18:33, 28/07/2026, mardi
Tebboune: "L'Algérie ne fera jamais la manche"
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune affirme n'avoir jamais demandé de quota de visas à la France, mettant fin à une polémique née des propos de l'ambassadeur Stéphane Romatet, corrigés par Emmanuel Macron. Le chef de l'État écarte aussi toute demande d'excuses ou d'indemnisation, invoquant la "dignité nationale". Il maintient cependant sa revendication d'une réparation liée aux essais nucléaires français dans le Sahara, dont les dégâts persistent aujourd'hui.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a assuré n'avoir
"jamais"
demandé de quota de visas à la France. Dans une interview diffusée le 27 juillet 2026, le chef de l'État algérien a voulu couper court à une vive polémique déclenchée par les propos de l'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet.Une polémique née des propos de l'ambassadeur français
La controverse est partie des déclarations du diplomate français, qui avait évoqué la reprise d'un volume de quelque 250 000 visas annuels pour les Algériens, soit le niveau atteint avant la réduction décidée par Paris en 2021. Ces propos ont rapidement enflammé le débat, notamment au sein de l'extrême droite française, qui s'est emparée du sujet migratoire entre les deux rives de la Méditerranée.
Le président français Emmanuel Macron était lui-même intervenu pour désamorcer la crise, assurant qu'aucun objectif chiffré n'avait été fixé en matière de délivrance de visas aux ressortissants algériens. Une mise au point qui corrigeait publiquement les déclarations de son propre ambassadeur.
Tebboune: "Le président algérien n'a jamais parlé de visas"
Face à la controverse, Abdelmadjid Tebboune a tenu à clarifier sa position sans ambiguïté.
"Je le réaffirme pour les Algériens, avant nos amis français. Le président algérien n'a jamais demandé un quota de visas, un nombre de visas ou parlé de visas"
, a-t-il déclaré.Le chef de l'État a ainsi cherché à balayer toute idée d'une demande algérienne en la matière, en s'adressant d'abord à son opinion publique avant de viser Paris.
Ni excuses, ni indemnisation: une question de "dignité nationale"
Au-delà du dossier des visas, le président algérien a élargi son propos aux relations souvent tendues entre Alger et Paris, revenant sur les questions mémorielles héritées de la colonisation.
"Je n'ai jamais demandé d'excuses"
, a-t-il martelé, estimant qu'il n'était "pas fou pour demander des excuses à une génération qui n'a rien à voir avec ce qui s'est passé il y a deux siècles"
. Le chef de l'État a également écarté toute revendication financière:
"L'Algérie ne fera jamais la manche. L'Algérie ne demandera jamais de l'argent à quelqu'un, jamais, problème de dignité nationale."
Une exception: la réparation des essais nucléaires
Tebboune a toutefois posé une limite claire à ce refus de toute indemnisation, en distinguant le cas des essais nucléaires menés par la France dans le Sahara algérien.
"J'ai demandé la réparation en ce qui concerne les essais nucléaires, parce qu'il y a des dégâts collatéraux jusqu'à présent, c'est tout"
, a-t-il précisé. Le président algérien maintient ainsi cette revendication, en raison des conséquences sanitaires et environnementales encore visibles des décennies après ces essais.Cette sortie présidentielle illustre la fragilité persistante des relations entre Alger et Paris, où chaque déclaration officielle peut raviver des tensions sur les questions migratoires comme mémorielles.
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