Nobel de la paix à Navi Pillay, Trump furieux
11:48, 10/10/2026, samedi
AFP

Photo par FRANK BOXLER / AFP
L’avocate sud-africaine et défenseuse du droit international Navi Pillay s’adresse aux journalistes après s’être vu décerner le prix Nobel de la paix 2026.La juriste sud-africaine Navi Pillay, âgée de 85 ans, a reçu le prix Nobel de la paix pour son engagement en faveur du droit international, une distinction vivement critiquée par Donald Trump qui a dénoncé une décision honteuse, selon des sources concordantes.
Distinction Nobel et mise en garde
Le comité Nobel norvégien a annoncé vendredi l'attribution du prix de la paix à la juriste sud-africaine Navi Pillay, âgée de 85 ans, en reconnaissance de son combat pour le droit international. Lors d'une conférence de presse organisée dans une salle du palais de justice de Nuremberg, théâtre historique des procès des nazis, l'octogénaire a dédié cette distinction
"à tous les survivants de crimes internationaux".
Par ailleurs, elle a lancé un avertissement solennel sur l'état actuel du droit international, affirmant :
"Nous traversons une époque où le droit international et les droits humains font l'objet d'attaques politiques importantes".
Parcours d'une pionnière
Née sous l'apartheid et fille d'un chauffeur de bus d'origine indienne, Navi Pillay a gravé son nom dans l'histoire juridique en devenant la première femme à présider le Tribunal pénal international pour le Rwanda. Diplômée de Harvard, elle a également servi comme Haute-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU entre 2008 et 2014, traitant des dossiers complexes au Rwanda, au Proche-Orient et ailleurs.
En outre, elle a présidé une commission d'enquête indépendante des Nations unies qui, l'an dernier, a accusé Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza, un rapport établi plus précisément en septembre 2025 selon les mêmes sources.
Réactions hostiles de Washington et Tel-Aviv
La décision du comité Nobel a provoqué des réactions immédiates et virulentes de la part de l'administration américaine et des autorités israéliennes. Sur le réseau X, le ministère israélien des Affaires étrangères a dénoncé un choix qui légitime
"la haine anti-Israël",
estimant que Joseph Goebbels devait "applaudir depuis l'enfer".
De son côté, Donald Trump a déclaré :
"C'est une tache indélébile sur la Norvège et les gens qui ont pris cette décision honteuse et embarrassante. Le prix Nobel de la paix a été discrédité à jamais par une poignée d'idéologues radicaux qui sont contre la démocratie et qui sont en réalité des ennemis de la civilisation".
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a également qualifié Mme Pillay de personne "sectaire"
qui "diabolise les Juifs".
Soutiens et contexte institutionnel
Toutefois, cette distinction a recueilli le soutien du secrétaire général de l'ONU António Guterres, ainsi que des gouvernements français et sud-africain. L'Autorité palestinienne s'est également réjouie de cette annonce, tandis que le président du comité Nobel, Jørgen Watne Frydnes, a souligné que
"la lauréate de cette année a joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le génocide fassent l'objet de poursuites judiciaires".
Dans ses attendus, le comité a mentionné les travaux de Mme Pillay concernant le génocide au Rwanda et les soupçons de génocide en Birmanie, sans référence spécifique à Gaza. Interrogé sur ce point, M. Frydnes a précisé :
"Nous ne sommes pas un tribunal".
Sanctions et perspectives judiciaires
Quelques heures après l'annonce du prix, l'administration Trump a imposé de nouvelles sanctions à la Cour pénale internationale, invoquant la défense de la souveraineté américaine et de ses citoyens. Washington, qui ne reconnaît pas la CPI, avait déjà sanctionné plusieurs magistrats et membres du personnel après l'émission de mandats d'arrêt en 2024 contre Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant.
Selon M. Frydnes, le Nobel envoie
"un message clair adressé à ceux qui exercent des pressions sur ces institutions, à ceux qui sanctionnent les juges et s'attaquent aux institutions".
Pour sa part, Navi Pillay maintient l'espoir que justice soit faite malgré les obstacles.
"La justice est lente",
a-t-elle affirmé, citant les propos de Nelson Mandela : "Cela semble toujours impossible, jusqu'à ce qu'on le fasse". Elle considère donc qu'il n'est pas impossible qu'il y ait des arrestations et des procès à l'avenir.À lire également:
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