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17:20, 05/10/2026, lundi

Naplouse: des soldats israéliens font défiler des commerçants palestiniens

Des soldats israéliens ont contraint des dizaines de commerçants palestiniens à se mettre en rang, puis à défiler dans un marché de Naplouse, dans le nord de la Palestine occupée (Cisjordanie). Cette humiliation publique touche des civils protégés par la IVe Convention de Genève. Elle s'ajoute aux fermetures forcées de boutiques, aux raids et aux attaques de colons. Aucune enquête indépendante n'a été annoncée.

Des soldats de l'occupation israélienne ont contraint des dizaines de commerçants palestiniens à se mettre en rang, épaule contre épaule. Ils les ont ensuite forcés à défiler dans un marché de Naplouse, dans le nord de la Palestine occupée (Cisjordanie).

Cette mise en scène vise à humilier des civils en public. Par ailleurs, elle s'inscrit dans une pratique que les Palestiniens dénoncent depuis des années. Voici ce que l'on sait de cet épisode, et ce que le droit international en dit.

Ce que l'on sait de la scène du marché de Naplouse

Selon les informations rapportées, les soldats ont rassemblé les commerçants sur place. Ils leur ont imposé une file serrée, puis une marche à travers les allées. Les victimes sont des travailleurs ordinaires, pas des suspects.

Naplouse compte parmi les grandes villes de la Palestine occupée (Cisjordanie). Son marché fait vivre des centaines de familles. De plus, la vieille ville subit des raids israéliens répétés, notamment en 2002, en 2022-2023 puis en 2025.

Cependant, plusieurs détails restent à confirmer. L'heure exacte, le nombre précis de commerçants et la réaction de l'armée ne sont pas établis à ce stade. C'est pourquoi Nouvelle Aube s'en tient aux faits rapportés.

Une humiliation qui frappe l'économie locale

Un marché ne se résume pas à un lieu de vente. C'est le cœur économique et social d'une ville. Quand l'armée y fait défiler des commerçants en rang, elle cherche aussi à briser leur dignité devant leurs clients.

L'effet économique suit immédiatement. Les boutiques ferment, les acheteurs s'éloignent et les revenus s'arrêtent. Ainsi, une seule opération peut priver des familles de leur gain de la semaine.

Cette logique n'a rien d'isolé. D'autres épisodes récents le montrent, dans plusieurs villes de la Palestine occupée (Cisjordanie).

Des fermetures forcées devenues courantes

Le 16 août 2026, Middle East Monitor a relayé une dépêche d'Anadolu sur un raid à Hébron. Les soldats y ont contraint des commerçants palestiniens à fermer leurs boutiques. Ils ont aussi bouclé la vieille ville et limité les déplacements des habitants.

Selon des témoignages locaux, cette mesure visait à faciliter l'entrée de colons israéliens. Le schéma se répète ailleurs. TRT World a décrit des raids à Beit Fajjar, au sud de Bethléem, en pleine période de courses avant l'Aïd al-Adha.

Des témoins ont ajouté que des soldats avaient rassemblé de jeunes hommes, les yeux bandés, devant une boutique. Ils les auraient frappés. Ces récits dessinent un même mode d'action : occuper le marché, humilier, puis dissuader.

Un autre épisode a choqué l'opinion. L'AFP a rapporté que des soldats avaient écrit des numéros au marqueur sur le front de détenus palestiniens. La scène s'est déroulée lors d'un raid à Qabatiya, dans le nord de la Palestine occupée (Cisjordanie).

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a déclenché les critiques. L'armée israélienne a répondu que des leçons avaient été tirées. En revanche, aucune sanction publique n'a été annoncée dans la dépêche.

Ce que dit le droit international sur ces pratiques

La IVe Convention de Genève protège les civils sous occupation. Son article 27 impose de les traiter avec humanité. Il les protège aussi contre les insultes et la curiosité publique.

Or faire défiler des commerçants en rang, sous le regard des passants, expose précisément ces civils à l'humiliation. De plus, l'article 33 de la même convention interdit les punitions collectives. Frapper des dizaines de commerçants pour des actes qu'ils n'ont pas commis y ressemble fortement.

Le Statut de Rome range par ailleurs les traitements humiliants et dégradants parmi les crimes de guerre. Seule une enquête indépendante peut toutefois qualifier juridiquement les faits de Naplouse. Les organisations de défense des droits humains disposent déjà de ces outils.

Violences en hausse dans la Palestine occupée (Cisjordanie)

Cette scène ne surgit pas dans un calme relatif. Selon des chiffres palestiniens cités par Anadolu, les forces et les colons israéliens ont tué plus de 1 183 Palestiniens depuis octobre 2023. Ils en ont aussi blessé environ 13 000 et arrêté près de 25 000.

L'AFP rappelle que 500 000 Israéliens vivent dans des colonies en Palestine occupée (Cisjordanie). Toutes sont illégales au regard du droit international. Elles côtoient environ trois millions de Palestiniens.

Les attaques de colons rythment désormais le quotidien. Le 3 octobre 2026, près de Naplouse, des soldats ont soutenu des colons qui s'emparaient d'oliveraies palestiniennes à Beita, selon Dawn. Le Croissant-Rouge palestinien a fait état d'au moins 12 blessés hospitalisés après des agressions de colons.

Ce que cette humiliation dit de l'occupation

Faire défiler des commerçants n'a aucune utilité sécuritaire. En effet, ces hommes tiennent des étals, pas des armes. L'objectif est ailleurs : montrer qui commande et rappeler à chacun qu'il peut être exposé à tout moment.

Cette violence quotidienne use les familles et les économies locales. Ainsi, elle pousse certains habitants à abandonner leur commerce, voire leur terre. Les Palestiniens y voient une étape vers l'annexion, selon les analyses relayées par Anadolu.

Par ailleurs, ces scènes circulent grâce aux téléphones des témoins. Sans ces images, beaucoup d'épisodes resteraient invisibles. C'est pourquoi la documentation par les civils et les journalistes reste décisive.

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