Tabagisme passif : près de 1,7 million de décès en 2023
14:54, 08/09/2026, mardi
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Thomas SAMSONAFP
Un homme fume une cigarette le 25 septembre 2014 à Paris, tenant à la main un échantillon de paquet de cigarettes au "conditionnement neutre" proposé par l'association "Alliance contre le tabac".Près de 1,7 million de personnes ont perdu la vie en 2023 des suites d'une exposition à la fumée secondaire, tandis que 2,7 milliards d'individus, dont 767 millions d'enfants, ont été concernés, selon une étude parue dans The Lancet Public Health.
L'ampleur du phénomène
Selon une étude publiée dans The Lancet Public Health, près de 1,7 million de décès étaient imputables à l'exposition à la fumée secondaire en 2023, une estimation qui interpelle la communauté internationale sur l'urgence de ce problème de santé publique.
Les chercheurs ont analysé des données couvrant 204 pays et territoires sur la période 1990-2023, établissant un bilan sans appel de cette menace invisible.
Par ailleurs, les données révèlent que plus de 2,7 milliards de personnes ont été exposées à la fumée secondaire au cours de cette année, dont environ 767 millions d'enfants particulièrement vulnérables aux effets nocifs de cette inhalation involontaire.
Cette exposition massive représente un fardeau sanitaire colossal pour les systèmes de santé mondiaux.
Conséquences sanitaires spécifiques
Les auteurs de l'étude ont identifié les cardiopathies ischémiques comme la principale cause de décès liée au tabagisme passif chez les adultes, soulignant l'impact dévastateur sur la santé cardiovasculaire des non-fumeurs.
Cette pathologie grave illustre la capacité de la fumée secondaire à déclencher des événements vitaux majeurs même à faibles niveaux d'exposition.
De plus, les enfants constituent une population à haut risque : l'étude recense 5,2 millions d'infections des voies respiratoires inférieures chez les plus jeunes en 2023, directement attribuables à l'inhalation de fumée secondaire dans leur environnement domestique.
Ces chiffres alarmants démontrent la vulnérabilité particulière des jeunes organismes face aux polluants tabagiques.
Tendances géographiques et démographiques
Toutefois, l'analyse révèle une évolution contrastée depuis 1990 : si la proportion de la population mondiale exposée à la fumée secondaire a diminué, témoignant des avancées législatives dans certains pays, le nombre absolu de personnes concernées est resté stable.
Ce phénomène s'explique par la croissance démographique mondiale qui a contrebalancé les réductions relatives d'exposition.
En outre, des disparités régionales marquées émergent de cette étude, avec une augmentation notable de l'exposition dans certaines régions d'Afrique et du Moyen-Orient où les politiques de lutte antitabac peinent encore à s'imposer efficacement.
Ces zones géographiques concentrent désormais les efforts prioritaires des organismes de santé publique internationaux.
Appel à l'action
Face à ces constats, les chercheurs appellent instamment à renforcer les mesures de lutte contre le tabagisme à l'échelle mondiale, notamment en protégeant les populations les plus fragiles comme les femmes et les enfants.
Ils soulignent que la fumée secondaire demeure un risque sanitaire majeur et évitable qui nécessite une action politique déterminée.
Pour rappel, la fumée secondaire correspond à la fumée inhalée par les personnes se trouvant à proximité d'un fumeur, un danger souvent sous-estimé qui continue de frapper près d'un tiers de l'humanité chaque année.
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