16:13, 28/09/2026, lundi
Gaza: Ben-Gvir appelle à relancer la colonisation de l'enclave
Itamar Ben-Gvir et des militants israéliens ont organisé un rassemblement près de la frontière avec Gaza. Ils réclament le retour de la colonisation juive dans l'enclave, évacuée en 2005. Depuis le 7 octobre 2023, la droite radicale relance ce projet, qui suppose le déplacement des Palestiniens. Le droit international interdit pourtant toute installation de civils dans un territoire occupé. L'initiative révèle la volonté d'une partie du pouvoir israélien d'annexer Gaza.
e ministre israélien Itamar Ben-Gvir a participé à un rassemblement près de la frontière avec Gaza. Des militants israéliens y réclamaient le retour de la
colonisation de Gaza
.Ils demandent au gouvernement de rétablir des colonies juives dans l'enclave palestinienne. Ainsi, un projet longtemps marginal revient au cœur du débat politique israélien.
Cet appel intervient alors que la guerre menée à Gaza se poursuit. C'est pourquoi il inquiète bien au-delà d'Israël.
Colonisation de Gaza: un rassemblement près de la frontière
L'événement s'est tenu tout près de la clôture qui sépare Israël de l'enclave. Itamar Ben-Gvir y a pris la parole aux côtés de militants du mouvement des colons.
Les participants ont lancé un message clair au gouvernement. Ils exigent qu'il
"renoue"
avec l'implantation de civils israéliens dans la bande de Gaza.Le choix du lieu n'a rien d'anodin. En effet, la proximité de la frontière donne à la scène une portée symbolique forte. Elle montre que les organisateurs visent une installation concrète, et non un simple slogan.
Un ministre au cœur de la mobilisation
Itamar Ben-Gvir dirige le ministère de la Sécurité nationale. Il incarne l'aile la plus radicale de la coalition au pouvoir.
Sa présence donne donc un poids politique à l'initiative. De plus, elle confirme que ces thèses ne restent plus cantonnées à la rue.
2005: quand Israël a évacué ses colonies de Gaza
Pour comprendre l'enjeu, il faut revenir en arrière. En 2005, Israël a évacué ses colonies de Gaza dans le cadre du plan de désengagement.
À l'époque, une vingtaine de colonies existaient dans l'enclave. Environ 8 000 colons y vivaient, au milieu de plus d'un million de Palestiniens. Les soldats israéliens se sont retirés dans la foulée.
Ce retrait n'a pas mis fin au contrôle israélien. Israël a en effet gardé la main sur les frontières, l'espace aérien et les eaux côtières. Gaza est ainsi restée sous blocus.
Une partie de la droite israélienne n'a jamais accepté ce départ. Elle le présente depuis comme une erreur historique.
Depuis le 7 octobre 2023, la droite radicale relance le projet
Après les attaques du 7 octobre 2023, ce camp a saisi l'occasion. Tout au long du génocide mené par Israël à Gaza, plusieurs de ses membres ont plaidé pour le rétablissement de la colonisation.
Ils réclament aussi la création de communautés juives sur place. Cependant, cette idée suppose de vider l'enclave de ses habitants ou de les confiner sur une portion réduite du territoire.
Un discours qui banalise le déplacement forcé
Ces revendications ne parlent pas seulement d'urbanisme. Elles s'appuient sur l'idée d'un départ des Palestiniens, présenté comme
"volontaire".
En revanche, les habitants de Gaza n'ont nulle part où aller. Ils vivent déjà sans abri, sans eau courante et sans électricité stable.
Réclamer des colonies dans ce contexte revient donc à légitimer une expulsion. Les organisations de défense des droits humains alertent depuis longtemps sur ce risque.
Ben-Gvir, figure de l'extrême droite coloniale
Itamar Ben-Gvir n'en est pas à son premier coup d'éclat. Il défend depuis des années l'expansion des colonies et la présence juive sur l'esplanade des Mosquées d'Al-Qods.
Sa ligne s'applique aussi à la Palestine occupée (Cisjordanie). Là-bas, les colonies grignotent déjà les terres palestiniennes, avec la protection de l'armée.
Par ailleurs, son parti pèse sur les décisions du gouvernement. Son soutien à la colonisation de Gaza peut donc influencer la suite de la guerre.
Le droit international condamne la colonisation
Le droit international est net sur ce point. La quatrième Convention de Genève interdit à une puissance occupante de transférer sa population civile vers le territoire occupé.
En juillet 2024, la Cour internationale de justice a jugé illégale la présence israélienne dans les territoires palestiniens occupés. Elle a demandé l'évacuation des colonies.
Ainsi, tout projet d'installation à Gaza relèverait d'une violation. C'est pourquoi les appels de Ben-Gvir suscitent une vive condamnation.
Ce que révèle cet événement
Ce rassemblement montre une chose simple. Une partie du pouvoir israélien assume désormais son objectif: annexer et coloniser Gaza.
Les Palestiniens paient déjà le prix de la guerre. Ils risquent maintenant de perdre aussi leur terre.
Reste à savoir si le gouvernement passera des paroles aux actes. La communauté internationale, elle, ne pourra pas se contenter de simples déclarations.
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