France : la "priorité nationale" de Marine Le Pen dans le logement social suscite de vives réactions
17:45, 14/09/2026, lundi
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THOMAS SAMSONAFP
Marine Le Pen (à droite), présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national (RN), parti d'extrême droite, et candidate à l'élection présidentielle française de 2027, ainsi que Jordan Bardella (à gauche), président du RN, réagissent sur scène à l'issue d'un rassemblement marquant le début de la nouvelle année politique à Hénin-Beaumont, dans le nord de la France, le 13 septembre 2026.La proposition de Marine Le Pen d'instaurer une "priorité nationale" pour l'accès au logement social suscite de vives critiques en France, selon des déclarations recueillies lundi. L'ancienne ministre du Logement Emmanuelle Cosse et plusieurs personnalités politiques ont dénoncé une mesure discriminatoire.
Une proposition controversée
Marine Le Pen a fait du logement l'un des axes centraux de sa rentrée politique dimanche à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais.
La candidate du Rassemblement national (RN) a défendu la
"priorité nationale"
, qu'elle considère comme "un droit naturel et juste"
, et promis que les Français seraient désormais prioritaires dans l'attribution des logements sociaux. Elle a également annoncé son intention d'abroger la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU), qui impose aux communes un taux minimal de logements sociaux dans leurs réserves.
Des accusations de xénophobie
Emmanuelle Cosse, présidente de l'Union sociale pour l'habitat (USH), a vivement réagi à ces annonces.
Lors d'une conférence de presse, l'ancienne ministre du Logement sous François Hollande a estimé que cette proposition
"nourrit une lubie xénophobe"
et se trouve "à côté de la plaque par rapport aux besoins actuels".
Elle a également reproché à la candidate du RN d'utiliser la crise du logement pour
"désigner un bouc émissaire, les immigrés".
Réactions à gauche
La députée de La France insoumise (LFI) Danièle Obono a qualifié la mesure d'anticonstitutionnelle lors d'une intervention sur LCI.
"La préférence nationale est anticonstitutionnelle, antirépublicaine et discriminatoire. Le logement est un droit, pas un privilège"
, a-t-elle déclaré avec force. Par ailleurs, son collègue Thomas Portes a contesté sur la plateforme sociale X l'idée selon laquelle les étrangers exerceraient une pression déterminante sur le parc social.
Il a affirmé que
"88 % des locataires du parc social sont de nationalité française"
, ajoutant que "nous sommes loin, très loin de la théorie du grand remplacement"
en s'appuyant sur une étude datant de 2017 qui indiquait que 12 % des 4,6 millions de logements sociaux étaient occupés par des familles non françaises.Critiques dans la presse
Le journaliste et cofondateur de Mediapart Edwy Plenel a vivement critiqué la proposition sur le même réseau social. Selon lui, Marine Le Pen
"martèle son obsession"
de la "préférence nationale"
, une politique qui signifierait "la fin de l'égalité des droits qui fonde une république démocratique"
. Il a qualifié le projet du RN d'"apartheid à la française".
Un marqueur historique du RN
La
"priorité nationale"
constitue de longue date l'un des marqueurs programmatiques du Rassemblement national dans le domaine du logement. Dès 2021, Marine Le Pen promettait d'instaurer ce principe dans le logement social et de supprimer les aides au logement pour les étrangers non européens.
De plus, le RN entend porter cette question au Parlement lors de sa journée d'initiative parlementaire prévue le 8 octobre à l'Assemblée nationale. Le groupe parlementaire prévoit notamment de présenter un texte visant à conditionner davantage l'accès au logement social et à durcir les critères d'attribution.
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