France: Stéphanie Rist renforce la prise en charge des arrêts longue durée
14:53, 19/09/2026, samedi
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Photo par LUDOVIC MARIN / AFP
La ministre française de l’Environnement Monique Barbut (G) et la ministre française de la Santé Stéphanie Rist quittent le Palais présidentiel de l’Élysée à Paris, à l’issue du conseil des ministres hebdomadaire, le 16 septembre 2026. La ministre française de la Santé Stéphanie Rist a annoncé le renforcement des parcours de santé pour les arrêts de travail de longue durée liés aux troubles psychiques et musculosquelettiques, ainsi que des mesures contre les abus, selon un communiqué du 18 septembre.
Contexte et durcissement des règles d'indemnisation
Selon le communiqué publié le 18 septembre 2026, ces mesures s'inscrivent dans le prolongement du plan gouvernemental de réduction de l'absentéisme présenté le 9 avril. Elles interviennent également dans le cadre d'un décret réduisant de trois à un an la durée maximale dérogatoire d'indemnisation de certains arrêts de longue durée.
Le ministère explique que certains assurés en arrêt depuis plus de six mois bénéficiaient jusqu'ici de règles dérogatoires permettant le versement d'indemnités journalières pendant une période pouvant atteindre trois ans, contre 360 jours sur trois ans dans le régime de droit commun. Ces arrêts dérogatoires concernaient principalement la dépression légère et les troubles musculosquelettiques, représentant 3,2 milliards d'euros de dépenses pour l'Assurance maladie en 2023, soit trois fois le montant associé aux arrêts des personnes en affection de longue durée.
Par ailleurs, le nombre de ces arrêts augmente de plus de 6 % par an, tandis que les patients en ALD ne progressent que d'environ 1 % annuellement, pour un total d'environ 400 000 arrêts dérogatoires recensés, selon les données du ministère.
Parcours spécifiques pour les troubles psychiques et les douleurs chroniques
Pour les troubles psychiques, Stéphanie Rist annonce le déploiement d'un parcours coordonné renforcé d'appui au premier recours en santé mentale, inspiré des expérimentations
"Article 51"
SESAME et DSPP. Le futur dispositif reposera notamment sur un rôle central du médecin traitant, l'intervention d'infirmiers spécialisés chargés de la coordination, ainsi qu'un accès facilité à l'expertise psychiatrique.De plus, une autre expérimentation
"Article 51"
doit être lancée pour développer un parcours coordonné de prise en charge des douleurs chroniques, associant médecins traitants, spécialistes, infirmiers ou masseurs-kinésithérapeutes ainsi que des équipes spécialisées en santé au travail. Le ministère prévoit d'engager les travaux dans les prochaines semaines en vue d'une généralisation effective à partir de 2027.Sanctions contre le nomadisme médical
Le gouvernement entend également renforcer les contrôles concernant le nomadisme médical, défini comme le recours à plusieurs médecins pour obtenir des prescriptions d'arrêt de travail. Selon le ministère, plus de 13 000 assurés se sont vu prescrire en 2024 des arrêts de travail par cinq médecins généralistes libéraux différents au cours de la même année, avec une moyenne de 12,4 jours d'arrêt par prescription.
Toutefois, le décret publié le 18 septembre permet désormais à l'Assurance maladie de sanctionner un assuré qui abuserait de sa qualité d'assuré social afin d'obtenir de manière injustifiée des prescriptions d'arrêt sans lien avec son état de santé. Le ministère précise que la procédure prévoit un échange préalable avec l'assuré afin de déterminer s'il s'agit d'un abus manifeste.
Maintien dans l'emploi et réadaptation
La réforme vise par ailleurs à limiter les conséquences professionnelles des arrêts prolongés en renforçant la coordination entre les professionnels de santé et les acteurs de la santé au travail. Dans le communiqué, Stéphanie Rist affirme que les personnes souffrant de troubles psychiques ou de douleurs chroniques
"ne doivent jamais avoir à choisir entre se soigner et conserver leur emploi".
La ministre estime également qu'il faut "investir dans les parcours de réadaptation et de réhabilitation" afin que l'arrêt de travail de longue durée ne constitue pas la seule réponse apportée à ces pathologies. Selon la même source, le gouvernement souhaite articuler la réduction de la durée des arrêts avec une amélioration de l'accès aux soins, de la réadaptation et de l'accompagnement professionnel, alors que près de 30 % des personnes arrêtées en 2022 pour des maladies ostéo-articulaires bénéficiant d'arrêts dérogatoires n'avaient pas eu recours à un kinésithérapeute.
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