17:12, 05/10/2026, lundi
Frappes israéliennes au Liban: Al-Mansouri rasé bâtiment par bâtiment
L'armée israélienne poursuit ses frappes dans le sud du Liban. Elle fait exploser des bâtiments à Al-Mansouri, près de Tyr, malgré le cessez-le-feu conclu en juin. Le 28 septembre, une énorme explosion a secoué la localité. Israël affirme avoir détruit plus de 600 sites militaires. Les habitants, évacués puis chassés, ne peuvent plus rentrer. Les négociations avec Beyrouth restent bloquées, tandis que les dynamitages se multiplient.
L'armée israélienne poursuit ses frappes dans le sud du Liban. Elle fait exploser des bâtiments dans le village d'Al-Mansouri, près de Tyr. Les images montrent des colonnes de fumée visibles à des kilomètres.
Ces destructions se poursuivent malgré le cessez-le-feu de juin. Par ailleurs, elles frappent une population déjà épuisée par des mois de guerre. Voici ce que l'on sait de la situation.
Frappes israéliennes dans le sud du Liban: ce qui s'est passé à Al-Mansouri
Le 28 septembre 2026, une
"énorme explosion"
a secoué Al-Mansouri. L'agence nationale d'information libanaise (ANI) a rapporté de fortes secousses. Les détonations ont été entendues à Tyr, à une dizaine de kilomètres.L'armée israélienne a confirmé l'opération. Elle affirme avoir démantelé
"plus de 600 sites d'infrastructure terroriste"
et huit tunnels. Aucun bilan indépendant ne permet de vérifier ces chiffres.Ce n'était pas un épisode isolé. Dès le 21 août, des frappes et de fortes explosions avaient déjà visé la localité. Début septembre, des soldats israéliens ont aussi démoli des maisons, selon des images diffusées par la presse.
Des dynamitages devenus systématiques
Les journalistes de l'AFP décrivent une méthode répétée. Les troupes occupent un village, puis elles dynamitent les bâtiments. Ensuite, elles passent à la localité voisine.
Le quotidien libanais L'Orient Today a aussi signalé l'usage de bulldozers dans le quartier d'Al-Rabeh. L'artillerie a de plus touché la ville à deux reprises le même jour.
Les villages voisins subissent le même sort. Naharnet évoque des frappes à Zawtar al-Sharqiyeh, Dhaira et Kfar Remman. Le média cite aussi des bombes éclairantes et du phosphore blanc, dont l'usage près de zones habitées inquiète les ONG.
Un cessez-le-feu qui n'arrête pas les destructions
Pour comprendre, il faut revenir en arrière. Début mars, le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale, en soutien à son allié iranien. Israël a répliqué par des bombardements massifs.
Selon Beyrouth, ces frappes ont fait plus de 4 300 morts. La violence a ensuite baissé après un protocole d'accord américano-iranien. Un accord-cadre entre le Liban et Israël a suivi en juin.
Pourtant, Israël n'a pas retiré ses troupes. Au moment du cessez-le-feu, son armée contrôlait déjà une partie d'Al-Mansouri. Elle occupait aussi une bande frontalière large d'une dizaine de kilomètres.
Une occupation qui s'étend
La situation a même empiré cet été. D'après Asharq Al-Awsat, l'armée israélienne a ordonné aux habitants d'évacuer le village. Elle l'a ensuite occupé entièrement.
Le ton avait changé après l'explosion d'un bâtiment piégé à Majdalzoun. Deux soldats israéliens y sont morts. Tel-Aviv a accusé le Hezbollah de violer la trêve. Le mouvement libanais n'a pas été désigné par une enquête indépendante.
Auparavant, la municipalité d'Al-Mansouri avait autorisé le retour des familles. Elle leur demandait d'éviter la
"zone de sécurité"
autoproclamée par Israël. Cette zone ne cesse pourtant de grandir.Des négociations au point mort
Sur le plan diplomatique, rien ne bouge. Le Liban et Israël ont tenu des pourparlers à Rome sous l'égide des États-Unis. Beyrouth y réclame un retrait israélien par phases.
En revanche, L'Orient Today note que les discussions restent bloquées. Ainsi, chaque dynamitage durcit la position libanaise. Chaque nouvelle destruction éloigne aussi le retour des habitants.
Le Liban n'a pas les moyens de contraindre son voisin. C'est pourquoi la pression doit venir de la communauté internationale. Or les grandes capitales occidentales restent largement silencieuses.
Le droit international face aux démolitions
Détruire des maisons dans un territoire occupé pose une question juridique claire. Le droit humanitaire interdit les destructions qui ne répondent pas à une nécessité militaire absolue. Il protège aussi les biens civils.
Israël invoque la lutte contre des
"infrastructures terroristes"
. Cependant, des villages entiers disparaissent. Les habitants n'ont plus de maison où revenir, même une fois la guerre terminée.Cette logique rappelle ce que vit la Palestine. À Gaza, l'armée israélienne a rasé des quartiers entiers. En Palestine occupée (Cisjordanie), les démolitions et l'expansion coloniale se poursuivent. Le sud du Liban suit désormais le même schéma.
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