindre une zone plus sûre.
Cette réalité rapproche la situation de Gaza de celle de la Palestine occupée (Cisjordanie). Là aussi, la mobilité des civils palestiniens dépend largement des décisions israéliennes.
Une crise humanitaire qui s'aggrave chaque semaine
Les chiffres avancés par les ONG donnent la mesure du désastre. Environ un million de Palestiniens se trouveraient en situation d'insécurité nutritionnelle.
Les projections évoquent des dizaines de milliers d'enfants menacés de malnutrition. En parallèle, le système hospitalier fonctionne au ralenti, faute de médicaments et de carburant.
Médecins du Monde affirme assurer, avec une trentaine d'autres organisations, l'essentiel des soins encore disponibles à Gaza. Cependant, cette capacité reste dérisoire face à l'ampleur des besoins.
Une position qui rejoint d'autres voix humanitaires
Jean-François Corty n'est pas isolé dans ce constat. D'autres organisations, dont Médecins sans frontières, ont documenté des expulsions de personnel humanitaire et des attaques contre des soignants.
Plusieurs mécanismes d'enquête des Nations unies pointent également des restrictions systématiques sur l'aide. Ainsi, le discours de Médecins du Monde s'ajoute à un faisceau de témoignages convergents.
En revanche, les autorités israéliennes rejettent ces accusations. Elles justifient leurs opérations par des impératifs sécuritaires liés à la lutte contre le Hamas.
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