France : Démission de la ministre de la Transition écologique
12:58, 22/07/2026, mercredi
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LUDOVIC MARINAFP
La ministre française de l'Environnement, Monique Barbut, arrive pour assister au défilé militaire annuel du 14 juillet sur les Champs-Élysées, à Paris, le 14 juillet 2026.La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a annoncé mercredi sa démission dans une lettre publiée sur LinkedIn, estimant que les "conditions" de son maintien au gouvernement "n'étaient plus réunies" en raison d'un désaccord sur le projet de loi agricole.
Annonce de la démission
Dans une publication sur LinkedIn, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a annoncé mercredi sa démission, estimant que les
"conditions"
de son maintien au gouvernement "n'étaient plus réunies"
. Elle a indiqué avoir informé le Premier ministre Sébastien Lecornu de sa décision dès mardi, précisant qu'elle remettait sa démission au président Emmanuel Macron ce même mercredi.
Rupture sur le projet de loi agricole
La décision de la ministre fait suite au rétablissement au Sénat d'une disposition autorisant de nouveau l'acétamipride, un pesticide interdit depuis 2016 en France, dans le cadre de l'examen du projet de loi agricole.
Elle a affirmé qu'un compromis avait initialement été trouvé avec la ministre de l'Agriculture avant que cet équilibre ne soit remis en cause lors des débats parlementaires.
Elle a indiqué avoir reçu l'assurance que la réintroduction de ce pesticide mettrait fin au parcours du texte, mais a estimé que le gouvernement avait finalement empêché le débat sur sa suppression. Elle a qualifié ce revirement de
"recul environnemental de trop"
, tant sur le fond que sur la méthode.Par ailleurs, elle a aussi rappelé que l'interdiction de l'acétamipride avait été décidée au nom du principe de précaution sur la base des avis scientifiques disponibles, notamment de l'Anses. Elle a jugé que les travaux publiés depuis continuaient d'alimenter les interrogations sur ses effets pour la santé humaine et l'environnement.
Des moyens d'action dégradés
Dans sa lettre, la ministre explique avoir accepté d'entrer au gouvernement avec l'objectif de faire progresser les politiques environnementales
"sans effet d'annonce"
et de limiter certains reculs. Elle estime toutefois que les
"forces"
opposées à cette ambition sont désormais devenues "si puissantes"
qu'elle ne peut plus mener à bien cette mission.De plus, elle a souligné que pendant ses neuf mois au gouvernement, elle avait défendu la protection des forêts, de l'eau, de l'air, des sols ainsi que de la biodiversité.
Bilan et réalisations
La ministre a mis en avant plusieurs mesures engagées durant son mandat, notamment le renforcement de l'ambition climatique européenne, les travaux du G7 Environnement, la consolidation du Fonds vert à un milliard d'euros, ainsi que l'interdiction des PFAS dans les textiles.
Elle a également cité l'adoption de la loi contre l'ultra fast fashion, le déploiement de l'affichage environnemental, la mobilisation des entreprises en faveur de la biodiversité et la création d'une direction générale de l'environnement.
En outre, elle a mentionné la trajectoire nationale d'adaptation au changement climatique, la poursuite de la stratégie nationale bas carbone, le plan d'électrification, le soutien aux forêts y compris en Outre-mer, ainsi que l'interdiction de nouveaux projets d'exploitation d'hydrocarbures.
Elle a affirmé que chacune de ces avancées avait nécessité des arbitrages difficiles face à la priorité accordée aux urgences immédiates.
Contexte politique et perspectives
La ministre estime que les concessions déjà accordées sur la protection du loup, la politique de l'eau ou encore les installations classées avaient déjà fragilisé l'équilibre recherché entre impératifs agricoles et environnementaux.
Elle considère par ailleurs que les conséquences du changement climatique continueront de s'imposer au-delà des décisions politiques.
Elle a affirmé vouloir poursuivre son engagement en dehors du gouvernement. Elle a remercié le président de la République pour sa confiance ainsi que les agents de son ministère, les scientifiques, les agriculteurs, les élus locaux et l'ensemble des acteurs ayant participé à son action.
Pour rappel, l'acétamipride avait été interdit en France depuis 2016 sur la base d'avis scientifiques de l'Anses, avant d'être réintroduit dans le projet de loi agricole examiné au Sénat.
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