Loi agricole : Lecornu consulte les groupes parlementaires
16:39, 17/07/2026, vendredi
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ABDEL MAJID BZIOUATAFP
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, prononce le discours d'ouverture lors d'une séance plénière avec les parlementaires marocains, à Rabat, le 16 juillet 2026.Sébastien Lecornu a demandé vendredi de consulter les groupes parlementaires sur le projet de loi d'urgence agricole, le gouvernement redoutant un rejet du texte malgré l'accord députés-sénateurs trouvé la veille, selon des sources concordantes.
Un compromis fragile à l'Assemblée
Le ministre de l'Agriculture Sébastien Lecornu a sollicité vendredi une consultation rapide des groupes parlementaires, alors que le gouvernement craint que le texte ne soit rejeté à l'Assemblée nationale malgré l'accord trouvé jeudi au terme de six heures de négociations entre parlementaires.
La commission mixte paritaire, réunissant sept députés et sept sénateurs, a adopté le compromis par huit voix contre quatre, avec deux abstentions, selon les mêmes sources.
La droite, les centristes et l'extrême droite ont soutenu le texte, tandis que la gauche s'y est opposée et que les représentants de la majorité présidentielle se sont abstenus, créant une incertitude quant à l'issue du vote définitif à l'Assemblée.
Des dérogations sur les pesticides contestées
Le texte permet au gouvernement d'autoriser temporairement l'utilisation de deux insecticides, l'acétamipride et le flupyradifurone, pour les cultures de betteraves, pommes, cerises et noisettes, après avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire.
Ces dérogations, strictement limitées à trois ans, concernent des substances interdites sur le territoire français mais autorisées dans l'Union européenne, et reprennent partiellement des dispositions de la loi Duplomb censurées en 2025.
Par ailleurs, cette mesure suscite l'opposition déterminée de la gauche, d'organisations environnementales et de certains élus du camp présidentiel, qui soulignent les risques pour la santé, la biodiversité et les pollinisateurs, notamment les abeilles.
La gestion de l'eau au cœur des controverses
Le projet place les agences de l'eau sous la tutelle de quatre ministères et réserve aux agriculteurs un tiers des sièges attribués aux usagers au sein des commissions locales de l'eau, selon les dispositions du compromis.
De plus, il prévoit de doubler d'ici à 2035 les capacités de stockage d'eau agricole et simplifie les procédures de consultation du public pour la construction de nouvelles retenues.
Toutefois, les sénateurs ont renoncé à confier aux préfets la présidence des comités de bassin, et le principe de
"non-régression agricole"
ainsi qu'une définition restrictive des zones humides ont été supprimés du texte final. Ces dispositions inquiètent la ministre de la Transition écologique Monique Barbut ainsi que les formations de gauche, qui redoutent une gestion de l'eau trop favorable aux intérêts agricoles.
Mesures sur le loup et calendrier législatif
Le compromis autorise également les abattages de loups sans attaque préalable sur un troupeau et permet l'utilisation de lunettes infrarouges ou thermiques pendant la nuit par les éleveurs ou les chasseurs mandatés pour protéger les troupeaux.
En outre, le texte comporte des dispositions relatives au foncier agricole et aux négociations commerciales, tandis que le gouvernement vise une entrée en vigueur rapide de certaines mesures avant la pause estivale.
Présenté comme une réponse à la mobilisation des agriculteurs et examiné en procédure accélérée, le texte doit encore être soumis aux votes des deux chambres, son adoption paraissant acquise au Sénat mais restant incertaine à l'Assemblée nationale où le groupe Renaissance devait se réunir vendredi pour définir sa position définitive.
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