France : nouvelle journée de manifestations sous haute sécurité, 110 000 personnes mobilisées à Paris
18:39, 24/10/2026, samedi
Yeni Şafak

Matthieu RONDELAFP
Un manifestant renvoie une grenade lacrymogène du pied lors d’une manifestation en faveur du pouvoir d’achat, de la protection des services publics et de la justice fiscale et sociale, à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, le 24 octobre 2026Une semaine après les violences et les dégradations survenues lors des manifestations du 17 octobre, la France a connu une nouvelle journée de mobilisation sociale ce samedi 24 octobre.
Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes du pays à l'appel de syndicats, de collectifs de Gilets jaunes et d'organisations étudiantes et lycéennes. À Paris, 110 000 personnes ont manifesté selon la préfecture de police, qui a également fait état de 65 interpellations.
La contestation sociale se poursuit en France. Ce samedi 24 octobre, plusieurs mouvements sont de nouveau descendus dans la rue pour dénoncer notamment la hausse du coût de la vie, la dégradation des services publics et les difficultés rencontrées par les jeunes dans le système éducatif.
Cette nouvelle journée de mobilisation intervient une semaine après les rassemblements du 17 octobre, marqués par des affrontements, des dégradations et des pillages.
Les organisateurs entendent maintenir la pression, tandis que le gouvernement a considérablement renforcé son dispositif de sécurité.
Les Gilets jaunes ont annoncé de nombreuses actions à travers le pays, comprenant des manifestations et des rassemblements sur des ronds-points, à proximité de gares et sur certains axes routiers. Des organisations syndicales et étudiantes participent également à cette journée de contestation.

Sylvain THOMAS AFP
Un manifestant apporte du lait à un autre manifestant qui a reçu de la fumée de gaz lacrymogène dans les yeux lors d’une manifestation en faveur du pouvoir d’achat, de la protection des services publics et de la justice fiscale et sociale, à Montpellier, dans le sud de la France, le 24 octobre 2026, dans le cadre d’un appel à la mobilisation national rassemblant d’anciens membres du mouvement des Gilets jaunes, des syndicats, ainsi que des lycéens et des étudiants.Paris, Marseille, Lyon : des manifestations sous restrictions
À Paris, 110 000 personnes ont manifesté pour réclamer davantage de pouvoir d'achat et défendre les services publics, selon la préfecture de police. Ce chiffre est identique à celui enregistré dans la capitale le samedi précédent.
Le cortège, parti vers 14 heures de la porte d'Italie, a rejoint la porte de Vincennes aux alentours de 17 heures, suivant un itinéraire imposé par les autorités.
À Marseille, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans le quartier des Réformés. Un cortège syndical a été autorisé à titre exceptionnel, malgré les restrictions décidées dans les Bouches-du-Rhône.
À Lyon, des manifestants se sont réunis dans le secteur de la place Jean-Macé, à proximité de zones frappées d'interdiction. Des contrôles ont été effectués et plusieurs stations de métro ont été fermées dans le cadre du dispositif de sécurité.
Des restrictions ont également été mises en place dans d'autres villes françaises. Certaines ont fait l'objet de recours devant la justice administrative, alimentant le débat sur l'équilibre entre maintien de l'ordre public et liberté de manifester.
Un important dispositif de sécurité déployé à travers la France
Face aux risques de nouveaux débordements, le ministère français de l'Intérieur a annoncé la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du territoire.
Le dispositif comprend notamment des contrôles sur les axes de circulation et dans les gares, ainsi que le déploiement de moyens spécialisés.
À Paris, la préfecture de police a annoncé plus de 3 000 contrôles et 65 interpellations au cours de la journée. Elle a précisé que "la situation demeure calme dans l'ensemble de l'agglomération".
À l'échelle nationale, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait indiqué à 13 heures que 35 000 manifestants avaient été recensés, contre 60 000 à la même heure le 17 octobre. Il avait également fait état de 135 interpellations et de 136 actions.

Valery HACHE AFP
Un policier tient un lanceur de balles en caoutchouc de défense de 40 millimètres (LBD 40) lors d’une manifestation en faveur du pouvoir d’achat, de la protection des services publics et de la justice fiscale et sociale, dans le centre de Nice, sur la Côte d’Azur, le 24 octobre 2026Au-delà des mesures de sécurité, la mobilisation traduit la persistance de plusieurs revendications sociales, notamment sur le pouvoir d'achat, les conditions de travail et l'avenir du système éducatif.
La jeunesse participe également au mouvement. Des organisations lycéennes et étudiantes réclament notamment davantage de moyens pour les établissements, des recrutements d'enseignants et la suppression de Parcoursup, la plateforme d'admission dans l'enseignement supérieur.
Vendredi 23 octobre, Emmanuel Macron a reçu à l'Élysée une vingtaine de représentants lycéens. Selon son entourage, le président français a évoqué la nécessité d'une réforme en profondeur de Parcoursup. Les organisations mobilisées ont néanmoins appelé à poursuivre le mouvement.
Alors que les syndicats envisagent de nouvelles actions dans les prochaines semaines, cette journée de manifestations marque une nouvelle étape de la mobilisation sociale en France.
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