Iran : Trump mise sur la pression économique plutôt que la guerre
14:12, 10/08/2026, lundi
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DHADHA
Trump privilégie la pression économique sur l'Iran plutôt qu'une nouvelle offensive.Donald Trump a indiqué dimanche à Axios qu'il privilégiait la pression économique sur l'Iran plutôt qu'une nouvelle offensive militaire. Le président américain évoque une inflation iranienne massive et un régime incapable de payer ses troupes. Le blocus naval imposé depuis avril étrangle le commerce maritime du pays. Pendant ce temps, les négociations sur le détroit d'Ormuz, médiées par Oman, entrent en phase finale. La Türkiye continue d'appeler à la désescalade régionale.
Donald Trump a choisi l'étranglement financier. Le président américain l'a dit dimanche à Axios: Washington ne prépare pas de nouvelle offensive militaire contre l'Iran. Il préfère laisser le blocus naval faire son travail.
Cette annonce intervient après des mois de guerre. Elle survient aussi alors que les pourparlers sur le détroit d'Ormuz entrent dans leur phase finale. Ainsi, le rapport de force se déplace des bombes vers les marchés.
Trump adopte un profil bas face à Téhéran
"Nous adoptons un profil bas"
, a déclaré Trump à Axios. Le président américain affirme ne mener que des "semi-négociations"
avec Téhéran. En clair, il observe et attend.Trump juge l'Iran en
"très mauvais état"
sur le plan financier. Il assure même que le pouvoir iranien peine à payer ses troupes. "Nous ne faisons qu'observer l'Iran avec son énorme inflation et le fait qu'ils n'ont pas d'argent"
, a-t-il ajouté.Le ton reste confiant.
"Ça va s'arranger. Ça s'arrange toujours. C'est comme une partie d'échecs"
, a-t-il conclu. Cependant, cette sérénité affichée cache un constat plus rude.En effet, les options militaires américaines se réduisent. Quarante jours de bombardements n'ont pas rouvert le détroit d'Ormuz. De plus, les stocks américains d'intercepteurs antimissiles s'épuisent. Selon CNN, le chef d'état-major interarmées cherche désormais une porte de sortie.
Le blocus naval, moteur de la pression économique sur l'Iran
Le blocus naval américain est en place depuis le 13 avril 2026. Il vise les ports iraniens et restreint le passage par le détroit d'Ormuz. Trump y voit aujourd'hui son principal levier.
L'effet est brutal. Plus de 90 % du commerce extérieur iranien transite par cette voie maritime. Par ailleurs, ce commerce représente environ 109,7 milliards de dollars par an. Le blocus coupe donc l'essentiel des échanges maritimes du pays.
Une économie iranienne au bord de la rupture
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. L'inflation iranienne avoisine 50 % sur douze mois. C'est le niveau le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le prix de certains produits de base a triplé en un an. Les œufs, le poulet et l'huile de cuisson sont particulièrement touchés. En outre, le chômage grimpe à 9,1 % et le PIB devrait reculer de 5,4 % cette année.
Ce sont d'abord les civils iraniens qui paient. Une crise monétaire avait déjà déclenché des manifestations nationales en janvier. La répression avait été sévère. C'est pourquoi plusieurs responsables iraniens réclament aujourd'hui un accord.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a reconnu ce besoin de levée des sanctions. Selon le Wall Street Journal, des modérés du régime redoutent un effondrement économique.
Le détroit d'Ormuz au cœur des négociations
L'Iran et Oman négocient depuis plus de trois semaines. Les deux pays se sont accordés sur des couloirs de navigation, entrants et sortants. Un centre de coordination maritime conjoint est également prévu.
Téhéran affirme que les discussions sont en phase
"finale"
. Toutefois, un accord technique ne rouvrira pas automatiquement le détroit.Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a listé ses exigences samedi. Elles sont larges: levée du blocus naval, fin des sanctions, retrait militaire américain de la région.
Téhéran demande aussi des réparations de guerre. Il réclame le dégel de ses avoirs et l'arrêt des menaces américaines. Dès lors, l'écart entre les deux capitales reste considérable.
Un cessez-le-feu avait pourtant été conclu en juin. Il s'est effondré quelques semaines plus tard sur la question du contrôle du détroit. Depuis, l'Iran frappe par intermittence des bases américaines au Koweït, au Bahreïn et en Jordanie.
Un pétrole à 75 dollars qui rassure Washington
Trump insiste sur un point: l'Américain moyen souffre moins. Le baril est redescendu à un peu plus de 75 dollars. Cette accalmie donne du temps à la Maison-Blanche.
Cette détente s'explique en partie par une manœuvre discrète. Un responsable américain a indiqué à Axios que près de 8 millions de barils quittent chaque nuit le golfe Persique. Ces cargaisons empruntent un couloir sud, avec l'appui de l'armée américaine.
En revanche, cette stabilité reste fragile. Les stocks mondiaux de brut se réduisent. Une tension sur l'offre relancerait vite les prix. La patience de Trump pourrait alors s'épuiser.
Türkiye: un appel constant à la désescalade
La Türkiye est restée hors du conflit. Ankara a toutefois multiplié les appels à la négociation.
Le président Recep Tayyip Erdogan a qualifié l'attaque américano-israélienne de violation flagrante du droit international. Il a exprimé sa solidarité avec le peuple iranien. Par ailleurs, il a critiqué les frappes iraniennes visant des voisins arabes du Golfe.
Le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan a proposé une médiation turque. Ankara privilégie ainsi la diplomatie régionale. Cette ligne contraste avec la logique de coercition économique défendue par Washington.
Gaza, l'angle mort de la stratégie américaine
Pendant que Washington joue aux échecs avec Téhéran, Gaza continue de mourir. Le cessez-le-feu d'octobre 2025 n'a jamais réellement tenu. Plus de 1 144 Palestiniens ont été tués depuis son entrée en vigueur.
L'aide humanitaire reste étranglée. Seul le point de passage de Kerem Shalom fonctionne pleinement. Les agences onusiennes redoutent un retour rapide de la famine.
La colonisation se poursuit par ailleurs en Palestine occupée (Cisjordanie). Or ces dossiers avancent peu dans les priorités américaines. Des tensions seraient d'ailleurs apparues entre Washington et Israël sur le rythme de désescalade à Gaza et au Liban.
Trump parie sur l'usure. Il mise sur l'effondrement économique iranien plutôt que sur une victoire militaire.
Ce pari comporte deux risques. D'abord, il fait peser le coût principal sur les populations civiles. Ensuite, il dépend d'un marché pétrolier instable.
L'accord sur Ormuz reste possible. Il exigera cependant des concessions que ni Washington ni Téhéran ne semblent prêts à offrir aujourd'hui.
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