"On bloque l'extrême droite": l'appel viral sur les réseaux sociaux
09:51, 28/10/2026, mercredi
Yeni Şafak

Capture d'écran X
Le mot d'ordre "On bloque l'extrême droite" devient viral sur X.Lancé par le streamer Arkunir le 27 octobre 2026, l'appel "On bloque l'extrême droite" dépasse 1,7 million de vues sur X. Un site relaie l'opération et propose de bloquer quelques comptes par jour. Cet article retrace l'origine du mouvement, explique la logique du blocage face aux amplificateurs d'extrême droite, rappelle l'enjeu pour les voix pro-Palestine, et détaille ses limites, ainsi que le mode d'emploi.
Un mot d'ordre circule depuis mardi sur les réseaux sociaux:
"On bloque l'extrême droite"
. Il vient d'un message du streamer Arkunir
sur X. Ce message affiche déjà plus de 1,7 million de vues. Dès lors, une question s'impose: ce réflexe collectif peut-il vraiment changer quelque chose ?"On bloque l'extrême droite": d'où vient l'appel ?
Le mardi 27 octobre 2026, Arkunir publie un court message sur X. Ce streamer français compte parmi les voix très suivies de la plateforme. Il invite chacun à bloquer sans attendre tout compte d'extrême droite, même modeste.
Le succès est immédiat. Ainsi, le message dépasse 1 million de vues au moment où nous écrivons. En outre, il déclenche une avalanche de réponses.
Un internaute poste en réponse une liste de comptes à bloquer. Il cite Jordan Bardella, Marine Le Pen, Marion Maréchal, Éric Zemmour et Sarah Knafo. Y figurent aussi Bruno Retailleau, Gabriel Attal et BFMTV. Un autre poste un lien GitHub pour une extension permettant de bloquer tous les comptes d'extrême droite.
Ce n'est plus une idée. C'est un mouvement.
Un site pour organiser le blocage
Un site baptisé
Blockfacho
reprend le mot d'ordre. Son objectif affiché: réduire la visibilité de l'extrême droite dans les fils, un compte à la fois. Il propose de bloquer "quelques profils par jour".
Le site ne bloque rien à la place de l'utilisateur. L'internaute ouvre le profil, le bloque sur le réseau, puis revient valider. Il peut aussi suggérer un nouveau compte. Cependant, nous n'avons pas pu identifier les responsables de ce site.
Pourquoi bloquer plutôt que répondre ?
La logique est simple. Répondre à un message, le citer ou le moquer lui donne de la visibilité.
Slate
l'expliquait déjà il y a quelques années: commenter une polémique d'extrême droite aide à la faire exister.Le blocage coupe cette chaîne. En effet, le compte bloqué ne peut plus vous suivre ni vous répondre. De plus, vous cessez d'alimenter ses polémiques.
Les amplificateurs existent bel et bien. Lors des travaux d'une
commission d'enquête de l'Assemblée nationale
, un constat revient: une galaxie de comptes relance les sujets polémiques. Beaucoup agissent sous pseudonyme, parfois de façon automatisée.Les événements récents le confirment. Pendant les blocus lycéens, des comptes d'extrême droite étrangers ont relayé de fausses informations, selon
France 24
. Par exemple, le compte British Intel a présenté les célébrations du PSG de mai 2026 comme des violences récentes.Un climat social déjà très tendu
Le contexte explique l'ampleur de l'appel. Depuis le 21 septembre, un mouvement lycéen secoue la France. Par ailleurs, l'appel du 17 octobre est né sur les réseaux sociaux, sans syndicat ni parti. Le média recensait alors plus de 1 450 actions à travers le pays.
Le jour même du message d'Arkunir, le Premier ministre Sébastien Lecornu accusait la gauche de
"faire le jeu de l'extrême droite"
. Il s'exprimait devant l'Assemblée nationale, à propos de l'attentat raciste de Trappes.Dans ce climat, le débat sur la place de l'extrême droite en ligne se durcit.
Une chose est sûre : l'extrême droite en ligne pèse par l'attention qu'on lui accorde. À chacun de décider comment la lui retirer. Mais personne ne doit renoncer à informer.
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