Italie : organisateur libéré, Meloni dénonce une décision "honteuse"
19:57, 28/10/2026, mercredi
AFP

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Le comité de soutien Youssef Siher avait réclamé sa libération immédiate avant d'être entendu par les juges.Un jeune Italien accusé d'organiser des manifestations via les réseaux sociaux a été remis en liberté mercredi par une juge de Milan, rejetant ainsi la demande de détention provisoire formulée par le parquet pour des faits de "terrorisme", a indiqué la presse italienne.
Remise en liberté et réaction exécutive
Une juge du tribunal de Milan a invalidé mercredi le placement en garde à vue d'un jeune homme de trente ans, rejetant la requête du parquet qui sollicitait son placement en détention provisoire, selon les médias italiens. Cette décision concerne
Youssef Siher
, diplômé en sciences politiques, qui avait appelé à manifester sur les réseaux sociaux et fait l'objet d'une interpellation notamment pour "terrorisme"
. Contactée par l'AFP, son avocate n'a pas pu être jointe dans la journée.La Première ministre italienne Giorgia Meloni a immédiatement réagi sur ses réseaux sociaux pour qualifier cette décision de
"honteuse"
. "Je vais le dire sans détour : je considère honteuse la décision du juge"
, a-t-elle déclaré sur X et Instagram. "Il s'agit là d'une mortification insupportable du travail des forces de l'ordre, des enquêteurs, du ministère de l'Intérieur et, plus généralement, de tous ceux qui s'emploient à défendre les honnêtes gens contre le risque de voir leurs villes et leurs commerces dévastés"
, a-t-elle ajouté.Profil de l'organisateur et accusations
Youssef Siher, militant propalestinien entre autres causes, a lancé la page Instagram et le canal Telegram
"Mouvement du 17 octobre"
, selon le procureur de Milan. Suivie par plus de 50 000 personnes, cette page appelait à manifester chaque samedi dans huit villes italiennes et proposait une aide juridique aux manifestants interpellés. Par ailleurs, le jeune homme d'origine marocaine avait collaboré avec des journaux de gauche comme "Il Fatto Quotidiano"
après des études à Milan et un stage de recherche en géopolitique, selon sa page LinkedIn.Les faits reprochés à Siher concernent
"l'incitation à commettre des infractions avec la circonstance aggravante du terrorisme et de violence organisée lors d'une manifestation sur la voie publique", selon la demande de placement en détention provisoire citée dans la presse. Il constitue l'un des premiers mis en examen pour le nouveau délit de "violence organisée en manifestation publique"
, créé le 22 octobre par un décret du gouvernement Meloni, qui prévoit quatre à douze ans de prison ferme pour les organisateurs de ces rassemblements.Contexte des mobilisations et cadre législatif
Les manifestations du 17 octobre avaient été marquées par une rare mobilisation en Italie contre le gouvernement et la vie chère, ainsi que par des violences et des dégradations à Milan. Dans ce contexte, le gouvernement italien a procédé à de nombreuses interpellations de militants et mobilisé l'armée dans le centre de la métropole lombarde, à l'approche d'une grève générale prévue le lendemain de la décision judiciaire. De plus, la page du
"Mouvement du 17 octobre"
revendique s'inspirer de la révolution égyptienne de 2011, du mouvement Occupy ou de la victoire des étudiants serbes contre l'ex-président nationaliste."L'Etat nous pisse dessus et les médias nous font croire qu'il pleut, Meloni déclare la guerre au futur de ce pays, nous déclarons la guerre à ce présent infâme",
pouvait-on lire mercredi sur la page Instagram du mouvement. Selon le parquet, "cette incitation publique à manifester violemment de façon répétée véhiculait un message fortement symbolique, apte à déstabiliser"
et "à diffuser la peur dans la population".
Défense et critiques de la procédure
Toutefois, la décision de la juge diffusée par l'agence AGI souligne que
"la personne mise en examen n'évoque jamais le recours à des actions violentes ni l'adoption d'autres comportements constituant des infractions pénales"
. Plusieurs défenseurs du militant, notamment le mouvement italien des Jeunes Palestiniens et une députée du Mouvement Cinq étoiles (centre), ont accusé le gouvernement italien de chercher à créer un
"bouc émissaire"
face au mouvement de contestation en cours. Pour rappel, le décret pénalisant la violence organisée en manifestation avait été adopté dans l'urgence le 22 octobre par l'exécutif d'extrême droite, renforçant significativement la répression des rassemblements publics.Pour ses détracteurs, cette loi vise la liberté de manifester.
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